Marcell Jacobs frôle l’histoire avec un 9.67 supersonique à l’Austrian Open
Le double champion olympique italien a couru le troisième 100 m le plus rapide de l'histoire, mais un vent trop favorable de +4,1 m/s empêche l'homologation du chrono.
Le sprinteur italien Marcell Jacobs a réalisé un temps de 9,67 secondes sur 100 m lors de l'Austrian Open à Eisenstadt le 1er juillet 2026. Porté par un vent arrière excessif de +4,1 m/s, ce chrono ne sera pas homologué par World Athletics, mais confirme son retour en forme depuis son retour en Italie.
L’essentiel
- Chrono : Marcell Jacobs a couru le 100 m en 9,67 secondes le 1er juillet 2026 à l’Austrian Open d’Eisenstadt.
- Vent : Le vent arrière de +4,1 m/s dépasse la limite autorisée de +2,0 m/s, privant la performance d’homologation.
- Historique : Ce temps est le troisième plus rapide de l’histoire toutes conditions confondues, derrière les 9,58 et 9,63 d’Usain Bolt.
- Renaissance : Jacobs a retrouvé son entraîneur Paolo Camossi et s’entraîne désormais au centre olympique d’Acquacetosa à Rome.
Eisenstadt (Autriche). Le 1er juillet 2026 restera dans les annales du sprint, même si le chrono ne sera pas officiel. Lamont Marcell Jacobs, double champion olympique du 100 m et du relais 4×100 m à Tokyo en 2021, a signé un temps phénoménal de 9,67 secondes lors de la finale du 100 m de l’Austrian Open. Une performance portée par un vent arrière de +4,1 m/s - bien au-dessus des +2,0 m/s autorisés par World Athletics - qui empêche toute homologation pour un record. Mais ce chrono place l’Italien au troisième rang des 100 m les plus rapides de l’histoire toutes conditions confondues, derrière les légendaires 9,58 et 9,63 d’Usain Bolt.
Une finale dominée de bout en bout
Devant un public conquis, Marcell Jacobs a littéralement survolé la finale. Il devance le Britannique Romell Glave (9,76 s) et le Sud-Africain Wayde van Niekerk (9,83 s), champion olympique du 400 m en 2016. Plus tôt dans la soirée, Jacobs avait déjà impressionné en séries avec un temps de 9,84 secondes, également avec un vent favorable de +2,3 m/s. « C’est un grand pas en avant », a sobrement commenté l’athlète italien sur les réseaux sociaux, sans fanfaronnade.
Ces chronos sonnent comme une revanche après une saison 2025 décevante, marquée par des blessures et une élimination en demi-finale des Mondiaux de Tokyo (10,20 s). Depuis son sacre olympique, Jacobs peinait à retrouver son meilleur niveau, notamment après un exil de deux ans aux États-Unis.
Le retour aux sources italiennes
En janvier 2026, Marcell Jacobs a pris une décision radicale : mettre fin à son séjour américain pour revenir s’entraîner en Italie. Il a renoué avec son entraîneur Paolo Camossi, l’homme qui l’avait mené à l’or olympique. Installé au Centre de préparation olympique d’Acquacetosa, à Rome, le sprinteur a retravaillé sa technique de départ et sa puissance. Les premiers résultats sont apparus dès le 4 juin, avec un 9,99 secondes au Golden Gala de Rome, son premier passage sous les 10 secondes depuis deux ans. « Je me sens chez moi, en confiance », avait-il déclaré après cette course en Diamond League.
Contexte en Italie : une renaissance attendue
Le retour de Marcell Jacobs en Italie a été salué comme une renaissance par la Fédération italienne d’athlétisme (FIDAL). Le pays, qui vibre encore pour ses champions olympiques, espère voir Jacobs retrouver les sommets mondiaux. Le centre d’Acquacetosa, où il s’entraîne quotidiennement, est devenu un lieu de pèlerinage pour les médias transalpins. Cette performance à Eisenstadt, bien que non homologuée, redonne des couleurs à l’athlétisme italien, en mal de résultats depuis les Jeux de Tokyo. Jacobs pointe désormais à la 17e place du classement mondial World Athletics sur 100 m, mais un tel chrono, même avec vent favorable, prouve qu’il peut rivaliser avec les meilleurs.
Comparaison avec Usain Bolt et avenir
Avec son 9,67 s, Jacobs entre dans un club très fermé. Seul Usain Bolt a couru plus vite : 9,58 s (Berlin 2009, vent +0,9) et 9,63 s (Londres 2012, vent +1,5). Le vent de +4,1 m/s relativise toutefois cette performance. « Cela montre le potentiel, mais ce n’est pas un record officiel », a rappelé un porte-parole de World Athletics. Le chrono de 9,67 s n’apparaîtra donc pas dans les tableaux historiques officiels.
Malgré cette réserve, l’athlète de 31 ans semble lancé. Prochaine étape : les Championnats d’Europe d’athlétisme, qui se dérouleront en août 2026 à Rome - une occasion en or pour Jacobs de briller devant son public. « Je veux être prêt pour Rome », a-t-il confié. Avec un chrono pareil dans les jambes, l’Italien est plus que jamais un candidat sérieux au titre européen.