Dans le Lot, le pastoralisme au service de la lutte contre les incendies et la sécheresse

Depuis 1998, le département reconquiert les espaces embroussaillés par le pâturage. En 2026, il s'appuie sur l'Année internationale du pastoralisme pour amplifier la démarche.

Dans le Lot, le pastoralisme au service de la lutte contre les incendies et la sécheresse
Illustration Marc Delmas / info.fr

Le Lot intensifie son soutien au pastoralisme en 2026, profitant de l'Année internationale des parcours et du pastoralisme proclamée par les Nations Unies. Objectif réduire la végétation inflammable sur les Causses et limiter les effets de la sécheresse. Un travail engagé depuis près de trente ans.

Le Lot intensifie son soutien au pastoralisme en 2026, profitant de l’Année internationale des parcours et du pastoralisme proclamée par les Nations Unies. Objectif : réduire la végétation inflammable sur les Causses et limiter les effets de la sécheresse. Un travail engagé depuis près de trente ans.

L’essentiel

  • 5 500 hectares reconquis : depuis 1998, plus de 5 500 hectares d’espaces embroussaillés ont été remis en pâturage dans le Lot, selon le département et ICI Occitanie.
  • 22 AFPL, 1 500 propriétaires, 110 éleveurs : le Département soutient 22 Associations foncières pastorales libres depuis 2007.
  • 25 projets en cours : en 2026, 25 chantiers de reconquête des paysages embroussaillés impliquent près de 1 700 propriétaires.
  • 50 événements prévus : expositions, fêtes et conférences jalonnent le calendrier jusqu’en novembre 2026.
  • Cajarc, 2018 : lors de l’incendie de 185 hectares, les zones pâturées par des brebis ont été épargnées, selon le département du Lot.

L’incendie de Foncave, point de départ d’une politique départementale

Tout remonte à 1998. Un incendie ravage Foncave, sur la commune de Luzech, dans la vallée du Lot. Le choc pousse le département à repenser la gestion des espaces naturels embroussaillés. Le pâturage extensif s’impose comme réponse : des troupeaux pour maintenir les paysages ouverts, réduire la biomasse inflammable, limiter la propagation du feu.

Depuis lors, plus de 5 500 hectares ont été reconquis via le pâturage, selon des données croisées entre le site officiel du département et ICI Occitanie. Cent vingt éleveurs participent à cette dynamique.

En 2007, le Département franchit une étape supplémentaire en soutenant la création des Associations foncières pastorales libres (AFPL). Aujourd’hui, 22 structures de ce type regroupent 1 500 propriétaires et 110 éleveurs. Leur mission : organiser la mise à disposition des terres pour le pâturage, faciliter les accords entre propriétaires fonciers et bergers.

Comment le bétail réduit le risque incendie

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Le mécanisme est direct. Isabelle Lapèze, chargée de mission agriculture-environnement au département du Lot, l’explique à ICI Occitanie : « Les animaux mangent le tapis herbacé, les feuillages, ce qui réduit ces végétations sèches qui sont plus sensibles à l’inflammabilité. »

L’incendie de Cajarc en septembre 2018 a fourni une illustration concrète. Le feu a parcouru 185 hectares. Selon le département du Lot, les parcelles pâturées par des brebis ont résisté à la progression des flammes, restant hors du périmètre brûlé.

En 2026, 25 projets de reconquête des paysages embroussaillés sont en cours, mobilisant près de 1 700 propriétaires, toujours d’après les données croisées département / ICI Occitanie. L’Association foncière pastorale de Crégols-Lugagnac, créée en 2017, illustre ce modèle : 40 propriétaires, 22 parcs de pâturage aménagés, 230 hectares mis à disposition des éleveurs, selon le département.

2026 : une année internationale pour amplifier la visibilité

Les Nations Unies ont proclamé 2026 Année internationale des parcours et du pastoralisme. Le Lot s’en saisit comme levier de communication et de mobilisation.

Plus de 50 rendez-vous sont programmés jusqu’en novembre 2026, selon le site officiel lot.fr. Le printemps ouvre le bal : Festival de la Laine à Figeac du 8 au 10 mai, Fête de la brebis à Espédaillac le 14 mai, Fête du pâturage à Lugagnac le 16 mai. L’exposition « Revenons à nos moutons » est visible du 1er au 26 mai à Souillac.

Ces événements visent un double objectif : sensibiliser le grand public aux enjeux de la gestion pastorale et favoriser les contacts entre propriétaires fonciers et éleveurs à la recherche de terrains. La filière ovine du département reste modeste - 3 820 ovins recensés au 31 décembre 2024, dont 3 444 agneaux, selon la Chambre d’agriculture du Lot et l’INSEE - mais son rôle environnemental est mis en avant au-delà de sa seule dimension économique.

Des initiatives similaires de gestion des risques agricoles se développent dans d’autres départements du Sud-Ouest, comme en témoigne le plan d’urgence activé dans le Gers après des orages de grêle dévastateurs.

Contexte dans le Lot

Le Lot est un département à dominante rurale, caractérisé par de vastes surfaces de Causses calcaires - plateaux secs, végétation rase, risque incendie structurel en période de canicule. L’embroussaillement y progresse depuis plusieurs décennies avec l’abandon progressif de l’élevage extensif traditionnel.

Le pastoralisme sur les Causses du Lot contribue aussi à la préservation de la biodiversité locale, selon le département, en maintenant des milieux ouverts favorables à des espèces végétales et animales spécifiques. Cette dimension environnementale s’ajoute à la fonction de coupe-feu.

Le modèle lotois des AFPL - structures juridiques légères permettant de regrouper des propriétaires dispersés - est présenté comme exportable. La Dépêche du Midi relève que l’Année internationale du pastoralisme représente « une aubaine » pour le département, qui espère peser dans les débats nationaux et européens sur la gestion des espaces ruraux.

Dans un contexte de réchauffement climatique accélérant les épisodes de sécheresse et de feux de forêt en France, la question de l’entretien des massifs par le pâturage trouve une résonance croissante au-delà du seul département. Des réflexions comparables émergent dans d’autres zones à risque du territoire national.

Le programme d’événements se poursuit jusqu’à l’automne

Le calendrier 2026 ne se limite pas au printemps. Des conférences et rencontres thématiques sont prévues tout au long de l’année, selon lot.fr, sans que le détail complet du programme estival et automnal ait été précisé à ce stade. Le département indique que l’objectif est de maintenir la mobilisation sur l’ensemble de l’Année internationale.

Les prochaines échéances proches restent la Fête du pâturage de Lugagnac le 16 mai et les rendez-vous à venir dans les semaines suivantes, à confirmer sur le site du département.

Sources

Marc Delmas

Marc Delmas

Marc est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Lot (46), avec Cahors pour chef-lieu. Spécialité du département : AOC cahors et tourisme rural quercynois. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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