Marseille : 300 personnes dans la rue pour ‘ne pas laisser la rue aux fascistes’
Le 9 mai 2026, l'Assemblée antifasciste a mobilisé environ 300 manifestants entre les Réformés et Castellane, en écho à l'interdiction d'une marche néofasciste à Paris.
Environ 300 personnes ont défilé à Marseille le 9 mai 2026 à l'appel de l'Assemblée antifasciste. Le cortège, parti à 17h30 des Réformés, s'est inscrit dans une journée nationale de huit rassemblements similaires, sur fond d'interdiction judiciaire d'une marche d'ultradroite à Paris.
Environ 300 personnes ont défilé à Marseille le 9 mai 2026 à l’appel de l’Assemblée antifasciste. Le cortège, parti à 17h30 des Réformés, s’est inscrit dans une journée nationale de huit rassemblements similaires, sur fond d’interdiction judiciaire d’une marche d’ultradroite à Paris.
L’essentiel
- Mobilisation : Environ 300 personnes ont participé à la manifestation antifasciste à Marseille le 9 mai 2026, selon La Provence.
- Trajet : Le défilé a relié les quartiers des Réformés à Castellane, avec un départ à 17h30.
- Contexte national : La marche du Comité du 9 mai à Paris a été interdite le 8 mai 2026 par le tribunal administratif, pour risques de troubles à l’ordre public et saluts nazis observés en 2025.
- Dimension nationale : Marseille était l’une des huit villes françaises concernées ce jour-là, dont Paris, Lyon et Nice.
- Résultat électoral local : Le RN avait obtenu 40,30 % des voix aux municipales marseillaises de mars 2026, remportant deux secteurs.
Un cortège des Réformés à Castellane
Le départ a eu lieu à 17h30, place des Réformés, dans le 1er arrondissement. Le cortège a traversé la ville jusqu’au quartier de Castellane, dans le 13e. Selon La Provence, des représentants de La France insoumise et de l’Union étudiante figuraient parmi les participants. L’Assemblée antifasciste, organisatrice, n’a pas communiqué de bilan officiel distinct de celui de la presse régionale.
L’interdiction parisienne comme déclencheur
Le 8 mai 2026, le tribunal administratif de Paris a confirmé l’interdiction de la marche du Comité du 9 mai. Ce groupuscule d’ultradroite, créé en 1994 en hommage à Sébastien Deyzieu, militant nationaliste décédé lors d’affrontements la même année, souhaitait défiler dans la capitale. La justice a justifié l’interdiction par des risques de troubles à l’ordre public et par des saluts nazis constatés lors de l’édition 2025, selon Le Monde et Le Parisien. La contre-manifestation antifasciste parisienne avait elle aussi été interdite.
À Marseille, aucune interdiction préfectorale n’a été signalée. Le rassemblement s’est tenu sans incident majeur rapporté.
La montée du RN local en arrière-plan
L’Assemblée antifasciste a explicitement lié sa mobilisation à la dynamique électorale locale. Aux municipales de mars 2026, le Rassemblement national a recueilli 40,30 % des suffrages à Marseille, s’emparant de deux secteurs. Benoît Payan (gauche) a conservé la mairie avec 54,34 %, mais le score du RN marque une progression notable dans la ville, selon La Provence et les données Wikipedia sur les élections municipales marseillaises 2026.
Ce contexte électoral a alimenté la rhétorique du cortège, dont le mot d’ordre principal était « ne pas laisser la rue aux fascistes ». Sur des tensions politiques comparables ailleurs en France, la mairie RN de Vierzon a annulé la commémoration de l’esclavage le même week-end, suscitant une vive réaction de l’opposition.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Marseille concentre à elle seule la quasi-totalité du poids politique du département sur ce type de mobilisation. Pour les municipales 2026, le corps électoral marseillais comptait 555 210 inscrits, soit une hausse de 9 % par rapport à 2020 - près de 50 000 nouveaux électeurs - , selon l’INSEE. Cette progression a alimenté plusieurs controverses sur l’inscription de nouveaux électeurs, relevées notamment par Le Parisien.
La ville avait déjà connu une mobilisation plus large le 14 mars 2026 : environ 3 000 personnes avaient participé à une marche contre le racisme, selon La Provence. Le rassemblement du 9 mai, plus ciblé dans son message, a réuni une participation nettement inférieure. Des mobilisations similaires ont eu lieu dans d’autres grandes villes le même jour : à Paris, 500 manifestants pro-Palestine ont été dispersés à la Sorbonne, illustrant une journée d’agitation politique sur plusieurs fronts.
Huit villes mobilisées en France
La manifestation marseillaise s’inscrit dans un mouvement coordonné au niveau national. Huit rassemblements antifascistes ont eu lieu en France le 9 mai 2026, dont à Paris, Lyon et Nice, selon La Provence. Le choix de cette date - anniversaire de la mort de Sébastien Deyzieu et journée commémorative de la victoire de 1945 - n’est pas anodin pour les deux camps. Le 8 mai a également été marqué par des tensions dans d’autres communes : à Waziers, le maire a été agressé lors des commémorations du 8-Mai.
Les organisateurs marseillais n’ont pas annoncé de prochaine mobilisation à ce stade.
Sources
- La Provence : À Marseille, des centaines de personnes mobilisées pour 'ne pas laisser la rue aux fascistes'
- Le Monde : La justice valide l'interdiction à Paris de la manifestation néofasciste du Comité du 9 mai
- Le Parisien : Comité du 9-Mai : le Conseil d'État confirme l'interdiction de la manifestation néofasciste
- INSEE : Statistiques électorales Marseille 2026