Loire : le préfet prend un nouvel arrêté contre le protoxyde d’azote
Le préfet François-Xavier Bieuville a signé un nouvel arrêté réglementant la détention, le transport et la consommation de gaz hilarant sur la voie publique dans la Loire.
Face à la recrudescence de l'usage détourné du protoxyde d'azote, le préfet de la Loire a pris un nouvel arrêté. Il interdit la détention, le transport et la consommation sur la voie publique, avec des restrictions de vente nocturne dès 20h. Le précédent arrêté avait expiré le 30 juin.
L’essentiel
- 1er juillet 2026 : le préfet de la Loire signe un nouvel arrêté interdisant détention, transport et consommation récréative de protoxyde d’azote sur la voie publique.
- Vente nocturne interdite : les commerces ne peuvent plus vendre de protoxyde d’azote entre 20h et 6h, l’amende pouvant atteindre 3 750 €.
- 12 % des jeunes concernés : selon Ipsos 2026, la consommation récréative a doublé chez les 18-24 ans, poussant le Sénat à voter une proposition de loi en février.
Ce que dit le nouvel arrêté
Le préfet de la Loire, François-Xavier Bieuville, a pris ce mercredi 1er juillet 2026 un arrêté réglementant la détention, le transport et la consommation de protoxyde d’azote (N₂O) sur la voie publique. Le précédent texte (DS 2025-2633), signé en décembre 2025, était arrivé à expiration le 30 juin.
Les mesures restent alignées sur le dispositif antérieur : interdiction de détenir, transporter ou consommer du gaz hilarant dans tous les espaces publics du département. Les commerces ne peuvent plus vendre le produit entre 20h et 6h. Une amende de 3 750 euros est prévue en cas d’infraction, comme le rappelle la préfecture sur son compte X.
Un phénomène sanitaire et national
Cette décision locale s’inscrit dans un contexte préoccupant. Selon le baromètre Ipsos-BVA-Macif 2026, 12 % des jeunes Français ont déjà consommé du protoxyde d’azote. Chez les 18-24 ans, le taux atteint 14 % en Île-de-France. L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) alerte sur les risques de myéloneuropathie et de lésions irréversibles de la moelle épinière liés à une inhalation répétée.
Au niveau parlementaire, le Sénat a adopté en février 2026 une proposition de loi visant à réserver la vente de protoxyde d’azote aux seuls professionnels. L’Union européenne prévoit également une interdiction au grand public dès 2027.
Contexte dans la Loire
La Loire fait partie des départements pionniers en matière d’encadrement local. Dès décembre 2025, un premier arrêté (DS 2025-2633) avait été pris par la préfecture. Ce dispositif a servi de modèle à d’autres territoires : la Marne, le Maine-et-Loire, le Loir-et-Cher, le Gard, le Morbihan ou encore la Haute-Loire ont adopté des textes similaires entre fin 2025 et 2026.
Par ailleurs, le CHU de Saint-Étienne a abandonné, en janvier 2026, son approvisionnement mural en protoxyde d’azote pour des raisons environnementales, un signal fort dans le département.
Le nouvel arrêté du préfet Bieuville, arrivé en avril 2026 en provenance de Mayotte, reconduit donc les restrictions avec une vigilance accrue, alors que la consommation récréative continue de progresser.
Prochaine étape : législation européenne
Si l’arrêté local est en vigueur pour une durée indéterminée (sans date d’expiration mentionnée dans les sources), le cadre législatif pourrait évoluer. La proposition de loi sénatoriale et le projet européen d’interdiction de vente au grand public en 2027 devraient renforcer l’arsenal juridique. D’ici là, la préfecture de la Loire compte sur le contrôle des forces de l’ordre pour faire respecter l’interdiction.