Marseille : l’influenceur Ewan Ange témoigne après son agression homophobe au McDo du Prado

Le chanteur marseillais de 22 ans a déposé plainte le 4 juin 2026 le parquet a ouvert une enquête, aucune arrestation à ce jour.

Marseille : l'influenceur Ewan Ange témoigne après son agression homophobe au McDo du Prado
Illustration Alexandre Santini / info.fr

Reconnu par un groupe de jeunes dans un McDonald's du 8e arrondissement de Marseille, Ewan Ange a subi des insultes homophobes, des coups et des menaces le 4 juin 2026. L'influenceur a filmé une partie des faits et déposé plainte dans la foulée. Son témoignage vidéo a été diffusé sur BFM Marseille Provence le 8 juin.

L’essentiel

  • Agression : Ewan Ange, 22 ans, frappé à coups de poing, coudes et pieds le 4 juin 2026 vers 12h30 dans le McDonald’s de l’avenue du Prado (8e arrondissement de Marseille).
  • Plainte déposée : le même après-midi, pour violences en réunion et violences en raison de l’orientation sexuelle ; enquête ouverte par le parquet de Marseille.
  • Deuxième agression : première signalée le 18 janvier 2025 dans un bus RTM - l’agresseur avait été condamné à 10 mois ferme.
  • Audience : ~187 000 abonnés Instagram/TikTok ; témoignage vidéo relayé par BFM Marseille Provence le 8 juin 2026.
  • Contexte national : 4 900 infractions anti-LGBT enregistrées en France en 2025 selon le ministère de l’Intérieur ; 1 771 cas recensés par SOS Homophobie la même année.

Ce qui s’est passé au McDo du Prado

Le jeudi 4 juin 2026, peu après 12h30, Ewan Ange entre dans le McDonald’s de l’avenue du Prado, dans le 8e arrondissement de Marseille. Un groupe de jeunes le reconnaît via les réseaux sociaux. Selon son témoignage, rapporté par Le Parisien et France 3 Régions, les insultes homophobes fusent rapidement, accompagnées de menaces directes : « je vais te planter ».

La situation dégénère. Il reçoit des coups de poing, des coudes et des pieds. Il ressort du restaurant avec des ecchymoses au visage et au cuir chevelu ; les médecins évoquent une possible fissure nasale. Il a lui-même filmé une partie de la scène.

Dans l’après-midi du même jour, il se rend au commissariat et dépose plainte pour violences en réunion et violences en raison de l’orientation sexuelle. Le parquet de Marseille a confirmé l’ouverture d’une enquête, selon Le Parisien qui a consulté la plainte. À ce stade, aucune interpellation n’a été rapportée.

Le témoignage vidéo du 8 juin

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Quatre jours après les faits, Ewan Ange s’exprime face caméra. Son témoignage est diffusé le 8 juin 2026 dans l’émission Bonsoir Marseille sur BFM Marseille Provence. Il décrit l’enchaînement des faits et le sentiment d’insécurité persistant. Selon France 3 Régions, il déclare : « On peut se faire tuer dans un McDo. »

La vidéo circule largement sur les réseaux. Ewan Ange compte environ 187 000 abonnés sur Instagram et TikTok. Connu à Marseille pour ses performances musicales dans le métro et les rues de la ville, il utilise cette audience pour rendre l’affaire publique. L’association Stop Homophobie l’accompagne dans ses démarches et suivra les suites judiciaires, selon une publication Instagram de l’association.

Un récidive en six mois

Ce n’est pas la première fois qu’Ewan Ange est visé. Le 18 janvier 2025, il avait déjà subi une agression homophobe dans un bus RTM à Marseille. Cette affaire avait abouti : l’agresseur avait été interpellé et condamné à 10 mois d’emprisonnement ferme, selon Le Parisien et France 3 Régions.

Le rapprochement entre les deux épisodes - à dix-sept mois d’intervalle, dans deux espaces publics différents - alimente les inquiétudes sur la récurrence des violences LGBTphobes à Marseille. Dans un autre contexte de mobilisation citoyenne à Marseille, la question de la réponse judiciaire aux violences en milieu urbain revient régulièrement dans le débat local.

Contexte dans les Bouches-du-Rhône

Aucune statistique spécifique aux Bouches-du-Rhône sur les infractions anti-LGBT n’a été identifiée dans les sources disponibles. À l’échelle nationale, les chiffres sont en hausse. En 2025, le ministère de l’Intérieur a enregistré environ 4 900 infractions à caractère homophobe ou transphobe, dont environ 3 200 crimes et délits. SOS Homophobie a de son côté recensé 1 771 cas sur la même période, en hausse par rapport à 2024.

La tendance de fond est documentée sur plusieurs années : selon France 3 Régions, les crimes et délits anti-LGBT enregistrés par la police et la gendarmerie ont été multipliés par trois depuis 2016, dépassant 3 000 en 2024.

Marseille, deuxième ville de France avec 870 000 habitants, concentre une part significative des faits divers signalés dans la région. Les violences en espace public font régulièrement l’objet de couvertures locales, qu’il s’agisse de criminalité de droit commun ou d’actes à caractère discriminatoire. La capacité des parquets à traiter ces dossiers dans des délais raisonnables est régulièrement questionnée par les associations.

Dans ce cas précis, le précédent de janvier 2025 - interpellation et condamnation - montre qu’une issue judiciaire est possible. Mais la récidive de la victimisation, dans un intervalle court, illustre aussi les limites de la dissuasion.

Enquête ouverte, auteurs non identifiés

À la date de publication de cet article, aucun suspect n’a été interpellé dans le cadre de l’agression du 4 juin 2026. Le parquet de Marseille a confirmé l’ouverture d’une enquête. La vidéo filmée par Ewan Ange lors des faits constitue une pièce à conviction potentielle pour les enquêteurs.

Stop Homophobie, qui accompagne la victime, a indiqué qu’elle suivra les suites judiciaires. Les investigations sont en cours. La mobilisation autour des violences à caractère discriminatoire tend à s’organiser rapidement sur les réseaux sociaux, ce qui peut aussi accélérer l’identification des auteurs par le biais de signalements.

Le parquet n’a pas précisé de délai pour les premières auditions ni communiqué sur d’éventuels éléments d’identification issus des images de vidéosurveillance du restaurant.

Sources

Alexandre Santini

Alexandre Santini

Alexandre est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Bouches-du-Rhône (13), avec Marseille pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port français et métropole AMP (1,9M habitants). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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