AMEP Martinique : Fabrice Dunon prend la tête du nouveau bureau

L'association éducative fort-de-francienne installe une nouvelle gouvernance après la crise sociale de février 2026

AMEP Martinique : Fabrice Dunon prend la tête du nouveau bureau
Illustration Jean-Luc Sinapah / info.fr

L'Association Martiniquaise d'Éducation Populaire a présenté le 30 avril 2026 la composition de son nouveau bureau. Fabrice Dunon en prend la présidence. Ce changement intervient deux mois après une grève déclenchée par l'intersyndicale CGTM-UGTM.

L’Association Martiniquaise d’Éducation Populaire (AMEP), établissement privé sous contrat implanté à Fort-de-France, a dévoilé jeudi matin la composition de son nouveau bureau. Fabrice Dunon en assure la présidence. L’annonce clôt, au moins formellement, une période de turbulences ouvertes fin février.

L’essentiel

  • 30 avril 2026 : l’AMEP annonce la composition de son nouveau bureau à Fort-de-France, présidé par Fabrice Dunon.
  • 26 février 2026 : l’intersyndicale CGTM-UGTM avait déclenché une grève, dénonçant salaires bloqués et gestion opaque.
  • Fondée en 1970 : l’AMEP a été créée le 30 septembre dans le quartier Sainte-Thérèse, sous l’impulsion d’Aimé Césaire.
  • 25,6 % : part des jeunes de 15-29 ans en Martinique ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) entre 2015 et 2019, selon l’INSEE.
  • Objectif affiché : promouvoir l’éducation inclusive via une démarche de dialogue social, d’équité et de justice.

Une annonce attendue depuis la crise de février

Le 26 février 2026, l’intersyndicale CGTM-UGTM avait appelé à la grève au sein de l’AMEP. Les représentants du personnel dénonçaient une gestion jugée opaque, des salaires bloqués et des conditions de travail dégradées. Le mouvement avait mis en lumière des fragilités internes que la direction en place ne parvenait plus à contenir.

Deux mois plus tard, la mise en place d’un nouveau bureau constitue la réponse institutionnelle à cette crise. RCI Martinique a rapporté l’annonce dès le matin du 30 avril.

Fabrice Dunon : un discours de rassemblement

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Le nouveau président a pris soin de cadrer son mandat. Selon France Antilles Martinique, Fabrice Dunon a déclaré : « Le conflit est partiellement réglé. Nous nous inscrivons dans une démarche de dialogue social, d’équité et de justice. » Le terme « partiellement » indique que tous les points de friction ne sont pas encore soldés.

L’objectif revendiqué est de promouvoir l’éducation inclusive en Martinique. La composition complète du bureau a été présentée lors de cette annonce, sans que les noms des autres membres aient été précisés dans les sources disponibles à ce stade.

Un établissement aux fragilités documentées

L’AMEP n’en est pas à sa première zone de turbulence. En 2016, une plainte pour détournement de fonds avait été déposée contre l’ancien directeur par le président du conseil d’administration, selon La 1ère Martinique. L’association traverse par ailleurs des difficultés financières persistantes et une baisse du nombre d’élèves, selon France Antilles Martinique, qui menaçait selon les syndicats l’avenir même de la structure.

Ces éléments donnent du relief au changement de gouvernance annoncé jeudi. La nouvelle équipe hérite d’un dossier chargé.

Contexte dans la Martinique

L’AMEP a été fondée le 30 septembre 1970 dans le quartier Sainte-Thérèse à Fort-de-France, sous l’impulsion d’Aimé Césaire, alors maire de la ville. L’objectif initial : offrir une seconde chance aux jeunes en rupture scolaire. Cinquante-six ans plus tard, l’établissement propose des formations de la maternelle au supérieur post-bac, en tant qu’établissement privé sous contrat avec l’Éducation nationale.

Le contexte éducatif martiniquais justifie l’existence de telles structures. L’INSEE recensait entre 2015 et 2019 que 25,6 % des jeunes de 15 à 29 ans en Martinique étaient NEET - ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ce chiffre place l’île parmi les territoires français les plus touchés par le décrochage des jeunes.

Dans ce cadre, l’AMEP joue un rôle qui dépasse celui d’un simple établissement privé. La Ville de Fort-de-France la soutient depuis ses débuts. Pour les acteurs de l’éducation en Martinique, la stabilité de la gouvernance de l’association est un enjeu concret - comparable, dans d’autres territoires ultramarins, aux défis de recrutement et de fidélisation des personnels éducatifs, comme on a pu l’observer récemment en Guadeloupe avec la formation de nouveaux agents de l’État.

Ce qui reste à clarifier

Plusieurs questions demeurent sans réponse dans les sources disponibles : la composition détaillée du nouveau bureau au-delà de son président, les mesures concrètes prévues pour répondre aux revendications syndicales sur les salaires, et le calendrier de mise en œuvre du projet d’éducation inclusive. Les syndicats n’ont pas encore réagi publiquement à l’annonce du 30 avril.

La nouvelle gouvernance devra aussi s’attaquer aux difficultés financières signalées. Les modalités de redressement n’ont pas été détaillées lors de l’annonce.

La prochaine étape sera la mise en œuvre effective du programme de la nouvelle équipe, dans un établissement qui célébrera ses 56 ans d’existence à l’automne. Les syndicats auront alors à se prononcer sur les actes concrets.

Sources

Jean-Luc Sinapah

Jean-Luc Sinapah

Jean-Luc est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Martinique (972), avec Fort-de-France pour chef-lieu. Spécialité du département : AOC rhum agricole (1er rhum AOC monde) et heritage Cesaire. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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