Seine-Saint-Denis : la mobilisation monte contre 300 fermetures de classes à la rentrée 2026
Députés insoumis, élus départementaux, syndicats et parents font front commun contre les suppressions annoncées, dont 9 à Pantin.
En Seine-Saint-Denis, entre 284 et 300 classes du premier degré doivent fermer à la rentrée 2026, contre seulement 141 ouvertures prévues. Le 13 mai, élus insoumis, syndicats et parents d'élèves se sont réunis pour refuser ces suppressions. Pantin est particulièrement touchée avec 9 fermetures annoncées.
En Seine-Saint-Denis, entre 284 et 300 classes du premier degré doivent fermer à la rentrée 2026, contre seulement 141 ouvertures prévues. Le 13 mai, élus insoumis, syndicats et parents d’élèves se sont réunis pour refuser ces suppressions. Pantin est particulièrement touchée avec 9 fermetures annoncées.
L’essentiel
- 284 à 300 fermetures de classes prévues dans le premier degré en Seine-Saint-Denis pour la rentrée 2026, contre 141 ouvertures, selon Le Parisien.
- 9 fermetures à Pantin spécifiquement, selon l’élu Thomas Bardoux sur X.
- Mobilisation le 13 mai 2026 réunissant députés et élus insoumis du 93, organisations syndicales de l’éducation et parents d’élèves.
- 21 fermetures annulées après pression lors du comité de suivi et d’ajustement (CSA-SD), jugées insuffisantes par les syndicats selon le SNUipp-FSU 93.
- 6 200 € de financement moyen par élève en Seine-Saint-Denis, soit 30 % de moins que la moyenne nationale, selon la FCPE 93.
Ce qui s’est passé le 13 mai
Mercredi soir, des députés et élus de La France insoumise du département se sont joints aux représentants syndicaux de l’éducation et aux associations de parents d’élèves. L’objet : refuser en bloc les suppressions de classes annoncées pour la rentrée prochaine.
Thomas Bardoux, élu insoumis du 93, a confirmé la participation à cette réunion sur X. Il cite explicitement les 9 fermetures prévues à Pantin parmi les cas soulevés lors de la mobilisation.
Des chiffres contestés par les acteurs locaux
Les annonces ont été faites lors du conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN) du 7 avril 2026. Selon Le Parisien et Actu.fr, le solde est négatif : entre 284 et 300 fermetures pour 141 ouvertures dans le premier degré public.
L’académie de Créteil justifie ces suppressions par la baisse des effectifs. En 2025, le département avait enregistré une diminution de 96 000 élèves dans le public. Pour 2026, la projection porte sur 107 600 élèves en moins, selon le blog Saint-Denis et Aulnay Libre. Mais syndicats et élus contestent ce raisonnement, estimant qu’il ne tient pas compte des besoins spécifiques du territoire.
La FCPE 93 chiffre à 6 200 euros le financement moyen par élève en Seine-Saint-Denis, soit 30 % de moins que la moyenne nationale. Un écart que les acteurs locaux brandissent pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’inégalité structurelle.
La réaction des élus départementaux
Le président du Conseil départemental, Stéphane Troussel, a interpellé le recteur de l’académie de Créteil. Dans un communiqué publié sur le site du département, il déclare : « Nous ne pouvons pas nous résoudre à des centaines de suppressions de classes à l’échelle départementale, alors même que dans un rapport consacré au temps d’enseignement perdu par les élèves, la Cour des comptes souligne que la Seine-Saint-Denis concentre davantage d’heures d’enseignement perdues et de cours non remplacés. »
Le département a publié une tribune cosignée par plusieurs élus pour exiger un plan d’urgence pour l’école publique en Seine-Saint-Denis. La mobilisation rassemble ainsi des niveaux d’élus distincts : conseillers départementaux, maires et désormais parlementaires insoumis.
Un résultat partiel, jugé insuffisant
La pression exercée depuis plusieurs semaines a produit un résultat limité. Selon le SNUipp-FSU 93, 21 fermetures ont été annulées lors du comité de suivi et d’ajustement (CSA-SD). Les syndicats considèrent ce chiffre insuffisant au regard de l’ampleur des suppressions initiales.
L’intersyndicale avait déjà boycotté le CDEN du 7 avril 2026, refusant de cautionner les annonces. Une grève nationale avait également eu lieu le 31 mars. Ces étapes successives témoignent d’une mobilisation qui s’est construite sur plusieurs mois, sans aboutir à une révision significative du plan de l’académie.
Contexte dans la Seine-Saint-Denis
La Seine-Saint-Denis est le département le plus jeune et l’un des plus peuplés d’Île-de-France. Son école publique concentre des difficultés documentées depuis des années. Des mobilisations similaires ont eu lieu en 2014 et en 2024 contre des fermetures de classes, selon la municipalité de Saint-Denis et le blog local dédié aux ouvertures et fermetures de classes.
Le Café pédagogique titrait en avril 2026 : « L’État organise l’échec scolaire », reprenant les termes utilisés par des représentants syndicaux lors des mobilisations. Cette formulation concentre un grief récurrent : la Seine-Saint-Denis reçoit moins de moyens par élève tout en affichant des indicateurs sociaux parmi les plus défavorables de France métropolitaine.
Pantin, commune de 60 000 habitants environ à la frontière nord-est de Paris, est l’une des villes les plus touchées dans ce cycle de suppressions. Avec 9 fermetures annoncées, elle représente un cas emblématique de la situation départementale. La municipalité n’a pas publié de réaction officielle distincte à ce stade, selon les sources disponibles.
Le financement sous la moyenne nationale, les effectifs en baisse mais les besoins structurels persistants : le débat dépasse la seule question arithmétique des effectifs par classe. Les acteurs locaux - syndicats, parents, élus - réclament une approche territoriale spécifique, distincte d’une simple application mécanique de la carte scolaire nationale. Pour l’heure, comme dans d’autres dossiers portés par des collectifs locaux, la réponse de l’État central reste attendue.
Prochaine étape
Les syndicats et parents d’élèves mobilisés n’ont pas annoncé de nouvelle date d’action à ce stade. La pression politique portée par les élus insoumis au niveau national pourrait se prolonger à l’Assemblée nationale. Les arbitrages définitifs de la carte scolaire pour la rentrée 2026 restent attendus dans les prochaines semaines.
Sources
- Le Parisien : Syndicats et parents vent debout contre les suppressions de classes annoncées en Seine-Saint-Denis
- Département de Seine-Saint-Denis : Les élu·es de Seine-Saint-Denis mobilisé·es contre les fermetures de classes
- FCPE 93 : Les classes à la casse
- X / Thomas Bardoux : Tweet de Thomas Bardoux sur la mobilisation du 13 mai 2026