Loi fin de vie : l’évêque de Beauvais exprime sa « grande tristesse »
Mgr Jacques Benoit-Gonnin a publié un communiqué deux jours après le vote définitif à l'Assemblée nationale
L'évêque de Beauvais, Noyon et Senlis a réagi fermement à l'adoption de la loi sur la fin de vie le 15 juillet dernier. Dans un texte intitulé « Réalisme - résistance - espérance », Mgr Jacques Benoit-Gonnin dénonce une « mise à mort organisée » et appelle à la résistance.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- L'Assemblée nationale a adopté la loi sur la fin de vie le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241
- Mgr Jacques Benoit-Gonnin a publié un communiqué officiel le 17 juillet 2026 intitulé « Réalisme - résistance - espérance »
- L'évêque de Beauvais qualifie la loi d'« une forme à peine déguisée de mise à mort organisée »
- Le Conseil constitutionnel a été saisi les 16 et 17 juillet, retardant la promulgation
- Mgr Benoit-Gonnin avait déjà alerté les députés de l'Oise en mai 2025 sur les dangers du projet
Deux jours après l’adoption définitive du projet de loi sur la fin de vie par l’Assemblée nationale, Mgr Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, Noyon et Senlis, a publié un communiqué officiel. Le texte, mis en ligne le 17 juillet 2026 sur le site du diocèse, exprime une « grande tristesse » face à cette législation.
Un texte adopté par 291 voix contre 241
L’Assemblée nationale a adopté définitivement le projet de loi le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241, selon le site vie-publique.fr. Le vote représente 50,4 % des 577 députés. Le Conseil constitutionnel a été saisi les 16 et 17 juillet, retardant la promulgation.
La Conférence des évêques de France a qualifié ce vote de « rupture grave » dans l’histoire du pays. L’Église catholique soutient que le débat a été conditionné par des intérêts politiques, idéologiques et économiques.
« Une forme à peine déguisée de mise à mort organisée »
Dans son communiqué intitulé « Réalisme - résistance - espérance », Mgr Benoit-Gonnin qualifie la nouvelle législation d’« une forme à peine déguisée de mise à mort organisée ». L’évêque dénonce l’élimination de garde-fous et le refus d’une clause de conscience pour les pharmaciens et les établissements de soins.
« La solidarité ne peut consentir à la mort provoquée des personnes fragiles et vulnérables », écrit l’évêque dans son texte. Il critique une « sémantique anesthésiante » qui, selon lui, masque la réalité des dispositions adoptées.
Une alerte lancée dès mai 2025
Ce n’est pas la première fois que Mgr Benoit-Gonnin prend position sur ce sujet. En mai 2025, l’évêque avait déjà interpellé les députés de l’Oise. Il avait alors exprimé son inquiétude face à la « rupture anthropologique » du projet de loi et dénoncé le manque de moyens pour les soins palliatifs.
Le prélat avait alerté les élus sur les dangers d’une législation qui, selon lui, remet en cause les fondements de l’accompagnement des personnes en fin de vie.
Contexte dans l’Oise
Le diocèse de Beauvais, Noyon et Senlis couvre l’ensemble du département de l’Oise. Beauvais, préfecture du département, compte 55 550 habitants selon l’INSEE. La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais abrite le siège épiscopal de Mgr Benoit-Gonnin depuis sa nomination.
La réaction de l’évêque s’inscrit dans un débat national qui divise profondément l’opinion publique et les responsables religieux. D’autres prélats ont également exprimé leur opposition à cette loi, estimant qu’elle modifie en profondeur le rapport de la société française à la mort.
Un appel à la résistance
Dans son communiqué, Mgr Benoit-Gonnin appelle à une « résistance » fondée sur « le respect de la dignité de la personne humaine ». L’évêque encourage les catholiques et les personnes opposées à cette loi à poursuivre leur engagement en faveur des soins palliatifs et de l’accompagnement des personnes vulnérables.
Le texte se termine sur une note d’« espérance », malgré la « grande tristesse » exprimée face au vote de l’Assemblée nationale. Le Conseil constitutionnel doit désormais examiner la loi avant sa promulgation définitive.
