À Marnes, 220 habitants mobilisés pour sauver une église à 3 millions d’euros
Guy Métais, 91 ans, rallume les cierges dans l'église où il s'est marié. Le village entier s'est mis en marche derrière son maire pour financer une restauration hors de portée.
L'église Saint-Jean-Baptiste de Marnes, classée monument historique depuis 1862, se dégrade sous l'effet de l'humidité. Face à une facture estimée à 3 millions d'euros et un budget communal de 220 000 euros, la commune de 220 habitants a lancé une campagne de financement via la Fondation du Patrimoine.
L’église Saint-Jean-Baptiste de Marnes, classée monument historique depuis 1862, se dégrade sous l’effet de l’humidité. Face à une facture estimée à 3 millions d’euros et un budget communal de 220 000 euros, la commune de 220 habitants a lancé une campagne de financement via la Fondation du Patrimoine.
L’essentiel
- Édifice : L’église Saint-Jean-Baptiste, bâtie au XIIe siècle, est classée monument historique depuis 1862.
- Coût des travaux : 3 millions d’euros estimés, dont 1,6 million pour la seule couverture.
- Budget communal : 220 000 euros annuels pour une commune de 220 habitants (données INSEE 2022).
- Cagnotte : Lancée le 11 décembre 2025 via la Fondation du Patrimoine, elle a dépassé 25 000 euros en trois semaines, selon Ouest-France.
- Avantage fiscal : Les dons ouvrent droit à un abattement fiscal de 66 %, à compter du 15 avril 2025.
Un édifice roman envahi par les algues
Les murs et les sols de l’église sont recouverts d’algues. L’humidité a attaqué les voûtes, les pierres, l’ensemble de la structure. L’édifice roman, érigé au XIIe siècle, est situé en retrait du bourg de Marnes, sur une ancienne voie romaine reliant Poitiers à Nantes, selon la Fondation du Patrimoine et l’office de tourisme des Deux-Sèvres. Cette position témoigne de son rôle central au Moyen Âge. Aujourd’hui, le bâtiment tient debout, mais de justesse.
Guy Métais, 91 ans, ancien résident de Marnes, continue d’y allumer des cierges. C’est là qu’il s’est marié. Il confie, selon France Info et Epoch Times : « Ça fait mal » de voir l’état de l’église. Son attachement, connu dans le village, a cristallisé la mobilisation locale autour du projet.
Un chantier à 3 millions pour un budget à 220 000 euros
Le maire de Marnes, Germain Girouard, ne cache pas les chiffres. Les travaux sont estimés à 3 millions d’euros. La couverture seule représente 1,6 million. Le budget annuel de la commune tourne autour de 220 000 euros, selon France Info. L’équation est simple : sans subventions extérieures, le chantier est impossible.
Germain Girouard a déclaré à France Info : « On restaurera tous les murs et on réadaptera toutes les voûtes ». Le programme prévoit la reprise complète de la couverture, des murs et des voûtes. Le maire espère des aides de l’État et du Loto du Patrimoine pour compléter le financement. Le cas de Marnes illustre une difficulté répandue - d’autres petites communes font face à des impasses budgétaires similaires pour des équipements publics structurants.
Une cagnotte lancée en décembre, une réunion publique en janvier
Le 20 janvier 2025, une réunion publique présidée par le maire a officiellement lancé le projet aux yeux des habitants, selon le site de la commune et Ouest-France. La mobilisation a été immédiate.
La cagnotte ouverte sur le site de la Fondation du Patrimoine le 11 décembre 2025 a franchi le cap des 25 000 euros en trois semaines, approchant les 30 000 euros, selon Ouest-France. Les dons sont acceptés depuis le 15 avril 2025. Chaque contribution ouvre droit à un abattement fiscal de 66 %, selon la mairie de Marnes et La Nouvelle République.
Contexte dans les Deux-Sèvres
Marnes est une commune rurale de l’arrondissement de Thouars, dans le nord des Deux-Sèvres. Avec 220 habitants, elle fait partie des nombreuses petites entités du département confrontées à l’entretien d’un patrimoine religieux classé sans moyens proportionnés. Le département des Deux-Sèvres compte plusieurs dizaines d’édifices classés ou inscrits au titre des monuments historiques, dont beaucoup appartiennent à des communes de moins de 500 habitants.
Le cas de l’église Saint-Jean-Baptiste n’est pas isolé en Nouvelle-Aquitaine. France Info a consacré un reportage à la problématique générale des églises rurales en péril financier, citant Marnes comme exemple emblématique. La question du financement du patrimoine monumental dans les communes rurales fait l’objet de débats récurrents au niveau national, avec le Loto du Patrimoine comme levier principal depuis 2018.
Pour une commune comme Marnes, le rapport entre le coût de restauration (3 millions d’euros) et le budget annuel (220 000 euros) atteint un facteur 13. Même avec 50 % de subventions publiques, la part communale resterait supérieure à six années de budget total.
Un projet au long cours
Les 25 000 euros déjà réunis représentent moins de 1 % du montant total nécessaire. La commune mise sur un montage à plusieurs étages : dons des particuliers via la Fondation du Patrimoine, subventions de l’État au titre des monuments historiques, et soutien éventuel du Loto du Patrimoine. Le calendrier précis des travaux n’a pas été communiqué à ce stade.
La démarche de Marnes s’inscrit dans un mouvement plus large de mobilisations locales autour d’un patrimoine identitaire que les collectivités peinent à financer seules. Pour contribuer, la page de la commune est accessible via la Fondation du Patrimoine.
Sources
- France Info : Églises qui prennent l'eau, châteaux en ruine... quand le trésor des petits villages devient un fardeau financier
- Epoch Times : Deux-Sèvres : à Marnes, autour de Guy, 91 ans, un village se mobilise pour sauver son église
- Ouest-France : Cette église classée au titre des Monuments historiques est en péril, il faut trois millions d'euros pour la restaurer
- La Nouvelle République : La commune de Marnes cherche des mécènes en vue de la restauration de son église