Le Maroc déploie ses véhicules de police intelligents à Rabat
La DGSN lance Amane et Madar, patrouilles équipées d'IA et reconnaissance faciale, développées par des ingénieurs marocains
Début juillet 2026, la Direction générale de la sûreté nationale marocaine a mis en service à Rabat deux types de véhicules de patrouille intelligents, Amane et Madar. Équipés de caméras 360°, reconnaissance faciale et lecture automatique de plaques, ils marquent une étape dans la modernisation technologique des forces de sécurité du royaume.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- La DGSN a déployé début juillet 2026 les véhicules intelligents Amane et Madar à Rabat
- Les dispositifs intègrent caméras 360°, reconnaissance faciale et lecture automatique de plaques en temps réel
- Le projet est 100% marocain, développé en interne par les équipes techniques de la DGSN
- Extension prévue à Casablanca, Tanger puis l'ensemble des grandes villes du royaume
- Amane dispose d'un drone intégré pour étendre le champ de surveillance
La Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) du Maroc a lancé début juillet 2026 le déploiement opérationnel de ses véhicules de patrouille intelligents à Rabat. Baptisés « Amane » et « Madar », ces dispositifs intègrent l’intelligence artificielle pour renforcer la surveillance de l’espace public et la gestion de la sécurité urbaine.
Deux types de véhicules, une technologie 100% marocaine
Amane est un véhicule dédié à la surveillance, conçu spécifiquement pour les missions de patrouille. Madar, lui, transforme des unités automobiles ordinaires en plateformes mobiles de haute technologie, selon L’Opinion. Les deux systèmes sont le fruit d’une ingénierie 100% marocaine développée en interne par les équipes techniques de la DGSN, comme l’a rapporté Le360.
Ces véhicules sont équipés de caméras 360°, de systèmes de lecture automatique de plaques d’immatriculation et de reconnaissance faciale en temps réel, selon Le Matin. Les données collectées sont transmises instantanément aux salles de commandement via un écran intégré à l’habitacle, permettant une coordination immédiate des interventions.
Capacités opérationnelles étendues
L’intelligence artificielle embarquée permet le suivi simultané de véhicules rapides sur plusieurs voies, une fonction particulièrement utile pour les contrôles routiers et la lutte contre la délinquance mobile. Le système de géolocalisation basé sur l’IA offre aux patrouilles une cartographie en temps réel des zones à risque et des incidents signalés.
Amane dispose par ailleurs d’un drone intégré, selon Médias24, qui peut être déployé pour étendre le champ de surveillance lors d’interventions complexes ou de recherches de suspects. Cette capacité aérienne complémentaire représente une première pour les forces de sécurité marocaines en milieu urbain.
Déploiement progressif dans les grandes villes
Après Rabat, les véhicules ont été mis en service à Casablanca et sont prévus à Tanger, avant une généralisation nationale, selon Le Matin. L’extension progressive touchera l’ensemble des grandes villes et préfectures de sécurité du royaume dans les mois à venir, selon la stratégie de déploiement annoncée par la DGSN.
Le projet avait été initialement présenté au public lors des Journées portes ouvertes de la DGSN en mai 2026. Ce déploiement s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des moyens de sécurité intérieure, entamée depuis plusieurs années par les autorités marocaines.
Contexte au Maroc : une police en pleine mutation technologique
Le Maroc investit depuis plusieurs années dans la transformation numérique de ses services de sécurité. Le royaume compte environ 39 millions d’habitants, avec une forte concentration urbaine dans l’axe Casablanca-Rabat-Tanger, où se déploient en priorité ces nouveaux équipements.
Cette modernisation technologique s’accompagne d’une réorganisation des moyens humains et matériels de la DGSN, qui coordonne les services de police sur l’ensemble du territoire national. Les grandes métropoles marocaines font face à des défis de sécurité publique et de gestion du trafic routier similaires à ceux des villes européennes de taille comparable.
Vu de France : un modèle comparable aux expérimentations européennes
Pour le lectorat français, ce déploiement rappelle les expérimentations menées dans plusieurs villes françaises avec des dispositifs de vidéosurveillance intelligente et de lecture automatique de plaques. La différence notable réside dans l’intégration complète de ces technologies dans des véhicules mobiles, là où la France privilégie encore majoritairement des installations fixes.
La dimension de reconnaissance faciale soulève des questions similaires à celles débattues en Europe sur la protection des données personnelles et l’encadrement juridique de ces technologies. Le cadre légal marocain diffère toutefois du règlement général sur la protection des données (RGPD) européen.
Les prochaines étapes du déploiement à Tanger et dans les autres préfectures permettront d’évaluer l’efficacité opérationnelle de ces dispositifs à plus grande échelle. La DGSN n’a pas encore communiqué de calendrier précis pour la généralisation nationale.