Lutte contre la corruption : l’association Anticor de retour dans le Territoire de Belfort après dix ans d’absence
L'antenne locale Anticor 90, co-animée par Frédéric Poifol et Philippe Briquet, compte déjà une trentaine d'adhérents. L'association entend renforcer la vigilance citoyenne dans un département marqué par des affaires récentes de gestion douteuse.
Après dix ans d'absence, l'association Anticor relance son antenne locale dans le Territoire de Belfort. Nommée Anticor 90, elle est co-animée par deux référents et compte une trentaine d'adhérents dès son lancement.
L’essentiel
- Absence de dix ans : L’antenne Anticor 90 est réactivée après une décennie sans présence dans le département.
- Deux référents : Frédéric Poifol et Philippe Briquet co-animent le groupe local.
- Trente adhérents : Le groupe compte déjà une trentaine de membres à son lancement en juin 2026.
L’association Anticor, spécialisée dans la lutte contre la corruption et la promotion de l’éthique en politique, a réactivé son antenne locale dans le Territoire de Belfort. Baptisée Anticor 90, elle était absente du département depuis une décennie. L’information a été confirmée par l’association sur son compte X (anciennement Twitter) le 28 juin 2026.
Un retour après une décennie
Le nouveau groupe local est co-animé par deux référents désignés : Frédéric Poifol et Philippe Briquet. Selon le communiqué officiel d’Anticor, ils encadrent une équipe déjà forte d’une trentaine d’adhérents. Leur mission : mener des actions de prévention, d’éducation et de vigilance citoyenne, et constituer des dossiers juridiques en cas de manquement à la probité publique.
L’association bénéficie d’un agrément officiel de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) depuis 2016, ce qui lui permet de se constituer partie civile dans certaines affaires. Cet outil a déjà été utilisé au niveau national, notamment dans le dossier Alstom-General Electric concernant le site de Belfort, où Anticor est partie civile.
Objectifs et actions locales
Anticor 90 prévoit des actions de sensibilisation auprès du public, comme elle l’a déjà fait lors de son « Tour de France contre la corruption » en août 2025. Un camion de l’association avait alors fait étape à Belfort et à Giromagny, distribuant des tracts et organisant des échanges avec les habitants. L’objectif, selon le dossier de presse d’Anticor, est de « rétablir le lien de confiance des citoyens envers leurs élus » par la prévention et la vigilance.
Les adhérents locaux comptent également surveiller les marchés publics et les décisions des collectivités territoriales. Depuis 2021, Anticor dispose de groupes locaux organisés régionalement, et celui du Territoire de Belfort vient renforcer le maillage dans l’est de la France.
Contexte dans le Territoire de Belfort
Cette réactivation intervient dans un contexte local marqué par plusieurs signaux d’alerte. En avril 2026, la Chambre régionale des comptes a épinglé les dépenses « difficilement justifiables » du centre de gestion départemental. Par ailleurs, la Sécurité sociale du Territoire de Belfort a identifié 1,63 million d’euros de fraude en 2025, et les redressements fiscaux ont atteint 5,8 millions d’euros la même année, selon L’Est Républicain.
Ces chiffres illustrent des enjeux de probité importants dans un département de 140 000 habitants, où le tissu économique est marqué par la présence d’industries historiques comme Alstom. Anticor 90 entend jouer un rôle de vigie pour les contribuables et les citoyens.
D’autres communes françaises connaissent aussi des tensions politiques sur fond de dérives présumées, comme à Saint-Denis où le maire est accusé de sexisme, ou à Manosque avec des vives tensions autour d’un projet municipal.
Prochaine étape : se faire connaître
L’antenne locale prévoit d’organiser une réunion publique de lancement dans les semaines à venir, sans date encore communiquée. Elle espère ainsi attirer de nouveaux adhérents et sensibiliser les habitants aux risques de corruption dans la gestion publique.