Martinique : 500 trigonocéphales congelés au cœur d’un projet d’étude du CNRS
Une collection de serpents venimeux découverte à Fonds-Saint-Denis suscite l'intérêt scientifique. Le MNHN demande une dérogation pour les étudier à Paris.
Un stock de 500 serpents trigonocéphales congelés a été révélé lors d'une consultation publique de la DEAL le 22 juin dernier. Anthony Herrel, chercheur au CNRS et au Muséum National d'Histoire Naturelle, souhaite étudier cette collection unique pour mieux connaître l'espèce endémique, classée en danger.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 500 serpents trigonocéphales congelés découverts à Fonds-Saint-Denis, révélés lors d'une consultation publique de la DEAL le 22 juin 2026.
- Anthony Herrel, chercheur au CNRS et au MNHN, a demandé une dérogation pour transporter et étudier ces spécimens à Paris.
- Le trigonocéphale est une espèce endémique de Martinique, strictement protégée et classée « En Danger » par l'UICN.
- La consultation publique organisée par la DEAL s'est clôturée le 7 juillet 2026, les résultats ne sont pas encore publics.
- L'association ASSAUPAMAR a soulevé des questions sur le manque de transparence concernant l'origine de cette collection.
Un stock de 500 serpents trigonocéphales congelés a été découvert dans un congélateur à Fonds-Saint-Denis. L’information a été rendue publique lors d’une consultation organisée par la DEAL de Martinique le 22 juin 2026. Cette collection, constituée de spécimens trouvés morts, attire désormais l’attention du Centre national de la recherche scientifique.
Une demande officielle du CNRS
Anthony Herrel, directeur de recherche au CNRS et au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, a officiellement demandé une dérogation pour transporter et étudier ces serpents. Selon la DEAL, l’objectif est d’acquérir des données sur le régime alimentaire et le statut reproducteur de l’espèce, deux aspects peu documentés jusqu’ici.
Le chercheur souhaite éviter tout prélèvement sur des animaux vivants. La collection congelée offre une opportunité rare d’étudier le trigonocéphale sans nuire à la population sauvage.
Une consultation publique close le 7 juillet
La DEAL a organisé une consultation publique sur la demande de dérogation du 22 juin au 7 juillet 2026. Les résultats de cette consultation ne sont pas encore rendus publics à ce jour. Le dossier doit permettre aux autorités d’évaluer la pertinence scientifique du projet et les garanties apportées pour le transport des spécimens vers Paris.
Des questions sur l’origine du stock
L’association ASSAUPAMAR, par la voix de sa présidente Rosalie Gaschet, a exprimé des préoccupations concernant le manque de transparence sur l’origine de cette collection. Comment ces 500 serpents ont-ils été rassemblés ? Dans quelles circonstances ? Ces interrogations restent sans réponse officielle pour l’instant.
Contexte dans la Martinique
Le trigonocéphale (Bothrops lanceolatus) est une espèce endémique de Martinique, strictement protégée et classée « En Danger » par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Ce serpent venimeux, unique au monde, ne se trouve nulle part ailleurs. Son venin présente des propriétés vasculaires et thrombotiques distinctes des autres vipères du genre Bothrops.
La Martinique compte environ 337 555 habitants. Le trigonocéphale fait partie intégrante du patrimoine naturel de l’île, mais demeure mal connu sur le plan scientifique. Les données sur son écologie et sa reproduction restent lacunaires.
Un enjeu de conservation
L’étude proposée par le CNRS pourrait apporter des informations cruciales pour la conservation de l’espèce. Comprendre le régime alimentaire du trigonocéphale permettrait d’identifier les proies dont il dépend et d’évaluer l’impact des modifications de son habitat. Les données sur la reproduction aideraient à estimer la viabilité des populations.
La décision de la DEAL sur la dérogation devrait être connue prochainement. Si elle est accordée, les 500 spécimens congelés rejoindront les collections du Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris pour y être analysés.
