Marseille : polémique autour du partenariat entre la mairie RN des 11e/12e et l’association Éclats de Femmes
Le conseil de secteur des 11e et 12e arrondissements a approuvé le 23 juin une convention mettant gratuitement des locaux à disposition d'une association d'aide aux victimes, provoquant la colère de l'opposition.
Le conseil de secteur des 11e et 12e arrondissements de Marseille, dirigé par le maire RN Olivier Rioult, a voté le 23 juin 2026 un partenariat avec l'association Éclats de Femmes. La convention prévoit la mise à disposition gratuite de locaux municipaux pour des permanences. L'opposition locale dénonce un « parachutage » politique.
L’essentiel
- Fait 1 : Le conseil de secteur des 11e et 12e arrondissements de Marseille a approuvé une convention le 23 juin 2026.
- Fait 2 : La mairie met gratuitement des locaux à disposition de l’association Éclats de Femmes, sans contrepartie financière.
- Fait 3 : Éclats de Femmes est cofondée par Claire Geronimi, vice-présidente nationale de l’UDR, et liée au collectif Nemesis.
Un partenariat voté le 23 juin
Le conseil de secteur des 11e et 12e arrondissements de Marseille a approuvé le 23 juin 2026 une convention de partenariat avec l’association Éclats de Femmes. L’accord prévoit la mise à disposition gratuite de locaux municipaux pour que l’association y tienne des permanences d’accueil des victimes d’agressions sexuelles. Selon la délibération, cette mise à disposition ne donne lieu à aucune contrepartie financière de la part de l’association.
Le maire de secteur, Olivier Rioult (RN), a justifié ce choix sur X : « Nous assumons pleinement ce partenariat bénévole qui permet d’offrir un accompagnement concret aux victimes sans un euro d’argent public. » La mairie précise que les permanences débuteront dès le mois de juillet.
Une association controversée
Éclats de Femmes a été fondée par Claire Geronimi, elle-même victime d’un viol et vice-présidente nationale du parti Union des droites pour la République (UDR). L’association propose un accompagnement juridique, psychologique et administratif des victimes d’agressions sexuelles, « du dépôt de plainte jusqu’au procès », ainsi que des ateliers d’auto-défense et des actions de sensibilisation en milieu scolaire.
Mais la structure est aussi critiquée pour ses liens avec le collectif identitaire Nemesis et le projet Périclès, porté par l’homme d’affaires Pierre-Édouard Stérin. Ces connexions nourrissent les soupçons d’une instrumentalisation politique de l’aide aux victimes, selon plusieurs élus locaux.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Les 11e et 12e arrondissements de Marseille, qui forment un secteur électoral, sont dirigés par une majorité RN depuis les élections municipales de 2026. Olivier Rioult a succédé à Sylvain Souvestre (LR), ancien maire des 11-12. Ce basculement place la ville dans une configuration politique inédite : Marseille est en effet la plus grande commune de France dirigée, pour partie, par un parti d’extrême droite. Le département des Bouches-du-Rhône reste majoritairement à gauche dans ses autres secteurs, mais la progression du RN est régulière depuis 2022. Ce partenariat intervient dans un climat politique local tendu, marqué par les difficultés financières de l’Olympique de Marseille et l’incertitude autour de l’avenir de Pierre-Emerick Aubameyang, qui captent une partie de l’attention médiatique.
Réactions politiques
L’ancien maire LR du secteur, Sylvain Souvestre, a vivement réagi. Il dénonce « un parachutage politique et un contournement des règles de la commande publique ». Selon lui, la mise à disposition de locaux municipaux sans mise en concurrence est « irrégulière » et sert uniquement « la visibilité d’une association aux relais clairement identifiés ».
De son côté, Olivier Rioult balaie ces critiques : « Il n’y a aucun transfert de fonds. Nous mettons un local vide à disposition d’une association qui remplit une mission d’intérêt général. Ceux qui crient au scandale devraient expliquer pourquoi ils s’opposent à l’aide aux victimes. » La mairie assure que la convention respecte le droit des associations et qu’elle sera publiée en ligne.
Interrogée, la préfecture des Bouches-du-Rhône n’a pas encore commenté la légalité de la convention. La prochaine étape sera l’installation effective des permanences dans les locaux, prévue début juillet. L’opposition locale indique qu’elle saisira le tribunal administratif si la convention n’est pas cadrée par une délibération conforme au code de la commande publique.