Mamoudzou : 13 scooters-taxis mabawa mis en fourrière lors de l’opération Kingia
Une opération de deux heures dans trois quartiers de Mamoudzou a permis le 29 avril de saisir treize scooters clandestins et d'établir dix-huit procédures pour taxis illégaux.
Le 29 avril 2026, la Police Nationale de Mayotte a conduit une opération de contrôle dans les secteurs Baobab, Mtsapéré et Cavani à Mamoudzou. Bilan 13 scooters-taxis « mabawa » mis en fourrière, 150 véhicules contrôlés et 280 personnes vérifiées en deux heures.
Le 29 avril 2026, la Police Nationale de Mayotte et ses partenaires ont mené une opération de contrôle coordonnée de 15h à 17h dans les quartiers Baobab, Mtsapéré et Cavani à Mamoudzou. Cible principale : les scooters-taxis clandestins, connus localement sous le nom de « mabawa ».
L’essentiel
- 13 mabawa en fourrière : treize scooters-taxis clandestins immobilisés, plus 2 autres véhicules immobilisés sur place.
- 18 procédures : ouvertes pour exercice illégal de la profession de taxi lors de l’opération.
- 150 véhicules et 280 personnes : contrôlés en deux heures dans trois secteurs de Mamoudzou.
- 37 PV et 11 AFD : dressés pour infractions au code de la route, en parallèle des procédures pour taxis illégaux.
- Opération Kingia : cadre de l’intervention, lancée le 1er avril 2026, se poursuit jusqu’au 28 mai 2026.
Deux heures, trois quartiers, un bilan dense
L’opération s’est concentrée sur Baobab, Mtsapéré et Cavani, trois secteurs du chef-lieu de Mayotte où la circulation des mabawa est régulièrement signalée. Selon la préfecture de Mayotte, 150 véhicules et 280 personnes ont été contrôlés entre 15h et 17h.
Les forces de l’ordre ont établi 18 procédures pour exercice illégal de la profession de taxi. Treize scooters ont été mis en fourrière. Deux autres véhicules ont été immobilisés sur place, selon le compte officiel de la préfecture sur X.
Un bilan qui dépasse les seuls taxis illégaux
L’opération a également produit des résultats dans d’autres domaines. Neuf étrangers en situation irrégulière ont été interpellés. Trente-sept procès-verbaux ont été dressés pour infractions au code de la route, et onze amendes forfaitaires délictuelles (AFD) prononcées.
Une personne a été interpellée pour recel de scooter volé. Une procédure distincte a été ouverte pour faux document, selon la préfecture.
Les mabawa, un phénomène ancré depuis les années 2010
Le terme « mabawa » désigne en shimaoré les ailes de poulet - une référence au service bon marché proposé par ces taxis clandestins à scooter. Selon Mayotte Hebdo, leur prolifération remonte aux années 2010 et s’explique en partie par le manque de transports publics structurés dans l’île.
L’activité est illégale : elle ne répond à aucun des cadres réglementaires applicables aux taxis ou aux VTC. Les conducteurs ne disposent ni de licence, ni d’assurance adaptée, ni de compteur. Pour les opérations précédentes de Kingia à Mamoudzou, la préfecture avait déjà ciblé ce type d’activité en parallèle d’autres infractions.
Contexte dans le département de Mayotte (976)
L’opération du 29 avril s’inscrit dans le cadre de « Kingia », opération nationale de sécurité lancée le 1er avril 2026 et prévue jusqu’au 28 mai 2026. « Kingia » signifie « protéger » en shimaoré, selon la préfecture de Mayotte.
Elle prolonge deux opérations antérieures : « Wuambushu » en 2023 et « Place nette Mayotte » en 2024. Cette dernière avait notamment abouti à 938 interpellations selon Franceinfo La 1ère, dont une partie liée à l’économie illégale.
Le Journal de Mayotte rapporte que le CODAF - comité opérationnel départemental anti-fraude - aurait multiplié par cinq ses opérations entre 2023 et 2025, passant de 41 à plus de 200 interventions. Cette donnée est issue d’une source unique et mérite confirmation officielle. Pour une autre illustration de l’action de l’État à Mayotte dans ce cadre, une précédente opération Kingia avait également abouti à la saisie de 192 kg de poissons et à une interpellation pour stupéfiants.
Mayotte reste un territoire sous forte pression en matière de transports non réglementés. L’absence d’offre de transport public dense sur l’ensemble de l’île alimente structurellement le recours aux mabawa, comme le souligne Mayotte Hebdo. La question de leur régularisation éventuelle n’a pas été tranchée à ce stade par les autorités. La députée Bamana a par ailleurs interpellé l’État sur plusieurs dossiers mahorais, dont la pression migratoire qui se retrouve également dans les bilans de ce type d’opération.
Les contrôles Kingia se poursuivent jusqu’au 28 mai
La préfecture n’a pas précisé si de nouvelles opérations ciblant spécifiquement les mabawa étaient prévues avant la fin de Kingia. Le cadre opérationnel court jusqu’au 28 mai 2026. Un dispositif comparable de coordination préfectorale renforcée est également à l’œuvre dans d’autres départements français.
Les véhicules mis en fourrière font l’objet de procédures judiciaires ; leur sort dépend de l’issue des dossiers ouverts pour exercice illégal de taxi.
Sources
- Préfecture de Mayotte (@Prefet976) : Bilan opération Kingia — fourrières mabawa
- Préfecture de Mayotte (@Prefet976) : Opération de contrôle Baobab, Mtsapéré, Cavani
- Le Journal de Mayotte : Le 'choc' Kingia : l'État relance une opération de sécurité d'ampleur à Mayotte
- Mayotte Hebdo : Les taxis mabawa veulent plus que les miettes