Maroc : les prix des carburants repartent à la hausse dès ce 16 juillet

Après trois baisses consécutives, le gasoil augmente de 65 à 70 centimes et l'essence de 38 à 39 centimes, dans un contexte de tensions géopolitiques.

Maroc : les prix des carburants repartent à la hausse dès ce 16 juillet
Illustration Yasmine Alaoui / info.fr
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Les automobilistes marocains subissent un revirement brutal à la pompe ce jeudi. Après trois mois de répit, les prix du gasoil grimpent de 65 à 70 centimes par litre, l'essence de 38 à 39 centimes. Cette révision porte le gasoil autour de 13,30 DH et l'essence à 14,24 DH, sur fond de tensions américano-iraniennes.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Le gasoil augmente de 65 à 70 centimes par litre, l'essence de 38 à 39 centimes dès le 16 juillet 2026.
  • Cette hausse met fin à trois baisses successives des prix depuis avril.
  • Le litre de gasoil atteint environ 13,30 dirhams, l'essence 14,24 dirhams.
  • L'inflation au Maroc s'établit à 1,1 % au deuxième trimestre 2026, dont 0,8 point lié à l'énergie.
  • Les tensions américano-iraniennes ont fait grimper le baril au-delà de 85 dollars.
5 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 16 juillet à 20:06

Les stations-service marocaines affichent dès ce jeudi 16 juillet des tarifs en nette progression. Selon Medias24, le gasoil augmente de 65 à 70 centimes par litre, l’essence super de 38 à 39 centimes. Cette hausse met fin à une série de trois baisses successives qui avait soulagé les ménages et les transporteurs depuis avril, rapporte Le Matin.

Le litre de gasoil s’établit désormais autour de 13,30 dirhams, celui de l’essence autour de 14,24 dirhams, selon les estimations de Lebrief.ma. Pour un plein de 50 litres, la facture grimpe de 32 à 35 dirhams pour le gasoil, de 19 à 20 dirhams pour l’essence.

Les tensions géopolitiques pèsent sur les cours du brut

Cette révision tarifaire intervient dans un contexte international instable. Hespress FR évoque les fluctuations des cours du pétrole liées aux tensions entre les États-Unis et l’Iran. Les menaces sur le détroit d’Ormuz et les sanctions commerciales ont fait bondir le baril de Brent autour de 85 dollars ces dernières semaines, contre 89 dollars fin juin.

Le Maroc, qui importe l’intégralité de ses besoins en hydrocarbures, subit directement ces variations. Les ajustements mensuels reflètent les cours mondiaux avec un décalage de quelques semaines, expliquant le retournement après trois mois de détente.

Une inflation portée par l’énergie

Le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a publié ses chiffres du deuxième trimestre 2026 : l’inflation s’établit à 1,1 % sur le deuxième trimestre, selon L’Economiste. La composante énergétique contribue à elle seule pour 0,8 point à cet indice, soit les trois quarts de la hausse générale des prix.

Les carburants pèsent lourd dans le budget des ménages marocains, notamment en zone rurale où les distances sont importantes et les transports en commun rares. Les professionnels du transport routier, déjà fragilisés par la concurrence, redoutent une nouvelle compression de leurs marges.

Contexte au Maroc

Le royaume chérifien compte 38,7 millions d’habitants et importe plus de 90 % de son énergie, ce qui le rend particulièrement vulnérable aux chocs pétroliers. La consommation de carburants y progresse de 3 à 4 % par an, tirée par l’augmentation du parc automobile et le développement du fret routier.

Le gouvernement a supprimé en 2015 la compensation sur l’essence et en 2015 celle sur le gasoil, exposant directement les consommateurs aux variations internationales. Cette libéralisation visait à réduire le déficit budgétaire, mais elle amplifie l’impact des hausses sur le pouvoir d’achat.

Pour les observateurs français, ce mécanisme d’indexation automatique rappelle les débats hexagonaux sur la fiscalité des carburants. Le Maroc constitue un partenaire économique majeur de la France, avec plus de 950 entreprises françaises implantées et un volume d’échanges bilatéraux de 14,8 milliards d’euros annuels.

Prochaines révisions attendues mi-août

Les prix à la pompe sont révisés chaque mois au Maroc, généralement autour du 15. La prochaine échéance interviendra donc vers la mi-août. Les opérateurs surveillent l’évolution des tensions au Proche-Orient et les décisions de l’OPEP+, qui pourraient annoncer un ajustement de production lors de sa réunion prévue fin juillet.

Les syndicats de transporteurs ont d’ores et déjà annoncé qu’ils demanderaient une révision des tarifs de fret si la tendance haussière se confirmait sur deux mois consécutifs.

Yasmine
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Sources

Yasmine Alaoui

Yasmine Alaoui

Yasmine Alaoui est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondante à Rabat. basée sur place, Elle couvre l'actualité de le Maroc pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Elle pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,…

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