Marsac-sur-l’Isle : les agriculteurs face aux sécheresses à répétition

Une rencontre locale en Dordogne pour faire face aux aléas climatiques et réclamer des aides régionales adaptées.

Marsac-sur-l'Isle : les agriculteurs face aux sécheresses à répétition
Illustration Aurélie Lacoste / info.fr

Le 16 avril, des agriculteurs de Marsac-sur-l'Isle se sont réunis pour faire le point sur les impacts des sécheresses récurrentes sur leurs récoltes. Après une année 2025 classée catastrophe naturelle et des inondations hivernales en 2026, la profession demande des dispositifs d'aide ajustés au changement climatique.

La Dordogne n’en finit plus d’encaisser les extrêmes. En 2025, la sécheresse a été reconnue catastrophe naturelle sur l’ensemble de l’année, du 1er janvier au 31 décembre, selon la Caisse Centrale de Réassurance. L’indice d’humidité des sols a atteint un niveau record à la baisse le 18 août. Quelques mois plus tard, en février 2026, des pluies équivalentes à deux mois de précipitations en une semaine ont ravagé des cultures de légumes et céréales d’hiver dans le département, forçant la chambre d’agriculture à activer sa cellule de crise, selon Dordogne Libre.

Une agriculture structurellement dépendante de l’eau

L’enjeu est d’autant plus lourd que l’irrigation est centrale pour une grande partie du secteur. Selon France 3 Régions, un agriculteur sur deux en Dordogne irrigue ses cultures, pour un volume annuel de 30 millions de m³ d’eau. Lors des épisodes de sécheresse, comme en 2025, les prélèvements étaient soumis à des restrictions strictes : interdiction de prélever deux jours par semaine en alerte simple, soit une réduction de 30 % du volume, et 3,5 jours en alerte renforcée, soit 50 % de réduction, avec interdiction totale en situation de crise, rappelle la préfecture de la Dordogne.

Ces contraintes, cumulées aux pertes liées aux inondations hivernales, pèsent sur les trésoreries. Des exploitants maraîchers ont chiffré leurs pertes à plusieurs dizaines de milliers d’euros sur une seule saison.

Des aides régionales en cours de déploiement

Publicité

La Région Nouvelle-Aquitaine a répondu à l’urgence hivernale par un fonds de soutien exceptionnel pour les intempéries de l’hiver 2026, ciblant notamment les petites exploitations maraîchères de 0,5 à 3 hectares, via des ajustements du Plan de Compétitivité et d’Adaptation des Exploitations Agricoles (PCAE), selon Alliance Élevage. Pour la transition à plus long terme, la Région lance également en 2026 un appel à projets doté d’un forfait de 18 000 € par exploitation pour adapter les pratiques aux aléas hydriques, ainsi que la Mesure Agro-Environnementale et Climatique (MAEC) Autonomie protéique.

À Marsac-sur-l’Isle, la rencontre du 16 avril s’est notamment articulée autour de ces dispositifs et de la manière d’y accéder. Les participants ont appelé à des aides régionales mieux calibrées face à un climat qui alterne désormais rapidement entre excès d’eau et assèchement des sols.

Historiquement, la Dordogne a déjà traversé des crises comparables : 1976 reste dans les mémoires comme une année noire pour l’élevage et les céréales, et 2011 avait enregistré un déficit pluviométrique supérieur à 25 %, rappellent Les Échos. Mais la fréquence et la brutalité des bascules climatiques observées depuis 2022 constituent un défi nouveau pour le modèle agricole local.

Prochaine étape : les exploitants concernés peuvent déposer des demandes d’aides PCAE ajustées pour zones sinistrées auprès de la Région Nouvelle-Aquitaine. Les délais de dépôt n’ont pas encore été précisés publiquement à ce stade.

Sources

Aurélie Lacoste

Aurélie Lacoste

Basée à Périgueux, elle traite le tourisme en Dordogne, les tensions autour des résidences secondaires, la truffe et les fermetures de classes rurales. Diplômée de l'IJBA Bordeaux, elle a travaillé en radio avant de rejoindre la rédaction web. Ligne éditoriale : interroger les professionnels du tourisme, les enseignants, les élus, croiser les données de fréquentation avant de conclure.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie