Mamoudzou : 18 procédures et 9 ESI interpellés lors d’une opération anti-taxis clandestins

Soixante-dix policiers ont contrôlé 150 véhicules et 280 personnes le 29 avril dans le cadre de l'opération Kingia.

Mamoudzou : 18 procédures et 9 ESI interpellés lors d'une opération anti-taxis clandestins
Illustration Ahamada Abdallah / info.fr

Une opération de contrôle routier menée le 29 avril 2026 à Mamoudzou a ciblé les taxis clandestins et les infractions connexes. En deux heures, 70 policiers ont dressé 18 procédures pour exercice illégal de la profession de taxi et interpellé 9 étrangers en situation irrégulière.

Mercredi 29 avril 2026, de 15h à 17h, les secteurs de Baobab, Mtsapéré et Cavani à Mamoudzou ont fait l’objet d’un contrôle routier d’envergure. L’opération s’inscrit dans le cadre de Kingia, lancée le 11 avril 2026 pour deux mois afin de lutter contre la délinquance et l’économie informelle à Mayotte.

L’essentiel

  • 150 véhicules et 280 personnes contrôlés en deux heures dans trois secteurs de Mamoudzou, selon la préfecture de Mayotte.
  • 18 procédures ouvertes pour exercice illégal de la profession de taxi.
  • 9 étrangers en situation irrégulière (ESI) interpellés lors de l’opération.
  • 13 scooters-taxis ‘mabawa’ mis en fourrière, 37 procès-verbaux électroniques dressés.
  • 70 policiers nationaux mobilisés avec des partenaires institutionnels pour cette action.

Une action ciblée sur trois quartiers

L’opération a concentré ses moyens sur Baobab, Mtsapéré et Cavani, trois secteurs de Mamoudzou connus pour la densité du transport informel. Les 70 policiers nationaux mobilisés, selon la préfecture de Mayotte sur X, ont agi en partenariat avec d’autres services institutionnels dont la composition exacte n’a pas été détaillée dans les communications officielles.

Le dispositif visait explicitement l’exercice illégal de taxi - activité qui prospère dans l’île sous la forme de scooters-taxis appelés mabawa - ainsi que les infractions connexes : documents falsifiés, véhicules volés, situation irrégulière des conducteurs.

Les chiffres du bilan

Publicité

La préfecture a communiqué un bilan détaillé via son compte officiel :

Au total : 18 procédures pour exercice illégal de taxi, 9 interpellations d’étrangers en situation irrégulière, 13 mabawa mis en fourrière, 37 procès-verbaux électroniques, 11 amendes forfaitaires délictuelles, 2 immobilisations de véhicules. S’ajoutent une interpellation pour recel de scooter volé et une procédure pour faux document, selon la préfecture.

Kingia à mi-parcours : le préfet parle de « belle réussite »

Le 29 avril, le préfet François-Xavier Bieuville et le procureur de la République Guillaume Prost ont dressé ensemble le bilan à mi-parcours de l’opération Kingia, lancée le 11 avril. Selon La 1ère, le préfet Bieuville a qualifié les résultats de « belle réussite ».

Kingia - dont le terme désigne en mahorais une action de nettoyage - vise la délinquance quotidienne et l’économie souterraine dans l’ensemble du département. Le volet transport clandestin en est l’une des composantes, aux côtés des contrôles de marchés informels et des opérations d’éloignement. La préfecture a prévu de poursuivre les contrôles jusqu’en juin 2026, selon Le Journal de Mayotte.

Des opérations similaires mobilisant l’État sur l’économie informelle sont menées dans d’autres territoires : la fermeture d’un restaurant à Chambéry pour travail illégal illustre la même dynamique de contrôle à l’échelle nationale.

Comparaison avec avril 2025

Une opération du même type avait été conduite à Mamoudzou en avril 2025. Elle avait abouti à 8 procédures pour exercice illégal de taxi et 7 interpellations d’ESI, sur 48 véhicules contrôlés, selon des données croisées entre la préfecture et info.fr. L’édition 2026 dépasse nettement ces chiffres : trois fois plus de véhicules contrôlés, plus du double de procédures pour taxi illégal.

Cette montée en puissance traduit un renforcement des moyens, mais aussi, selon les autorités, une persistance du phénomène malgré les opérations précédentes. Les raisons structurelles de ce maintien du transport clandestin n’ont pas été explicitées dans les communications officielles de l’opération Kingia.

Contexte dans le département de Mayotte

Mayotte (976) reste le département français où la pression migratoire irrégulière est la plus forte. En 2025, 23 421 reconduites à la frontière y ont été enregistrées, soit une hausse de 26,7 % par rapport à 2024, selon l’iFRAP. Ce chiffre dépasse de loin les autres départements et régions françaises.

Le transport clandestin s’inscrit dans ce contexte : une partie des chauffeurs en situation irrégulière exercent sans titre de séjour ni autorisation professionnelle. Les mabawa - scooters ou petits véhicules pratiquant le transport de passagers contre rémunération sans licence - constituent un secteur informel structurel dans l’île, difficile à éradiquer durablement malgré les saisies régulières.

L’enjeu dépasse la seule réglementation du transport : il touche à l’emploi informel, à la sécurité routière et au contrôle des flux migratoires. La coordination entre préfecture, police nationale et parquet - incarnée par la communication conjointe de Bieuville et Prost - signale une volonté d’afficher une réponse intégrée. Des dynamiques comparables de coopération entre préfets et élus locaux sont à l’œuvre dans d’autres territoires, comme la réunion du préfet Hottiaux avec 163 maires à Nice autour des questions de sécurité.

Prochaine étape

L’opération Kingia doit se poursuivre jusqu’en juin 2026. La préfecture n’a pas précisé à ce stade les prochains secteurs ou types d’infractions ciblés. Un bilan final est attendu à l’issue des deux mois d’opération.

Sources

Ahamada Abdallah

Ahamada Abdallah

Ahamada est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Mayotte (976), avec Mamoudzou pour chef-lieu. Spécialité du département : département français le plus jeune et lagon (1er lagon mondial). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie