Marseille : la préfecture intensifie les contrôles des épiceries de nuit
Sept verbalisations en un mois, plus de 500 commerces contrôlés l'arrêté de fermeture après 22h se durcit dans plusieurs arrondissements
La préfecture des Bouches-du-Rhône maintient la pression sur les épiceries de nuit marseillaises. Depuis mars 2025, les arrêtés de fermeture nocturne se succèdent - un septième renouvellement est attendu début juin 2026. Nuisances, contrebande, blanchiment les cibles sont précises.
La préfecture des Bouches-du-Rhône maintient la pression sur les épiceries de nuit marseillaises. Depuis mars 2025, les arrêtés de fermeture nocturne se succèdent - un septième renouvellement est attendu début juin 2026. Nuisances, contrebande, blanchiment : les cibles sont précises.
L’essentiel
- 7e renouvellement : l’arrêté de fermeture nocturne (22h-6h en semaine) des épiceries de nuit dans plusieurs secteurs de Marseille doit être reconduit début juin 2026.
- 500 commerces contrôlés : sur environ 1 000 épiceries recensées dans le centre-ville, la moitié a fait l’objet de contrôles depuis le premier arrêté de mars 2025 (selon Le Figaro).
- 7 verbalisations en un mois : en mars 2026, sept infractions constatées dans les 4e, 6e et 14e arrondissements ; plus de 10 avertissements adressés par la préfète de police déléguée Corinne Simon.
- ~47 % : proportion d’épiceries de nuit marseillaises vendant des cigarettes de contrebande, selon les fédérations professionnelles citées par La Provence.
- Fermeture administrative : l’épicerie « Alimentation Libération 13 » a été fermée de force pour 15 jours en mai 2025 après non-respect répété de l’arrêté.
Un arrêté reconduit six fois, bientôt sept
Le premier arrêté préfectoral date du 21 mars 2025. Initialement valable un mois pour le centre-ville (1er au 7e arrondissement), il a été prolongé, élargi et assoupli à plusieurs reprises. L’interdiction d’ouverture s’applique désormais de 22h à 6h en semaine dans des secteurs précis : centre-ville, Blancarde, 14e arrondissement notamment. Le week-end, des horaires assouplis s’appliquent.
Selon La Provence et Maritima, un sixième puis un septième renouvellement ont été engagés ou sont en cours de préparation pour début juin 2026. La préfète de police déléguée Corinne Simon porte le dispositif. Le préfet du département Jacques Witkowski, en poste depuis décembre 2025, l’a rejoint sur le terrain.
En mai 2026, le préfet Witkowski a accompagné les équipes du service de nuit de la police nationale lors d’un contrôle de terrain. Une présence inhabituellement visible pour un préfet de département sur ce type d’opération.
Ce que les contrôles ont trouvé
Les objectifs de l’arrêté sont multiples. La préfecture vise les nuisances sonores nocturnes, les rixes, les stationnements anarchiques et les plaintes de riverains. Mais aussi des infractions plus graves : vente de cigarettes de contrebande, de protoxyde d’azote, de stupéfiants ou d’alcool, risques d’extorsion, et soupçons de blanchiment d’argent avec collaboration de la police judiciaire, selon Maritima et Le Figaro.
Chiffre frappant : environ 47 % des épiceries de nuit marseillaises vendraient des cigarettes de contrebande, d’après des données de fédérations professionnelles relayées par La Provence. Ce taux illustre l’ampleur du marché parallèle visé.
En mars 2026, sept verbalisations ont été dressées en moins d’un mois : deux dans le 6e arrondissement, deux dans le 4e, trois dans le 14e. Plus de dix avertissements ont également été notifiés. Le mécanisme est strict : deux avertissements conduisent à une fermeture administrative d’un à trois mois selon les faits constatés, comme le précise Maritima.
Des fermetures qui font jurisprudence locale
Le cas de l’épicerie « Alimentation Libération 13 » est le plus documenté. Selon actu.fr, ce commerce a été fermé administrativement pour 15 jours en mai 2025 après avoir violé à plusieurs reprises l’arrêté préfectoral. Une fermeture « de force », présentée par la préfecture comme un signal fort aux autres contrevenants.
Des commerçants ont contesté les arrêtés devant le tribunal administratif de Marseille. En mars 2025, le tribunal a rejeté plusieurs référés-suspensions, notamment pour des secteurs du centre et de la rue Françoise Duparc-Sakakini, validant la motivation préfectorale fondée sur les troubles à l’ordre public et les plaintes des riverains.
Certains exploitants dénoncent un impact sur leur chiffre d’affaires. La préfecture n’a pas communiqué de bilan économique global pour les commerces concernés.
Des résultats mesurables selon la préfecture
La préfecture fait état d’une « nette diminution des troubles à l’ordre public » et d’une baisse des appels au 17 dans les secteurs visés, avec des retours positifs de riverains, notamment dans les 1er au 7e arrondissements et à la Blancarde. Ces données restent issues de la préfecture elle-même et n’ont pas été vérifiées de manière indépendante.
Sur environ 1 000 épiceries ou petits commerces de nuit recensés dans le centre-ville marseillais - chiffre issu du Figaro, non encore croisé - , environ 500 ont fait l’objet de contrôles depuis mars 2025. Le rythme s’est accéléré en 2026, avec une implication directe des cadres préfectoraux dans les opérations nocturnes. Pour des opérations similaires menées par les préfectures dans le sud-est, comme à Nice où le préfet Hottiaux a récemment fait le point sur le narcotrafic, l’enjeu sécuritaire dépasse le seul périmètre municipal.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Marseille concentre une densité commerciale nocturne sans équivalent dans le département. La ville est la deuxième commune de France par la population et présente des enjeux de sécurité nocturne récurrents dans ses arrondissements centraux et périphériques. Les tensions autour des épiceries de nuit ne sont pas nouvelles : plaintes pour bruit, regroupements, trafics annexes alimentent les doléances de riverains depuis plusieurs années.
La démarche préfectorale s’inscrit dans une politique nationale de lutte contre le commerce informel et les points de fixation de trafics. La lutte contre les trafics mobilise les préfectures dans plusieurs territoires. Le préfet Witkowski, nommé en décembre 2025, a fait de la visibilité sur le terrain un axe de son mandat marseillais.
Le tribunal administratif local ayant validé la base juridique des arrêtés, la préfecture dispose d’un levier solide pour maintenir le dispositif dans la durée. Des communes du département moins urbanisées ne sont pas concernées : la mesure reste strictement marseillaise pour l’heure. Par ailleurs, d’autres sujets de gestion territoriale dans la région, comme les fermetures ponctuelles de services préfectoraux dans le Var, rappellent que les préfectures du sud-est font face à des contraintes de terrain multiples.
Un septième arrêté attendu début juin
Le prochain renouvellement de l’arrêté est attendu début juin 2026. La préfecture n’a pas précisé si le périmètre géographique serait à nouveau élargi ou si de nouveaux arrondissements entreraient dans le dispositif.
Sources
- Le Figaro : Nuisances, blanchiment, trafics : à Marseille, la préfecture des Bouches-du-Rhône à l'assaut des épiceries de nuit
- La Provence : "47% vendent des cigarettes" : à Marseille, les épiceries de nuit toujours dans le viseur
- Maritima : "On va vers la fermeture" : l'alerte de la préfète de police contre les dérives des épiceries de nuit à Marseille
- actu.fr : Marseille. Cette épicerie de nuit fermée de force, la préfecture de police frappe fort