Manche : 7 interdictions de paraître sur des points de deal prononcées par le préfet
Le préfet de la Manche Marc Chappuis a utilisé pour la première fois ce nouvel outil de la loi du 13 juin 2025 contre le narcotrafic. 607 amendes ont aussi été délivrées depuis janvier.
Le 13 juin 2026, le préfet Marc Chappuis a prononcé sept interdictions administratives de paraître sur des points de deal dans la Manche. Une mesure inédite permise par la loi du 13 juin 2025. Parallèlement, 607 amendes pour stupéfiants ont été dressées depuis le début de l’année.
L’essentiel
- Fait 1 : Le 13 juin 2026, le préfet de la Manche a prononcé 7 interdictions administratives de paraître sur des points de deal identifiés.
- Fait 2 : Ces interdictions s’appuient sur la loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic.
- Fait 3 : Depuis le 1er janvier 2026, 607 amendes forfaitaires délictuelles (AFD) ont été délivrées pour consommation de stupéfiants dans le département.
- Fait 4 : Des opérations de contrôle ont ciblé Cherbourg-en-Cotentin, Granville, Saint-Lô, Coutances, Barfleur, Lessay ainsi que la gare maritime de Barneville-Carteret et les aires de l’A84.
Le préfet de la Manche, Marc Chappuis, a annoncé le 13 juin 2026 avoir prononcé sept interdictions administratives de paraître sur des points de deal identifiés dans le département. Cette décision, rendue publique via un message sur X, s’inscrit dans le cadre de la loi du 13 juin 2025 contre le narcotrafic, qui donne aux préfets la possibilité d’éloigner temporairement des individus suspectés de trafic sans attendre une condamnation judiciaire.
Ce qu’il s’est passé
Le 13 juin 2026, le préfet Marc Chappuis a signé sept arrêtés d’interdiction de paraître. Ces mesures administratives, d’une durée maximale d’un mois, interdisent aux personnes concernées de se trouver sur les secteurs identifiés comme points de deal. Selon un article d’info.fr, l’interdiction administrative de paraître est distincte de la procédure pénale et ne nécessite pas de condamnation préalable. Le préfet peut la prononcer dès lors qu’il existe des raisons sérieuses de penser qu’une personne représente une menace pour la sécurité publique en lien avec le trafic de stupéfiants.
Le cadre légal : la loi du 13 juin 2025
Ces interdictions sont rendues possibles par la loi promulguée le 13 juin 2025 et publiée au Journal officiel le 14 juin 2025. Adoptée à l’unanimité par le Sénat, elle vise à « sortir la France du piège du narcotrafic », selon la présentation officielle. Elle introduit notamment la possibilité pour les préfets de prononcer des interdictions administratives de paraître sur des « points de deal ». Cette disposition a été validée par le Conseil constitutionnel. D’autres préfets mettent en œuvre des dispositifs variés dans leurs départements, comme le préfet du Bas‑Rhin qui lance des petits‑déjeuners de l’égalité dans les quartiers prioritaires ou le préfet de la Somme qui a participé au salon Lin’Ovation.
Un bilan chiffré : 607 amendes en six mois
Parallèlement à ces interdictions, la préfecture a communiqué un chiffre : depuis le 1er janvier 2026, les forces de l’ordre (police nationale et gendarmerie) ont délivré 607 amendes forfaitaires délictuelles (AFD) pour consommation de stupéfiants. Ces amendes, d’un montant forfaitaire, sont un outil courant de la lutte contre le narcotrafic. Le préfet a souligné que « le narcotrafic n’a pas sa place dans la Manche », une phrase reprise dans plusieurs médias locaux.
Des opérations de contrôle ciblées
Les opérations de contrôle ne se limitent pas aux interdictions de paraître. Selon actu.fr, des actions ont été menées dans plusieurs communes : Cherbourg-en-Cotentin, Granville, Saint-Lô, Coutances, Barfleur, Lessay. Les forces de l’ordre ont également ciblé des axes stratégiques comme la gare maritime de Barneville-Carteret et les aires de repos de l’autoroute A84. Ces opérations se déroulent quotidiennement, en lien avec la police et la gendarmerie.
Contexte dans la Manche
La Manche, département côtier de 500 000 habitants environ, compte plusieurs pôles urbains où le trafic de stupéfiants est présent. Cherbourg-en-Cotentin, Saint-Lô et Granville sont les principales villes concernées. Les axes routiers comme l’A84, qui relie la Normandie à la Bretagne, sont également surveillés. La préfecture insiste sur la mobilisation des forces de l’ordre, qui travaillent en partenariat avec la police nationale et la gendarmerie. Selon La Manche Libre, le préfet Marc Chappuis a déclaré que l’État traque le trafic de drogue dans le département avec des moyens renforcés.
Les sept interdictions de paraître sont en vigueur pour une durée maximale d’un mois. La préfecture n’a pas précisé si des prolongations ou de nouvelles interdictions sont envisagées. Les forces de l’ordre poursuivent leurs opérations de contrôle.