Marseille : le parquet fait appel pour la détention du policier suspecté d’avoir gravement blessé Angelina

Laurent A., 47 ans, ancien de la BAC Nord, avait été placé sous contrôle judiciaire le 23 avril après sa mise en examen pour violences aggravées.

Marseille : le parquet fait appel pour la détention du policier suspecté d'avoir gravement blessé Angelina
Illustration Alexandre Santini / info.fr

Le parquet de Marseille a fait appel le 27 avril 2026 de la remise en liberté sous contrôle judiciaire de Laurent A., policier mis en examen pour avoir fracassé le crâne d'Angelina lors des manifestations des Gilets Jaunes en décembre 2018. Une audience sur sa détention provisoire doit se tenir dans les prochains jours. L'affaire mobilise la justice marseillaise depuis huit ans.

Le parquet de Marseille a fait appel le 27 avril 2026 de la décision du juge des libertés et de la détention (JLD) de placer Laurent A. sous contrôle judiciaire. Ce policier de 47 ans, mis en examen quatre jours plus tôt, est soupçonné d’avoir fracturé le crâne d’Angelina, alors âgée de 19 ans, lors du « samedi noir » des Gilets Jaunes à Marseille, le 8 décembre 2018. Le parquet avait requis la détention provisoire. Le JLD avait opté pour un contrôle judiciaire assorti d’interdictions d’exercer sur la voie publique et de contacter la victime ou les co-mis en examen.

L’essentiel

  • 27 avril 2026 : le parquet de Marseille fait appel de la remise en liberté sous contrôle judiciaire de Laurent A., selon La Provence et Marsactu.
  • 23 avril 2026 : Laurent A., 47 ans, ancien de la BAC Nord, mis en examen pour violences aggravées et non-assistance à personne en danger.
  • 8 décembre 2018 : Angelina, 19 ans, subit une fracture crânienne, une hémorragie cérébrale et des séquelles neurologiques permanentes lors d’une intervention rue de la Glace à Marseille.
  • 13 policiers mis en examen au total dans cette affaire entre l’automne 2025 et le printemps 2026, selon Wikipedia et Index NGO.
  • Juin 2023 : réouverture de l’enquête après des années de classement, sous la conduite de la juge d’instruction Karine Lebrun.

Le 8 décembre 2018, rue de la Glace

Ce samedi-là, Marseille concentre trois manifestations simultanées : contre l’habitat indigne après l’effondrement rue d’Aubagne, pour le climat, et des Gilets Jaunes. Environ 500 policiers sont mobilisés dans une ville traversée par des tensions, pillages et barricades. Angelina, vendeuse, rentre de son travail avec un ami. Elle n’est pas manifestante.

Selon les éléments confirmés par Franceinfo et Le Monde, elle est touchée par un tir de LBD à la cuisse, projetée au sol, puis frappée par plusieurs policiers en civil. Bilan : fracture crânienne, hémorragie cérébrale, une trentaine de points de suture, une incapacité totale de travail supérieure à huit jours, et des séquelles neurologiques permanentes. Les charges retenues contre Laurent A. incluent les violences aggravées - par personne dépositaire de l’autorité publique, avec armes, en réunion - ainsi que la non-assistance à personne en danger, a confirmé le parquet de Marseille.

Mise en examen le 23 avril, liberté contestée dès le 27

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Laurent A. est présenté devant le JLD le 23 avril 2026. Le parquet requiert la détention provisoire. Le magistrat choisit le contrôle judiciaire : interdiction d’exercer sur la voie publique, interdiction de contacter la victime ou les co-mis en examen. Quatre jours plus tard, le parquet fait appel.

Une audience doit se tenir dans les prochains jours suivant le 27 avril, selon Marsactu. L’issue déterminera si Laurent A. reste libre sous conditions ou rejoint la maison d’arrêt dans l’attente du jugement.

Un profil qui dépasse l’affaire Angelina

Laurent A. n’est pas seulement mis en cause pour les faits de 2018. Selon Mediapart, ce policier - alors à la BAC Nord, aujourd’hui affecté au renseignement territorial à Marseille - est également impliqué dans la mort par balle de Mehdi Bourogaa, 19 ans, le 14 février 2020 à Marseille. Cette affaire avait été classée sans suite à l’époque. Un autre policier, Cédric L., présent lors de cet événement, est aussi mis en examen dans le dossier Angelina, toujours selon Mediapart.

Huit ans de combat, une omerta brisée

L’enquête sur l’affaire Angelina a été rouverte en juin 2023 après des années d’enterrement, selon Wikipedia et Index NGO. Treize policiers ont été mis en examen au total entre l’automne 2025 et le printemps 2026, dont trois pour les violences directes. Les perquisitions et auditions ont révélé des mensonges rédigés sous pression hiérarchique et syndicale, selon Marsactu et Mediapart.

L’avocat d’Angelina, Brice Grazzini, a salué la mise en examen comme un « tournant » après huit ans de combat, soulignant le travail de la juge d’instruction Karine Lebrun pour briser cette omerta, selon La Provence.

Angelina, qui s’appelait Maria au moment des faits, a depuis changé de prénom. Elle reste marquée par des séquelles neurologiques permanentes.

Contexte dans les Bouches-du-Rhône

Les Bouches-du-Rhône constituent l’un des départements les plus peuplés de France, avec Marseille comme deuxième ville du pays. Les questions de maintien de l’ordre et de violences policières y sont récurrentes depuis plusieurs années. Dans ce département, les élus locaux ont mobilisé 200 M€ depuis 2023 sur des politiques de sécurité et de cohésion, selon une réunion de plus de cent maires organisée par la préfecture.

Sur le plan statistique, les violences physiques hors cadre familial ont augmenté de 5 % en 2025 dans les Bouches-du-Rhône par rapport à 2024, selon le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Cette donnée s’inscrit dans une hausse nationale des atteintes aux personnes, avec notamment +12 % pour les vols violents sans arme au niveau national en avril 2026, toujours selon le SSMSI.

L’affaire Angelina, instruite à Marseille, s’est imposée au fil des années comme un cas de référence dans le débat sur la responsabilité pénale des forces de l’ordre en France, couverte par Mediapart, Le Monde et La Provence. D’autres affaires judiciaires sensibles ont récemment mobilisé l’appareil judiciaire marseillais, dans un contexte où la justice locale gère une charge croissante de dossiers à forte résonance publique.

La suite du dossier

L’audience sur l’appel du parquet concernant la détention provisoire de Laurent A. doit se tenir dans les prochains jours. L’enquête globale se poursuit, avec treize mis en examen dont le sort judiciaire reste à déterminer au fond. La juge Karine Lebrun continue d’instruire un dossier qui, après huit ans, entre dans sa phase la plus active.

Sources

Alexandre Santini

Alexandre Santini

Alexandre est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Bouches-du-Rhône (13), avec Marseille pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port français et métropole AMP (1,9M habitants). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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