Lyon : un homme de 39 ans jugé pour avoir drogué et violé sa compagne, en lien avec Pelicot
Garde du corps lyonnais comparaît les 11 et 12 juin devant la cour criminelle du Rhône, verdict attendu vendredi soir.
Un homme de 39 ans, garde du corps domicilié à Lyon, est jugé depuis mardi devant la cour criminelle du Rhône pour viols aggravés par soumission chimique sur sa compagne. Il était en contact avec Dominique Pelicot et souhaitait, selon le dossier, « bénéficier de son expérience ». Verdict attendu vendredi.
L’essentiel
- Audiences : 11 et 12 juin 2026 devant la cour criminelle du Rhône, verdict attendu vendredi en fin de journée.
- Faits reprochés : viols aggravés par soumission chimique, administration de sédatifs, enregistrement et diffusion de vidéos intimes à caractère sexuel.
- Lien Pelicot : Dominique Pelicot a été entendu comme témoin ; l’accusé souhaitait selon le dossier « bénéficier de son expérience ».
- Revirement : aveux lors de la première audition, puis l’homme clame son innocence et invoque un « jeu sexuel ».
- Peine encourue : jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.
Ce qui s’est passé à l’audience
Mardi 11 juin 2026, la cour criminelle du Rhône a ouvert les débats. L’accusé, 39 ans, garde du corps de profession, est domicilié dans le 3e arrondissement de Lyon. Il est incarcéré depuis 2023. Les faits couvrent une période de plusieurs années, durant lesquelles il aurait administré des sédatifs à sa compagne pour la violer pendant son sommeil, selon les éléments retenus à l’issue de l’instruction.
Des perquisitions à son domicile ont permis de saisir des vidéos et photographies des abus, selon BFMTV et actu.fr. Ces images auraient été diffusées à Dominique Pelicot, condamné en janvier 2025 dans l’affaire Mazan.
Le lien documenté avec Dominique Pelicot
C’est l’élément qui distingue cette affaire. Selon plusieurs médias convergents - Le Progrès, BFMTV, Le Figaro - le Lyonnais était en contact avec Dominique Pelicot et souhaitait « bénéficier de son expérience » pour endormir sa compagne. Pelicot a été entendu comme témoin par les services de police de Lyon dans le cadre de l’instruction.
Le dossier mentionne également un projet de rencontre entre les deux hommes pour commettre des faits ensemble, selon actu.fr et Le Progrès. L’étendue exacte de ces échanges reste à établir lors des débats. Ce contexte judiciaire lyonnais dense en 2026 place la cour criminelle du Rhône au centre de plusieurs dossiers médiatisés.
Des aveux initiaux, puis un revirement
Lors de sa première audition en garde à vue, l’homme avait reconnu un viol et une agression sexuelle, selon La Provence et BFMTV. Depuis, il a changé de position. Il clame son innocence et présente les faits comme relevant d’un « jeu sexuel » consenti avec sa compagne.
Cette stratégie de défense - aveux puis rétractation - est présente dans plusieurs affaires de soumission chimique. Elle n’est pas sans rappeler des mécanismes documentés dans l’affaire Mazan, où certains co-accusés avaient également fait valoir le consentement. La parole de la victime, et les éléments matériels saisis (vidéos, échanges numériques), seront déterminants pour les jurés.
Les charges retenues par le parquet de Lyon
Le parquet de Lyon a validé le renvoi devant la cour criminelle du Rhône pour viol sur conjoint, administration de substances à des fins criminelles et enregistrement d’images à caractère sexuel sans consentement. Ces qualifications, confirmées via un post Instagram du parquet relayé par l’AFP, fondent un dossier qui encourt jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle pour l’accusé.
La cour criminelle - juridiction sans jury populaire, composée de magistrats professionnels - est compétente pour les crimes punis de moins de 20 ans. Ce choix de juridiction est cohérent avec le quantum des peines encourues.
Contexte dans le Rhône
Lyon est la troisième ville de France, préfecture du Rhône (69), département de 1,9 million d’habitants. La cour criminelle du Rhône, instituée à titre expérimental en 2019 puis pérennisée, traite un volume croissant d’affaires de viols, notamment en contexte conjugal.
L’affaire Pelicot, jugée à Avignon à l’automne 2024, a généré un effet de révélation national sur les viols par soumission chimique au sein du couple. Des enquêtes et signalements ont progressé dans plusieurs ressorts judiciaires depuis, dont Lyon. Ce dossier est le premier, à Lyon, à établir documentairement un lien direct avec Dominique Pelicot depuis sa condamnation définitive.
Sur le plan local, l’affaire s’inscrit dans une période chargée pour la justice lyonnaise. Le tribunal judiciaire de Lyon avait déjà fait l’actualité en juin 2026 avec d’autres mobilisations citoyennes autour de violences graves dans des juridictions proches.
Ce qui se joue vendredi
Les débats se poursuivent mercredi 12 juin. Le verdict est attendu en fin de journée. La cour devra se prononcer sur la réalité des faits de viol aggravé et sur la qualification de soumission chimique - une circonstance aggravante qui alourdit significativement la peine.
La victime, compagne de l’accusé, s’est constituée partie civile. Sa déposition et les expertises toxicologiques figurent parmi les éléments centraux du dossier, selon les informations disponibles à ce stade.
Sources
- BFMTV : Un homme « désireux de bénéficier de l'expérience » de Dominique Pelicot jugé pour viol par soumission chimique à Lyon
- Le Progrès : Il voulait bénéficier de l'expérience de M. Pelicot : un Lyonnais jugé pour viol par soumission chimique
- Le Figaro : Un Lyonnais, en lien avec Dominique Pelicot, jugé pour viol par soumission chimique sur sa compagne
- actu.fr : Son « modèle » était Dominique Pelicot : ce Lyonnais jugé pour viols et soumission chimique de sa compagne