Lyon : un drone autonome déployé par les pompiers pour prévenir les noyades dans le Rhône
Le SDMIS obtient une autorisation inédite pour survoler sans pilote le Rhône et repérer les baigneurs en détresse grâce à l'intelligence artificielle
Le Service Départemental-Métropolitain d'Incendie et de Secours (SDMIS) a déployé un drone autonome capable de survoler le Rhône sans pilote. Équipé d'une intelligence artificielle, il détecte les personnes en danger et peut larguer des bouées de sauvetage. Une première en milieu urbain.
L’essentiel
- Autorisation historique : Le SDMIS a obtenu en mars 2026 l’autorisation de la DSAC pour des vols de drones autonomes en milieu urbain à Lyon.
- Technologie embarquée : Le drone Parrot ANAFI UKR est équipé de la plateforme logicielle UAVIA Inside, avec intelligence artificielle pour détecter les noyades.
- Capacité de sauvetage : Il transmet des images en temps réel au poste de commandement et peut larguer des bouées de sauvetage aux baigneurs en difficulté.
Un drone qui veille sur le Rhône depuis la caserne Corneille
Depuis quelques semaines, un drone autonome survole le Rhône à Lyon. Basé à la caserne de pompiers Lyon-Corneille, il décolle sans télépilote humain et patrouille le long du fleuve pour repérer les baigneurs en danger. Le système repose sur le modèle Parrot ANAFI UKR, intégrant la solution UAVIA Inside développée par la startup française UAVIA. L’intelligence artificielle embarquée analyse en continu les images et alerte la salle de commandement en cas de détresse.
Le capitaine Christophe Guillot et le lieutenant-colonel Sébastien Pontet sont les référents du projet au sein du SDMIS. « C’est un outil très innovant qui nous permet d’intervenir plus rapidement et de sauver plus de vies », explique le lieutenant-colonel Pontet, cité par nos confrères du Progrès.
Une autorisation inédite de la DSAC
Pour déployer ce drone en milieu urbain, le SDMIS a dû obtenir une autorisation exceptionnelle de la Direction de la Sécurité de l’Aviation Civile (DSAC). Délivrée en mars 2026, elle permet au drone d’évoluer sans pilote humain dans l’espace aérien lyonnais, une première en France pour une mission de secours. L’appareil peut transmettre des flux vidéo en temps réel au poste de commandement et larguer des bouées de sauvetage aux baigneurs en difficulté.
Le projet a été développé sur trois ans en partenariat avec UAVIA. Pierre Vilpoux, président d’UAVIA, et Julien Da Vela, directeur produit, ont piloté le développement technique. « Notre plateforme logicielle permet une supervision à distance du vol en toute sécurité », précise Pierre Vilpoux dans un communiqué.
Des financements CNR et TotalEnergies
L’expérimentation est soutenue financièrement par la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) et le groupe TotalEnergies. Ces partenaires industriels ont contribué à l’achat du matériel et à la phase de tests. Le budget global n’a pas été communiqué, mais il s’inscrit dans le cadre d’une innovation de rupture pour la sécurité fluviale.
Contexte dans le Rhône
Le Rhône à Lyon est un site de baignade très fréquenté pendant l’été, avec des zones non surveillées où les accidents sont fréquents. Selon les données du SDMIS, une dizaine de noyades sont recensées chaque année dans le département. Ce drone autonome vise à réduire ce chiffre en permettant une détection précoce des personnes en détresse. Le département du Rhône, premier en France à expérimenter ce type de dispositif, espère faire école. « Si les résultats sont concluants, d’autres villes fluviales pourraient adopter cette technologie », indique UAVIA. En parallèle, le Tour de France 2026, qui traverse parfois la région, occupe l’actualité sportive (lire Remco Evenepoel : placé mais pas encore vainqueur). De son côté, Wimbledon continue de passionner les amateurs de tennis (voir Naomi Osaka fait chuter la n°1 mondiale).
Prochaine étape : généralisation du dispositif
Le SDMIS va désormais évaluer l’efficacité du drone pendant la saison estivale. Si les résultats sont positifs, l’objectif est de déployer plusieurs appareils le long du Rhône d’ici 2027. La formation des équipes et l’extension des autorisations de vol sont déjà en cours de discussion avec la DSAC.