Lorient : au lycée Colbert, le sport comme outil d’inclusion pour les élèves autistes
Une journée organisée le 12 mai 2026 a réuni lycéens et jeunes de structures spécialisées autour d'activités sportives partagées.
Le lycée Colbert de Lorient a organisé le 12 mai 2026 une journée d'inclusion sportive au gymnase Jean-Zay de Lanester. Des élèves de terminale EPPCS ont pratiqué avec des jeunes autistes accueillis dans plusieurs IME du secteur. Une initiative portée par trois enseignants, dans un établissement déjà pionnier sur l'inclusion scolaire.
Le lycée Colbert de Lorient a organisé le 12 mai 2026 une journée d’inclusion sportive au gymnase Jean-Zay de Lanester. Des élèves de terminale EPPCS ont pratiqué avec des jeunes autistes accueillis dans plusieurs IME du secteur. Une initiative portée par trois enseignants, dans un établissement déjà pionnier sur l’inclusion scolaire.
L’essentiel
- Date : Journée d’inclusion organisée le 12 mai 2026 au gymnase Jean-Zay à Lanester.
- Participants : Élèves de terminale EPPCS du lycée Colbert et jeunes des IME Louis-Le Moënic, Kerdiret, Kerpont et du foyer de vie Le Chêne.
- Pilotage : Trois enseignants - Mickaël Riou, Cendrine Pharamond (EPS) et Sylvaine Carlach (spécialisée).
- DAR : Le lycée Colbert héberge un Dispositif d’Autorégulation pérennisé depuis la rentrée 2024, deuxième établissement en France à l’implémenter.
- Contexte national : Les troubles du neuro-développement touchent environ 5 % de la population en France, selon la Haute Autorité de santé.
Une matinée au gymnase Jean-Zay
Le 12 mai 2026, le gymnase Jean-Zay de Lanester a servi de cadre à une rencontre peu ordinaire. D’un côté, des lycéens de terminale inscrits en spécialité EPPCS (Éducation physique, pratiques et culture sportives) du lycée Colbert. De l’autre, des jeunes autistes accueillis dans trois instituts médico-éducatifs - Louis-Le Moënic, Kerdiret et Kerpont - ainsi que des résidents adultes du foyer de vie Le Chêne, selon Le Télégramme du 13 mai 2026.
Les activités sportives proposées ont constitué le fil conducteur de la journée. L’objectif affiché : créer des échanges directs entre les deux groupes, au-delà des représentations habituelles du handicap. Le Télégramme note que ces activités partagées ont contribué à « effacer les barrières » entre élèves valides et jeunes en situation de handicap.
Trois enseignants à l’initiative
L’organisation repose sur le trio Mickaël Riou et Cendrine Pharamond, professeurs d’EPS au lycée Colbert, et Sylvaine Carlach, enseignante spécialisée. Tous trois ont conçu la journée pour sensibiliser les lycéens au handicap via la pratique sportive commune, toujours selon Le Télégramme.
Ce n’est pas la première démarche de ce type au Colbert. En avril 2024, le même lycée avait déjà organisé une sensibilisation au handisport impliquant les professeurs Valérie Bouvard, Mickaël Riou et Cendrine Pharamond - une initiative qui préfigurait la journée du 12 mai. L’association AutismeInfo a relayé l’événement sur X :
Le DAR, deuxième en France
La journée du 12 mai s’inscrit dans un cadre plus large. Depuis la rentrée 2024, le lycée Colbert dispose d’un Dispositif d’Autorégulation (DAR), outil destiné à accompagner les élèves présentant des troubles neuro-développementaux, dont l’autisme. Selon l’académie de Rennes, Colbert est le deuxième établissement scolaire en France à avoir pérennisé ce dispositif.
Le DAR propose un espace et un accompagnement adaptés pour permettre à ces élèves de réguler leurs émotions et de rester dans un parcours scolaire ordinaire. La poursuite du dispositif pour la rentrée 2026 est prévue, toujours selon l’académie de Rennes.
Contexte dans le Morbihan
La Bretagne présente la prévalence de troubles du spectre de l’autisme (TSA) la plus élevée de France : 18,1 pour 10 000 habitants en 2017, contre 9,3 en 2010, selon Santé publique France. À l’échelle nationale, les troubles du neuro-développement concernent environ 5 % de la population, soit quelque 35 000 naissances par an d’après la Haute Autorité de santé.
Dans ce contexte, plusieurs structures du secteur lorientais accueillent des publics concernés. L’IME Louis-Le Moënic à Lanester reçoit en semi-internat et internat modulable des enfants de 6 à 16 ans présentant une déficience intellectuelle, incluant des troubles autistiques. Le foyer de vie Le Chêne, orienté par la MDPH, accompagne des adultes de plus de 20 ans en situation de handicap mental et/ou troubles psychiques, selon la ville de Lanester.
Lorient Agglomération soutient depuis novembre 2025 des initiatives pour un sport plus inclusif, en accompagnant les clubs vers l’accessibilité pour les personnes en situation de handicap. Le département du Morbihan affiche également une politique sportive orientée vers l’accessibilité tous publics, selon le site du Conseil départemental.
Un modèle reproductible ?
La journée du 12 mai reste pour l’instant une initiative locale, portée par l’engagement d’une équipe enseignante. Elle illustre une tendance plus large : utiliser le sport scolaire comme levier d’inclusion, en dehors des seuls dispositifs institutionnels. Les raisons d’un éventuel élargissement ou d’une reconduction annuelle n’ont pas été précisées à ce stade.
La rentrée 2026 devrait confirmer la poursuite du DAR au lycée Colbert, selon l’académie de Rennes. L’établissement pourrait ainsi consolider son rôle de référence régionale sur l’inclusion des élèves à besoins particuliers.