Lot-et-Garonne : la CPAM détecte 2,49 M€ de fraudes à l’Assurance maladie en 2025, une hausse de 48 %
La Caisse primaire d'assurance maladie du Lot-et-Garonne a présenté le 15 juin 2026 le bilan des fraudes détectées en 2025 2,49 millions d'euros stoppés, dont 89 % imputables aux professionnels de santé.
En 2025, la CPAM de Lot-et-Garonne a détecté et stoppé 2,49 millions d'euros de fraudes à l'Assurance maladie, soit une hausse de 48 % par rapport à 2024. Les professionnels de santé représentent l'essentiel des montants. 18 plaintes pénales ont été déposées.
L’essentiel
- 2,49 M€ : montant des fraudes détectées et stoppées en 2025 par la CPAM de Lot-et-Garonne, en hausse de 48 % par rapport à 2024 (1,68 M€).
- 89 % : part des fraudes imputables aux professionnels de santé et établissements, soit 2,22 M€.
- 18 plaintes pénales : déposées en 2025, accompagnées de 28 pénalités financières totalisant 97 000 €.
Un bond de 48 % en un an
La Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du Lot-et-Garonne a présenté le 15 juin 2026 le bilan des fraudes détectées au cours de l’année 2025. Les chiffres, communiqués par la présidente Christine Torres, font état de 2,49 millions d’euros de fraudes détectées et stoppées. Ce montant marque une progression de 48 % par rapport à 2024, où 1 675 267 euros avaient été détectés.
Cette augmentation s’explique à la fois par un renforcement des contrôles et par une professionnalisation des fraudeurs, selon la CPAM. Les actions de détection ont permis d’éviter le versement indû de ces sommes.
Professionnels de santé : 89 % des montants détectés
La répartition des fraudes par catégorie de fraudeurs est nette. Les professionnels de santé (médecins, infirmiers, pharmaciens, etc.) et les établissements de santé concentrent 2 220 000 euros, soit 89 % du total. Les assurés sont concernés à hauteur de 261 976 euros (environ 10 %). Les employeurs ne pèsent que 3 660 euros, soit moins de 1 %.
En 2025, la CPAM a déposé 10 signalements au procureur de la République. Elle a également prononcé 42 pénalités financières pour un montant total de 97 000 euros, contre 76 000 euros en 2024.
Des fraudes de plus en plus sophistiquées
Selon la CPAM, les fraudes détectées en 2025 sont marquées par une sophistication croissante. Les dossiers concernent notamment des trafics de médicaments et des montages organisés. L’Assurance maladie a renforcé sa coopération avec la préfecture, le parquet, l’Agence régionale de santé (ARS), la CAF, l’Urssaf et la Mutualité sociale agricole (MSA) pour mutualiser les informations et les moyens d’investigation.
Parallèlement, la CPAM mise sur la généralisation de l’ordonnance numérique. Ce dispositif, qui sécurise les prescriptions, vise à réduire les risques de falsification et les circuits parallèles de délivrance de soins.
Contexte dans le Lot-et-Garonne
Le département compte environ 330 000 habitants et une densité médicale inférieure à la moyenne nationale, ce qui rend les contrôles d’autant plus sensibles. La CPAM d’Agen couvre un territoire où l’offre de soins est inégalement répartie, avec des zones rurales où les professionnels de santé sont moins nombreux. La hausse des montants détectés reflète également un ciblage renforcé sur les secteurs à risque, comme les pharmacies et les cabinets d’infirmiers libéraux.
Les 18 plaintes pénales déposées en 2025 s’inscrivent dans une politique départementale de tolérance zéro, en lien avec le procureur de la République d’Agen. La CPAM prévoit de maintenir cette pression en 2026.
Des outils de contrôle renforcés
Pour faire face à la sophistication des fraudes, la CPAM de Lot-et-Garonne s’appuie sur des équipes dédiées et des outils de datamining. Les anomalies de facturation, les dépassements d’honoraires abusifs ou les prescriptions suspectes sont croisés avec les bases de données de l’Assurance maladie. En 2025, 28 pénalités financières ont été notifiées, pour un montant moyen de 3 464 euros.
L’Assurance maladie entend également développer la e-prescription (ordonnance numérique) comme levier de sécurisation. Ce chantier, porté au niveau national, est prioritaire dans le département.
Prochaine étape : la CPAM doit présenter son plan d’actions 2026-2027, qui prévoit une intensification des contrôles croisés avec les autres organismes sociaux.