Aigues-Mortes au bord de la faillite : le maire dévoile un plan de rigueur sans hausse d’impôts
Cédric Bonato détaille une situation critique 350 000 euros de déficit, trésorerie de 210 000 euros et emprunts bloqués par le Trésor public.
Le maire d'Aigues-Mortes, Cédric Bonato, a révélé ce 30 avril 2026 l'état des finances de la commune du Gard déficit de fonctionnement proche de 350 000 euros, trésorerie insuffisante pour couvrir les prochaines échéances. Avant le conseil municipal du jour, il a annoncé un plan de rigueur sans augmentation d'impôts.
Le maire d’Aigues-Mortes, Cédric Bonato, a révélé ce 30 avril 2026 l’état des finances de la commune du Gard : déficit de fonctionnement proche de 350 000 euros, trésorerie insuffisante pour couvrir les prochaines échéances. Avant le conseil municipal du jour, il a annoncé un plan de rigueur sans augmentation d’impôts.
L’essentiel
- Déficit : environ 350 000 euros de déficit de fonctionnement, pour une trésorerie disponible de seulement 210 000 euros.
- Échéances immédiates : 700 000 euros de salaires et 260 000 euros d’emprunts à rembourser à court terme, selon Objectif Gard.
- Emprunts bloqués : le Trésor public interdit tout nouvel emprunt, la capacité de désendettement dépassant 50 ans.
- Plan de rigueur : baisse de 4 % des indemnités des élus, non-remplacement des départs, réduction du parc auto - économie visée de 300 000 euros par an.
- Aggravation rapide : le déficit de fonctionnement était de 39 980 euros en 2025 ; il atteint près de dix fois ce niveau en 2026.
Une vidéo Facebook avant le vote du conseil
C’est via une vidéo publiée sur Facebook que Cédric Bonato a choisi de s’adresser aux habitants avant la séance du conseil municipal du 30 avril. Une démarche directe, avant même le vote du budget de transition prévu à l’ordre du jour.
Dans cette prise de parole, le maire qualifie la situation de commune « au bord de la faillite » - une formule reprise par Objectif Gard, qui couvre le sujet depuis l’élection municipale de mars 2026. Bonato précise avoir découvert l’ampleur des difficultés à sa prise de fonctions.
Des chiffres qui témoignent d’une situation tendue
Selon Objectif Gard, le déficit de fonctionnement s’établit à environ 350 000 euros. La trésorerie disponible ne dépasse pas 210 000 euros. En face, les échéances sont immédiates : 700 000 euros pour les salaires des agents, 260 000 euros pour le remboursement d’emprunts. Plus d’un million d’euros de factures resteraient impayées, toujours selon ce media local.
Le Trésor public a formulé des recommandations claires : interdiction de contracter de nouveaux emprunts. La raison invoquée : une capacité de désendettement qui dépasse les 50 ans, seuil au-delà duquel les services de l’État considèrent la situation comme structurellement déséquilibrée.
La comparaison avec l’exercice précédent est saisissante. Le budget 2025 présentait un déficit de fonctionnement de 39 980 euros, selon les documents du conseil municipal d’avril 2026 et les informations d’Objectif Gard. En un an, le déficit a été multiplié par près de neuf.
Les causes pointées par le maire
Cédric Bonato impute une partie de la dégradation aux décisions prises sous la précédente mandature. Il cite notamment le parking du pôle Constance, dont le coût total dépasse 1,2 million d’euros. Des travaux récents sur cet équipement se sont élevés à 375 900 euros HT, subventionnés au tiers par le conseil départemental du Gard, comme le confirmait Midi Libre en mars 2026.
Autre facteur identifié : la hausse des effectifs communaux. Selon Objectif Gard, la commune comptait 160 agents en 2014 - année où Bonato quittait son premier mandat - contre 210 en 2026. Cette progression de 31 % alourdit les charges de personnel de façon structurelle.
Le maire a également annoncé qu’aucun poste de directeur de cabinet ne serait créé, et qu’il n’y aurait pas de frais de représentation, des économies symboliquement importantes dans le contexte actuel.
Les mesures du plan de rigueur
Le plan présenté par Bonato repose sur trois axes principaux, tous confirmés par Objectif Gard :
- Une baisse de 4 % des indemnités des élus, applicable dès maintenant.
- Le non-remplacement systématique des départs en retraite ou autres sorties de poste.
- Une réduction du parc de véhicules communaux, présentée comme susceptible de générer 300 000 euros d’économies annuelles.
Aucune hausse de fiscalité locale n’est prévue. Bonato s’y est engagé explicitement dans sa communication du 30 avril. Le budget voté ce jour sera un budget de transition, dans l’attente d’un plan de redressement plus structuré.
Sur des sujets de gestion de crise institutionnelle locale, le recours à la communication directe avant un conseil municipal reste une pratique peu courante dans les communes de cette taille.
Contexte dans le Gard
Aigues-Mortes compte 8 685 habitants selon les données INSEE 2021. La commune est une destination touristique majeure du Gard, connue pour ses remparts médiévaux. Cette économie touristique génère des recettes mais implique aussi des charges de fonctionnement saisonnières élevées.
Cédric Bonato a été réélu maire en mars 2026 avec 50,16 % des voix face à Noémie Albecq-Mégias, selon Le Réveil du Midi. Midi Libre rappelle qu’il avait exercé ce mandat une première fois de 2008 à 2014, avant douze ans d’absence de la vie municipale locale. Ce retour dans un contexte financier aussi dégradé représente un défi immédiat pour une équipe municipale qui vient à peine de s’installer.
La situation d’Aigues-Mortes n’est pas isolée dans le département. Plusieurs petites et moyennes communes gardoises font face à des tensions budgétaires liées à la hausse des charges de personnel et à la baisse de certaines dotations d’État. Les restrictions imposées par le Trésor public sur les nouveaux emprunts constituent un signal fort sur l’état réel des comptes.
La baisse des effectifs scolaires observée ces dernières années à Aigues-Mortes - mentionnée dans les documents officiels de la commune - pourrait, selon ces mêmes documents, avoir un effet sur les charges communales à moyen terme, sans que les montants exacts n’aient été précisés à ce stade.
Pour les communes qui font face à des défis de gestion comparables, comme certaines villes touristiques qui repensent leurs dépenses d’aménagement, l’équation entre attractivité et soutenabilité financière se pose avec la même acuité.
Un maire qui revient douze ans plus tard sur un terrain miné
La trajectoire de Bonato est singulière. Parti en 2014, il retrouve le fauteuil de maire en mars 2026 - il se décrit lui-même comme « le phénix », selon Midi Libre - mais dans une commune dont les comptes se sont fortement dégradés entre-temps. La lecture politique de cette communication anticipée est claire : dissocier sa responsabilité de la crise actuelle, tout en affichant une posture de transparence et de rigueur.
Le plan annoncé le 30 avril ne comporte pas encore de calendrier précis ni d’objectif chiffré de retour à l’équilibre. Les orientations budgétaires formelles seront détaillées lors des prochains conseils municipaux. La question du million d’euros de factures impayées, dont le traitement reste à préciser, sera un indicateur clé des mois à venir.
Le conseil municipal du 30 avril doit voter le budget de transition. Les prochaines séances permettront de mesurer si les économies annoncées - 300 000 euros sur le parc auto, réduction des indemnités - suffisent à stabiliser une trésorerie dont le niveau actuel couvre à peine un mois de masse salariale.
Sources
- Objectif Gard : AIGUES-MORTES « Au bord de la faillite », le maire détaille l'état des finances
- Objectif Gard / X : Tweet Objectif Gard — plan de rigueur Aigues-Mortes
- Le Réveil du Midi : Municipales à Aigues-Mortes : Cédric Bonato élu maire de la commune
- Midi Libre : 28 stationnements au nouveau parking Constance