Martinique : les pêcheurs du François et du Marin privés de glace après la faillite du prestataire de la CTM
Deux des sept machines à glace de la Collectivité Territoriale sont hors service depuis la liquidation de l'entreprise Caraïbes Froid, forçant les marins à parcourir des kilomètres pour conserver leurs captures.
La liquidation judiciaire de Caraïbes Froid, prestataire de maintenance de la CTM, a mis hors service deux machines à glace au François et au Marin. Les pêcheurs doivent désormais s'approvisionner dans les communes voisines, une logistique épuisante selon les professionnels.
L’essentiel
- Deux machines à glace sur sept de la CTM sont totalement hors d’usage au François et au Marin.
- L’entreprise Caraïbes Froid, chargée de la maintenance, a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Fort-de-France.
- Les pêcheurs se déplacent en covoiturage vers Le Robert, Le Vauclin ou Trinité pour s’approvisionner en glace.
- Les retours de pêche ont lieu entre 2h et 3h du matin, heure à laquelle aucune glace n’est disponible sur place.
Deux machines à l’arrêt, des pêcheurs contraints de s’adapter
Depuis plusieurs jours, les marins-pêcheurs des ports du François et du Marin sont confrontés à une panne de deux des sept machines à glace mises à disposition par la Collectivité Territoriale de Martinique (CTM). La raison ? La liquidation judiciaire de l’entreprise Caraïbes Froid, qui assurait la maintenance de ces équipements, prononcée par le Tribunal Mixte de Commerce de Fort-de-France.
Selon RCI, ce dysfonctionnement n’est pas nouveau mais la situation s’est aggravée avec la disparition du prestataire. Les pêcheurs, qui rentrent de mer entre 2h et 3h du matin, se retrouvent sans glace pour conserver leurs captures. Une organisation de secours a été mise en place : du covoiturage vers les communes voisines du Robert, du Vauclin ou de Trinité, où les machines fonctionnent encore.
Le témoignage d’un marin-pêcheur : « une charge mentale supplémentaire »
Jacques Amalir, patron de yole au François, a confié à RCI son exaspération. « On doit s’organiser entre nous pour aller chercher la glace ailleurs. Certains n’ont pas de véhicule adapté, donc on covoiture. Cela ajoute de la fatigue à un métier déjà éprouvant », explique-t-il. La charge mentale et financière est réelle : le transport de la glace sur plusieurs kilomètres représente un coût et du temps perdus, dans une filière où les marges sont souvent faibles.
Les pêcheurs dénoncent par ailleurs le caractère récurrent de ces pannes. Selon RCI, les équipements de la CTM connaissent régulièrement des défaillances, sans que des solutions pérennes soient apportées. La liquidation de Caraïbes Froid semble avoir été la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
Contexte dans le département
La Martinique compte plusieurs ports de pêche essentiels à l’économie locale. Le François et Le Marin figurent parmi les principaux sites d’activité halieutique de l’île. Les machines à glace sont un outil vital pour la conservation du poisson, surtout dans un climat tropical où le risque de détérioration est élevé. La panne de deux machines sur les sept de la CTM - les autres étant réparties sur d’autres ports - fragilise donc toute une profession. Cette situation s’ajoute à d’autres difficultés structurelles : vieillissement de la flotte, hausse du coût du carburant, concurrence des importations. Comme le souligne RCI, les pêcheurs attendent une réaction rapide de la CTM pour rétablir un service minimum sur ces deux ports.
Des précédents qui inquiètent
Ce n’est pas la première fois que des équipements collectifs tombent en panne faute de maintenance adaptée en Martinique. Les professionnels du secteur rappellent que l’approvisionnement en glace est un maillon sensible de la chaîne du froid. Un précédent similaire avait déjà été signalé il y a quelques années sur d’autres sites, sans que les solutions apportées ne soient durables. La liquidation de Caraïbes Froid - une TPE locale - illustre aussi la fragilité des prestataires spécialisés sur le territoire.
Dans d’autres régions, des collectivités font face à des défis comparables. Par exemple, dans le Nord, le conseil départemental doit gérer des dossiers budgétaires complexes, tandis qu’à Albi, l’abattage d’un arbre emblématique a provoqué la colère des habitants, montrant que les décisions locales ont souvent des répercussions durables sur le quotidien.
Une attente de solution rapide
En l’absence de nouveau prestataire de maintenance désigné par la CTM, les pêcheurs du François et du Marin continuent de s’organiser en autonomie. RCI précise que la Collectivité n’a pas communiqué de calendrier pour le remplacement des machines ou la relocation d’un contrat de maintenance. Les professionnels espèrent une intervention rapide avant la haute saison de pêche, qui débute traditionnellement en juillet.