Magnanville : 10 ans de l’attentat qui a coûté la vie à Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider
Le 13 juin 2016, deux fonctionnaires de police étaient assassinés à leur domicile par un terroriste Daesh. Dix ans après, hommages nationaux et locaux.
Ce vendredi 13 juin 2026 marque le dixième anniversaire de l'attentat de Magnanville. Jean-Baptiste Salvaing, commandant de police, et Jessica Schneider, secrétaire administrative, avaient été tués à leur domicile par Larossi Abballa, qui revendiquait l'acte au nom de Daesh. Des cérémonies ont eu lieu les 12 et 13 juin 2026.
L’essentiel
- 13 juin 2016 : Jean-Baptiste Salvaing (42 ans) et Jessica Schneider (36 ans) assassinés à l’arme blanche à leur domicile de Magnanville par Larossi Abballa, revendication Daesh immédiate.
- Enfant de 3 ans : présent lors de l’attaque, pris en otage, libéré à l’issue de l’intervention du RAID qui a neutralisé l’assaillant.
- 12 juin 2026 : le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a présidé une cérémonie d’hommage à Mantes-la-Jolie.
- Complice condamné : Mohamed Lamine Aberouz condamné à la perpétuité (22 ans de sûreté) pour complicité, confirmé en appel en 2025.
- Magnanville : environ 6 383 habitants (INSEE 2023) ; aucune rue ne porte encore les noms des deux victimes dans la commune.
Le soir du 13 juin 2016 : les faits
Ce soir-là, Larossi Abballa, 25 ans, se rend allée des Perdrix à Magnanville, commune des Yvelines. Il poignarde Jean-Baptiste Salvaing à son retour chez lui, puis s’introduit dans le pavillon où se trouve Jessica Schneider. Les deux fonctionnaires sont tués à l’arme blanche. Leur fils de 3 ans est présent. Il sera pris en otage avant d’être libéré lors de l’assaut du RAID, qui neutralise l’assaillant.
Abballa diffuse une partie des événements en direct sur Facebook Live, prêtant allégeance à Daesh. L’attaque est revendiquée dans la foulée par le groupe terroriste. L’assaillant était connu des services : condamné en 2013 pour association de malfaiteurs terroristes, il avait été repéré pour radicalisation, selon le ministère de l’Intérieur.
Jean-Baptiste Salvaing était commandant de police au commissariat des Mureaux. Jessica Schneider était secrétaire administrative à l’hôtel de police de Mantes-la-Jolie. Tous deux ont été tués parce qu’ils étaient agents du ministère de l’Intérieur - c’est ainsi que l’attaque a été qualifiée dès les premières heures.
Dix ans après : hommages nationaux et officiels
Le 12 juin 2026, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a présidé une cérémonie d’hommage à Mantes-la-Jolie. Selon Le Parisien, il a déclaré : « Une décennie a passé, mais c’est comme si c’était hier. » La cérémonie s’est tenue au commissariat de Mantes-la-Jolie, là où Jessica Schneider travaillait.
Le 13 juin 2026, le ministère de l’Intérieur a publié un hommage officiel sur X, accompagné d’une vidéo rappelant les faits et « l’engagement des agents ». Les syndicats de police UN1TÉ et ALLIANCE PN, ainsi que la mutuelle MGP et des élus, dont Julie Rechagneux, ont rendu hommage le même jour.
À Magnanville, un maire marqué à vie
Michel Lebouc, maire de Magnanville, a accordé un entretien à actu.fr à l’occasion de ce dixième anniversaire. Il décrit le drame comme « à jamais gravé » dans son esprit. Il évoque des commémorations annuelles ou bisannuelles organisées dans la commune depuis 2016.
Selon Le Parisien, dix ans après les faits, aucune rue ni place à Magnanville ne porte les noms de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider. Une avenue a été baptisée en l’honneur du commandant à Pézenas, sa ville d’origine, mais pas dans la commune où ils ont été tués. Le sujet n’a pas fait l’objet d’annonce publique de la mairie à ce stade.
La couverture locale de cet anniversaire a mobilisé plusieurs médias régionaux et nationaux cette semaine. Magnanville, commune de 6 383 habitants selon l’INSEE (données 2023, +5,85 % depuis 2017), reste associée dans la mémoire collective à cet attentat.
Le complice jugé, condamné à la perpétuité
Larossi Abballa a été tué lors de l’intervention du RAID le soir même. Son complice présumé, Mohamed Lamine Aberouz, a été jugé en 2023 puis en appel en 2025. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec 22 ans de sûreté pour complicité d’assassinats terroristes, selon franceinfo et Le Monde.
L’ancien ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, en poste au moment de l’attentat, a déclaré cette semaine que ces événements comptent parmi « les moments les plus importants » de sa vie, selon Le Parisien.
Contexte dans le Val-d’Oise et les Yvelines
L’attentat de Magnanville s’inscrit dans la série d’attaques terroristes qui ont frappé la France en 2015 et 2016, après les attentats du 13-Novembre 2015 à Paris. Il est l’un des rares attentats Daesh à avoir visé directement le domicile privé de fonctionnaires de police, et non un lieu public.
Bien que Magnanville soit une commune des Yvelines (78), son bassin de vie est étroitement lié à la vallée de la Seine et à l’axe Mantes-la-Jolie - Les Mureaux, à la frontière avec le Val-d’Oise (95). Jean-Baptiste Salvaing travaillait aux Mureaux, Jessica Schneider à Mantes-la-Jolie : les deux commissariats concernés desservent une zone dense, à cheval sur les deux départements.
Des dispositifs de sécurisation renforcée ont été mis en œuvre dans plusieurs communes d’Île-de-France depuis 2016 pour protéger les agents en dehors des heures de service. Le ministère de l’Intérieur n’a pas précisé, à l’occasion de cet anniversaire, les mesures spécifiques toujours en vigueur.
Le 13 juin 2026 marque dix ans exactement. Les commémorations locales à Magnanville se poursuivront selon le calendrier habituel fixé par la mairie, sans date officielle annoncée publiquement à ce stade.
Sources
- Ministère de l'Intérieur : Attentat de Magnanville, 10 ans après : plaie toujours ouverte
- Le Parisien : « Une décennie a passé, mais c'est comme si c'était hier » : Laurent Nuñez rend hommage aux victimes de l'attentat de Magnanville
- actu.fr : 10 ans de l'attentat de Magnanville : le maire Michel Lebouc revient sur un drame « à jamais gravé » dans son esprit
- Le Parisien : Dix ans après l'attentat de Magnanville, toujours pas de rue aux noms de « JB » et Jessica
