Lynchage mortel à Montpellier : trois accusés nient les coups mortels devant les assises de l’Hérault
Ramzi Bounab, Nabil Arif et Farid Abassa comparaissent pour le meurtre d'Ali Belhoussaine, 55 ans, tué en juin 2023 dans le quartier de la Mosson.
Le procès du lynchage d'Ali Belhoussaine s'est ouvert le 4 mai 2026 devant la cour d'assises de l'Hérault. Trois hommes répondent de meurtre pour la mort de ce quinquagénaire de 55 ans, battu à mort près d'un point de deal dans le quartier de la Mosson à Montpellier le 23 juin 2023. Tous trois nient avoir porté les coups mortels.
Le procès du lynchage d’Ali Belhoussaine s’est ouvert le 4 mai 2026 devant la cour d’assises de l’Hérault. Trois hommes répondent de meurtre pour la mort de ce quinquagénaire de 55 ans, battu à mort près d’un point de deal dans le quartier de la Mosson à Montpellier le 23 juin 2023. Tous trois nient avoir porté les coups mortels.
L’essentiel
- La victime : Ali Belhoussaine, 55 ans, décédé le 23 juin 2023 dans le quartier de la Mosson à Montpellier, après des coups de pied répétés à la tête.
- Les accusés : Ramzi Bounab (29 ans), Nabil Arif (25 ans) et Farid Abassa (37 ans), poursuivis pour meurtre devant la cour d’assises de l’Hérault du 4 au 7 mai 2026.
- Les lésions : Fractures faciales multiples, lésions cérébrales et fracture du larynx constatées à l’autopsie, selon France 3 Occitanie.
- Les peines encourues : Jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle.
- La pression sur l’enquête : Des témoins ont été menacés pendant l’instruction, selon Midi Libre.
Une nuit de juin 2023, un homme tué près d’un point de deal
Le 23 juin 2023, en fin de soirée, Ali Belhoussaine se retrouve dans une allée du quartier de la Mosson, zone sensible du nord-ouest de Montpellier. À proximité d’un point de deal actif, un accrochage éclate. Selon les éléments portés à l’audience rapportés par France 3 Occitanie, la victime aurait menacé des individus présents avec un couteau. La situation dégénère rapidement.
Ce qui suit est documenté par l’autopsie. Ali Belhoussaine reçoit des coups de pied répétés à la tête. Les conséquences sont fatales : fractures faciales multiples, lésions cérébrales sévères, fracture du larynx. Un témoin, cité par France 3, a décrit la scène en ces termes lors de l’enquête : « Il lui a mis un coup de pied dans la tête, comme quand on shoote dans un ballon. » La victime décède des suites de ses blessures.
Selon une source unique - une publication Instagram citée dans la fact-bank - Ali Belhoussaine souffrait de troubles psychiatriques, ce qui aurait contribué à la confusion au moment des faits. Cette information n’a pas été confirmée par d’autres sources à ce stade.
Trois prévenus, trois versions divergentes
Ramzi Bounab, 29 ans, Nabil Arif, 25 ans, et Farid Abassa, 37 ans, sont assis dans le box des accusés. Leurs positionnements respectifs face aux faits divergent, mais convergent sur un point : aucun ne reconnaît avoir frappé les coups fatals.
Bounab affirme avoir été présent sur les lieux sans participer aux coups. Arif nie l’ensemble des faits depuis son arrestation, soit depuis près de trois ans. Abassa adopte une ligne légèrement différente : il reconnaît avoir asséné un coup de poing à la victime, mais conteste avoir pris part aux coups de pied à la tête, selon Midi Libre.
Cette stratégie de défense fractionnée complique la tâche de l’accusation. Dans les affaires de violences collectives, établir la responsabilité individuelle de chaque participant aux actes les plus graves constitue un défi juridique classique. Un cas similaire s’est posé à Avallon, où trois suspects ont été mis en cause pour un homicide collectif dans un squat.
Un procès sous tension : témoins menacés, enquête difficile
L’instruction a été marquée par des pressions sur les témoins. Selon Midi Libre, plusieurs personnes susceptibles de témoigner ont reçu des menaces pendant l’enquête. Ce type d’intimidation, fréquent dans les affaires liées au trafic de drogue, a rendu la collecte de preuves plus complexe.
La deuxième journée d’audience, le 5 mai, a été consacrée aux auditions de témoins, toujours selon Midi Libre. Une phrase prononcée lors de cette journée a particulièrement marqué les observateurs présents à l’audience, reprise en titre par le quotidien régional : « Mais il est mort, qu’est-ce que tu veux de plus ? » L’attribution exacte de cette déclaration - accusé, témoin ou autre intervenant - n’a pas été précisée dans les sources disponibles.
La violence des faits reprochés a conduit Hérault Tribune à qualifier la scène de « crime abominable » et à décrire la victime comme « un homme martyrisé ». Les lynchages collectifs en milieu urbain font l’objet d’une attention judiciaire croissante, avec plusieurs affaires récentes passées devant les assises en France.
Contexte dans l’Hérault : la Mosson, un quartier sous pression
Le quartier de la Mosson, dans le nord-ouest de Montpellier, fait partie des zones prioritaires de la politique de la ville dans l’Hérault. Il concentre plusieurs cités classées en quartier prioritaire (QPV), avec des difficultés socio-économiques documentées et une présence récurrente du trafic de drogue.
L’année 2023 a été particulièrement tendue dans ce secteur. Midi Libre a recensé plusieurs incidents graves : coups de feu, agressions, règlements de comptes. Actu.fr a également rapporté, la même année, un homme poignardé dans ce quartier, laissé dans un état grave. Ces faits illustrent une pression sécuritaire durable sur ce territoire.
Montpellier, avec ses 300 000 habitants environ, est la huitième ville de France. La Mosson en constitue l’un des secteurs les plus exposés aux violences liées au narcotrafic, un phénomène qui touche plusieurs grandes agglomérations du littoral méditerranéen. À Vallauris, une fusillade à la kalachnikov près d’un collège a illustré, en mai 2026, la même dynamique dans une autre ville du sud-est.
Les violences collectives liées à l’économie souterraine posent, dans ce contexte, une question récurrente sur la capacité des dispositifs judiciaires à établir les responsabilités individuelles lorsque les faits se déroulent dans des espaces soumis à l’omerta. Les condamnations pour violences urbaines restent difficiles à obtenir quand les témoins subissent des pressions.
Trente ans de réclusion au maximum, verdict attendu le 7 mai
Les trois accusés encourent jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle pour meurtre, le quantum maximal pour cette qualification en droit français. Le verdict est attendu le 7 mai 2026, dernier jour prévu pour ce procès.
La cour devra trancher sur la question centrale de la co-action : dans quelle mesure chacun des trois hommes a-t-il participé aux coups qui ont causé la mort d’Ali Belhoussaine, même si aucun ne reconnaît avoir frappé le coup fatal ? C’est sur ce point que l’accusation devra convaincre les jurés.
Le délibéré clôturera trois ans d’une procédure marquée par des dénégations persistantes et des intimidations de témoins. Pour la famille d’Ali Belhoussaine, le verdict du 7 mai constituera la seule réponse institutionnelle à sa mort.
Sources
- Midi Libre : Lynchage mortel à Montpellier : trois hommes accusés d'avoir écrasé la tête d'un quinquagénaire à coups de pied nient toute implication
- France 3 Occitanie : "Il lui a mis un coup de pied dans la tête, comme quand on shoote dans un ballon" : trois accusés devant la justice pour le lynchage d'un homme sur un point de vente de drogue
- Hérault Tribune : "Un homme martyrisé", "un crime abominable" : aux assises de l'Hérault, trois hommes sont jugés pour la mort d'Ali Belhoussine
- Midi Libre : Lynchage mortel à Montpellier : "Mais il est mort, qu'est-ce que tu veux de plus ?"