Lucas Andjisseramatchi, capitaine des Bleuets en finale du Mondial U20
Le troisième ligne du Stade Rochelais mène la France vers la finale du Championnat du Monde Junior 2026
À 20 ans, le troisième ligne du Stade Rochelais mène le XV de France U20 en finale de la Coupe du monde junior 2026 en Géorgie, trois mois après avoir réalisé le Grand Chelem au Tournoi des Six Nations.
- Lucas Andjisseramatchi, 20 ans, capitaine du XV de France U20 lors du Championnat du Monde Junior 2026 en Géorgie
- Les Bleuets ont réalisé le Grand Chelem au Tournoi des Six Nations U20 avant de terminer la phase de poules du Mondial invaincus
- Victoire 26-22 contre la Nouvelle-Zélande en demi-finale le 13 juillet 2026, qualification pour la finale face à l'Afrique du Sud le 18 juillet
- Andjisseramatchi a inscrit trois essais lors du Mondial, dont deux contre l'Australie en première mi-temps
Lucas Andjisseramatchi n’a que 20 ans mais affiche déjà un palmarès qui interroge la notion de précocité dans le rugby français. Né le 12 avril 2006 - le troisième ligne du Stade Rochelais porte le brassard de capitaine du XV de France U20 lors de la Coupe du monde qui se déroule en Géorgie du 27 juin au 18 juillet 2026. Trois mois après avoir mené les Bleuets au Grand Chelem dans le Tournoi des Six Nations - il vise désormais un titre mondial pour la France.
Un parcours sans faute vers la finale, et après?
Les Bleuets ont terminé la phase de poules invaincus - battant les Fidji 45-15 - l’Espagne 57-32 - puis l’Australie 34-29 pour atteindre les demi-finales. Le 13 juillet - ils ont dominé la Nouvelle-Zélande sur le score de 26 à 22 - validant leur billet pour la finale face à l’Afrique du Sud le 18 juillet.
Mais au-delà du simple fait d’être arrivé en finale, l’enjeu est historique. La France a décroché son premier titre mondial U20 en 2018 en battant l’Angleterre 33-25 à Béziers. Après une interruption due à la pandémie, elle a de nouveau triomphé en 2023 en écrasant l’Irlande 50-14 au Cap. Une victoire le 18 juillet offrirait un nouveau sacre, consolidant la domination française dans cette catégorie d’âge.
Andjisseramatchi a disputé trois matchs et inscrit trois essais durant ce Championnat du Monde Junior 2026. Lors de la victoire contre l’Australie, il a marqué deux essais en première mi-temps - démontrant cette capacité à peser dans les phases décisives que Bruno Ghiringhelli - directeur sportif du club de Massy où Lucas a commencé le rugby à 7 ans - qualifiait déjà de signature: un sens du timing qui rappelle les meilleurs leaders du rugby français.
Le Grand Chelem comme socle
Avant ce Mondial, Andjisseramatchi avait déjà mené son équipe à la victoire dans le Tournoi des Six Nations des moins de 20 ans en 2026, où la France a réalisé le Grand Chelem - le premier depuis 2014. Il y a participé à quatre matchs et marqué deux essais. Ce parcours continental pose les fondations d’une campagne mondiale où le capitaine rochelais partage le leadership avec les vice-capitaines Luka Keletaona et Elyjah Ibsaiene - un triumvirat choisi par le sélectionneur Cédric Laborde pour sa capacité à unir l’équipe.
La méthode Andjisseramatchi: stabilité et authenticité
Concernant son rôle de capitaine, Lucas Andjisseramatchi a confié avoir accueilli cette nouvelle avec « beaucoup de fierté » et la considère comme une « belle responsabilité et un défi stimulant, aussi bien pour [lui] que pour l’équipe ». Il vise à apporter une « stabilité émotionnelle au groupe » et à maintenir un bon équilibre, tout en partageant son expérience dans les moments importants. Il a également souligné l’importance de « rester fidèle à soi-même, conserver son énergie et ne pas chercher à changer de personnalité ».
Son père, Michel-Ange Andjisseramatchi - attribue ses capacités de leader à son désir de « défendre et de s’occuper des autres ». Bruno Ghiringhelli souligne qu’il a toujours été « bon dans tous les domaines » et un « leader charismatique », surclassé non pas pour son physique dominant, mais pour ses qualités globales. Ronan O’Gara - son entraîneur à La Rochelle, a salué ses qualités de leader après un match, complimentant sa maturité rare pour son âge.
Précocité du leadership: les témoins parlent
La précocité d’Andjisseramatchi ne se limite pas à son âge. Elle est reconnue par tous ceux qui l’ont côtoyé. Bruno Ghiringhelli, qui l’a vu grandir à Massy, le décrit comme un « leader charismatique » dont la constance impressionne. Ronan O’Gara, entraîneur à La Rochelle, a loué sa « maturité rare ». Son père Michel-Ange attribue cette aptitude à un sens inné du collectif. Tous convergent vers une même idée: Andjisseramatchi n’est pas capitaine par hasard, mais parce qu’il incarne une forme de leadership naturel, renforcé par une exposition précoce au très haut niveau. Cette saison, il a disputé 14 matchs professionnels avec le Stade Rochelais, portant son total de matchs professionnels à près de 20 depuis ses débuts, un chiffre qui explique pourquoi il peut endosser un tel rôle en équipe de France U20 tout en enchaînant les compétitions.
Un modèle de formation rodé: de Massy aux Bleuets
Le parcours de Lucas Andjisseramatchi illustre la filière de formation française. Arrivé à l’âge de 7 ans au RC Massy Essonne - il y forge ses premières gammes. En 2024, il intègre l’effectif Espoirs du Stade Rochelais après avoir été sélectionné en Équipe de France U18. Ce passage du club formateur à un centre de formation de haut niveau, puis aux équipes de France jeunes, est le schéma classique des talents tricolores. Aujourd’hui, Andjisseramatchi en est le produit le plus abouti: 10 sélections avec les Bleuets - un Grand Chelem, et une finale mondiale. Le sélectionneur Cédric Laborde a misé sur cette stabilité pour construire un groupe capable de gagner des titres. La réussite du modèle tient aussi à la capacité des clubs comme Massy à détecter et à préparer les joueurs avant leur transfert vers des structures professionnelles.
Vivier pour le XV de France senior
Avec 14 matchs professionnels cette saison et 10 sélections U20 - Andjisseramatchi coche déjà les cases d’un futur international senior. La génération 2026, forte de son succès au Tournoi des Six Nations et de sa performance au Mondial, offre plusieurs profils prêts à franchir le cap. Andjisseramatchi, par son leadership et sa polyvalence en troisième ligne, fait figure de candidat naturel à une première cape dans les deux prochaines saisons. Le staff fédéral suit de près sa progression, d’autant qu’il évolue déjà dans un club de Top 14 qui n’hésite pas à lancer ses jeunes.
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