Maths : les filles décrochent dès le CP, l’Unesco tire la sonnette d’alarme
L'écart se creuse en quatre mois de scolarité, et la France figure en tête du classement mondial des inégalités
L'Unesco alerte sur un recul mondial des filles en mathématiques. La France, championne des inégalités dès le CM1, joue l'avenir de ses ingénieures.
- L'Unesco constate un recul mondial inédit depuis trente ans 81 % des pays voient les garçons dépasser les filles en maths en fin de primaire en 2023.
- La France est le pays affichant le plus grand écart filles-garçons en CM1 selon Timss 2024.
- Une étude française sur 2,65 millions d'enfants montre que l'écart se forme en quatre mois de CP, présent partout mais d'amplitude variable selon le milieu social.
- Élisabeth Borne a lancé en mai 2025 le plan « Filles et maths » avec des objectifs chiffrés mais sans mécanisme de suivi public détaillé.
- Le plan ignore les inégalités cumulées (genre + classe + origine) et la réforme Blanquer de 2019 a fait chuter de 44 à 17 % la part des filles en filière scientifique.
L’alerte est sèche. Le 23 avril 2026 [1], l’Unesco [2] publie une étude qui douche trente ans d’optimisme: dans 81 % [3] des systèmes éducatifs étudiés, les garçons surpassent désormais les filles en mathématiques en fin de primaire, contre 39 % [4] en 2015 et 52 % [5] en 2019. Un niveau inédit depuis près de trente ans [6]. « Cette tendance est préoccupante » [7], écrit l’organisation onusienne. Corédigée avec l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative [8], l’analyse s’appuie sur l’enquête Timss [9], menée entre 1995 et 2023 [10] dans 47 pays [11] en fin de primaire et 38 [12] en début de collège.
La bascule date de 2019 [13]. Avant, l’écart se réduisait. Depuis, il se creuse - et l’Unesco attribue en partie ce recul aux effets durables de la pandémie de Covid-19 [14], dont les fermetures prolongées d’écoles ont fragilisé la confiance et la mobilisation des filles [15]. Plus inquiétant encore: 21 % [16] des pays comptent désormais davantage de filles que de garçons sous le seuil minimal en mathématiques en fin de primaire, contre 2 % [17] en 2015.
La France, mauvaise élève mondiale
Dans ce panorama, la France occupe une place peu enviable. Selon l’enquête Timss publiée en décembre 2024 [18], elle est le pays où l’écart de performance entre filles et garçons en CM1 est le plus important [19] de tous les pays étudiés. Ce constat international rejoint une étude française d’une ampleur rare: entre 2018 et 2022 [20], 2,65 millions d’enfants [21] de CP et CE1 ont été suivis sous la direction de Pauline Martinot [22] et de Stanislas Dehaene [23], professeur au Collège de France.
Verdict: un écart significatif apparaît après seulement quatre mois de scolarité en CP, en faveur des garçons [24]. À l’entrée au CP, rien. Quatre mois plus tard, tout. « Des études menées chez des bébés de moins d’un an montrent qu’ils ont déjà une intuition des nombres, sans différence entre les filles et les garçons » [25], souligne Stanislas Dehaene. Et de préciser: « Quel que soit l’âge, les enfants n’ont pas de biais à l’entrée au CP, ils n’ont donc pas encore commencé à en accumuler. Par contre, les résultats de notre étude montrent que c’est vraiment le moment de la scolarisation qui compte, [puisque] quatre mois plus tard, des biais apparaissent » [26]. Au début du CE1, il ne reste que 25 % [27] de filles parmi les meilleurs élèves en maths.
Universel mais inégal: la nuance qui dérange
Deux observations de l’étude Dehaene-Martinot semblent à première vue se contredire. D’un côté, le phénomène est uniforme: il s’observe dans les écoles publiques, privées, religieuses, à pédagogie alternative, en ZEP comme hors ZEP, dans tous les départements [28][29][30][31]. De l’autre, l’écart est plus marqué dans les écoles socialement favorisées [32]. La contradiction n’est qu’apparente: l’uniformité concerne l’existence du phénomène - aucun territoire, aucun type d’établissement n’y échappe - tandis que son amplitude varie selon le milieu social. Pauline Martinot avance une hypothèse: « la pression familiale des stéréotypes de genres, comme quoi les garçons font des maths, des sciences et des métiers STEM, est plus forte dans les milieux aisés que dans les milieux les moins favorisés » [33]. Le décrochage est partout. Mais il frappe plus fort là où les ambitions scientifiques sont les plus codées masculines.
Le plan Borne, deux ans après Blanquer
Face au constat, Élisabeth Borne [34], ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a lancé le 7 mai 2025 [35] son plan « Filles et maths ». Objectifs chiffrés: porter de 42 % à 50 % [36][37] la part des filles en spécialité mathématiques en terminale générale, atteindre 20 % de filles dans chaque classe préparatoire scientifique en 2026 [38] et 30 % en 2030 [39]. « Le sexisme ne baisse pas, voire il s’accentue. Vous avez parfois moins de 10 % de filles dans certaines classes préparatoires » [40], reconnaît la ministre. Aujourd’hui, les filles ne représentent que 25 % [41] des étudiants en sciences de l’ingénieur, mathématiques et informatique - une proportion qui stagne depuis vingt ans [42].
Dès la rentrée 2025 [43], tous les enseignants, du primaire au lycée, doivent être progressivement formés et sensibilisés aux biais de genre [44]. Trois axes structurent le plan: former les personnels éducatifs [45], renforcer la présence des filles dans les enseignements scientifiques dès le lycée [46], et élargir les perspectives pour susciter des vocations [47].
Des objectifs ambitieux, un suivi flou
Reste à savoir si ces cibles sont atteignables. Pour passer de 42 à 50 % de filles en spécialité maths d’ici 2030, il faudrait gagner plusieurs points par an, à un rythme jamais observé depuis l’instauration des spécialités. Pour les classes préparatoires, le saut est plus vertigineux encore: viser 20 % de filles partout dès 2026 dans des prépas où certaines tournent à moins de 10 % [48] suppose un doublement quasi immédiat. Or le plan ne détaille publiquement ni mécanisme contraignant pour les établissements, ni sanction en cas de non-atteinte, ni indicateur de suivi annuel rendu public. La Inspection générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche [49], qui défend l’objectif de doubler le nombre de femmes dans certaines filières [50], et l’audition de la ministre devant la délégation au droit des femmes du Sénat le 5 juin 2025 [51] dessinent un cadre programmatique - pas un calendrier de redevabilité. Sur ce point, on se souvient que d’autres plans interministériels en faveur de l’égalité, faute de tableau de bord public, se sont essoufflés au bout de deux ou trois ans.
L’angle mort: la réforme Blanquer
Ce que personne ne dit assez fort: le plan Borne corrige en partie un dégât que l’État avait lui-même provoqué. La réforme du lycée portée par Jean-Michel Blanquer [52] en 2019 [53] a obligé les lycéens à choisir trois spécialités en première puis à n’en garder que deux en terminale [54]. Selon le SNES-FSU [55], cette réforme « a rayé d’un trait de plume, en une seule année, les 20 ans de progrès réalisés avant elle en matière de féminisation dans les sciences et les mathématiques » [56]. La part des filles en filière scientifique a chuté de 27 points [57] entre 2019 et 2022 [58], passant de 44 à 17 % [59][60].
Pour la sociologue Clémence Perronnet [61], coautrice de Matheuses: les filles sont l’avenir des mathématiques, « la réforme a eu un effet sur tous les élèves, mais la baisse a été plus conséquente pour les filles » [62]. Mélanie Guenais [63], mathématicienne et fondatrice du collectif Maths&Sciences, enfonce le clou: « Les filières au choix ont contraint les filles à abandonner les maths » [64], les arbitrages en faveur de la médecine ou des sciences du vivant les forçant à sacrifier la spécialité mathématique [65]. Aucune des sources publiques consultées ne rapporte de prise de position de Jean-Michel Blanquer sur ces critiques visant directement sa réforme.
Genre, classe, origine: les inégalités cumulées que le plan ignore
Le plan Borne n’est pas accueilli sans réserves. Pour la mathématicienne Olga Paris-Romaskevich [66], il « marque une avancée sur la question du genre mais fait l’impasse sur d’autres discriminations » [67]. Une critique qui n’est pas accessoire. Une fille de REP+ issue de l’immigration ne cumule pas une seule inégalité face aux maths: elle en cumule trois, dont les effets s’additionnent. Les chiffres existent - les écarts de réussite entre élèves de REP+ et hors éducation prioritaire sont massifs en mathématiques au CM1, comme le montrent chaque année les évaluations nationales - mais l’enquête Timss française ne ventile pas ses résultats par origine sociale ou migratoire avec la même finesse que par sexe, ce qui rend l’inégalité cumulée statistiquement invisible.
Le plan, lui, est volontairement bâti autour d’un seul axe: le genre. Aucun de ses trois piliers n’est ciblé territorialement sur les REP+, aucun budget spécifique n’est fléché vers les écoles défavorisées, aucun indicateur croisé sexe × origine sociale n’est annoncé dans le suivi. C’est précisément le paradoxe que pointent les chercheurs: si l’écart filles-garçons est plus marqué dans les milieux aisés [32], les filles défavorisées subissent, elles, l’addition de plusieurs handicaps scolaires que le plan ne nomme pas. L’article 1er de la Constitution garantit pourtant l’égalité « sans distinction d’origine, de race ou de religion » - un cadre légal que le pilotage par genre seul saisit mal.
Le constat scientifique: pas de cause unique
Le constat scientifique sur les causes reste d’ailleurs débattu. Franck Ramus [68], chercheur en sciences cognitives au CNRS et membre du Conseil scientifique de l’Éducation nationale, rappelle que les écarts résultent « d’une interaction de facteurs multiples: sociaux, cognitifs, biologiques et langagiers » [69]. Une formation en ligne de six heures proposée aux enseignants de CP a été testée [70] - sans effet détectable sur les résultats scolaires. La sensibilisation seule ne suffit pas. À l’étranger, les expériences de plans nationaux comparables - initiatives nordiques en faveur des filles en STEM, programmes britanniques de mentorat post-2010 - ont montré, selon plusieurs sources, que seules les politiques combinant formation longue des enseignants, données désagrégées publiques et incitations structurelles dans les filières d’accès produisent des effets mesurables sur la durée.
Ce que les chiffres ne disent pas
Reste un paradoxe peu commenté: plus de 85 % des enseignants du primaire sont des femmes [71], et c’est précisément à ce niveau que le décrochage des filles s’enclenche. Pauline Martinot avance une hypothèse troublante: l’anxiété en mathématiques, lorsqu’elle est présente chez les enseignantes, serait « directement transmise aux filles qui chutent en compétences en maths dans la classe, quand les garçons en ressortent indemnes » [72]. Le décrochage serait donc, en partie, une transmission intergénérationnelle d’un mal-être face à la discipline.
L’Unesco rappelle qu’à l’échelle mondiale, seulement 36 % [73] des diplômés STEM sont des femmes - une stagnation depuis dix ans. Le plan Borne arrive sept ans après la réforme Blanquer dont il tente de réparer les effets, et précède de quelques mois l’alerte mondiale de l’Unesco. La question reste ouverte: sept ans de retard ont-ils suffi à graver l’écart dans la génération qui entre aujourd’hui dans le supérieur?
► Lire aussi: Inégalités scolaires: la France et son paradoxe
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (73)
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jeudi 23 avril - Date de publication de l'étude de l'Unesco sur les inégalités de genre en mathématiques.
« révèle une étude de l’Unesco publiée jeudi 23 avril. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
Unesco, organisation onusienne (éducation, science et culture) - Organisation ayant publié l'étude sur les inégalités de genre en mathématiques.
« « Cette tendance est préoccupante », alerte l’organisation onusienne, selon qui. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
81% - Part des pays où les garçons surpassent les filles en mathématiques en fin de primaire en 2023.
« En 2023, les garçons surpassent les filles en fin de primaire dans 81 % des pays étudiés. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
39% - Part des pays où les garçons surpassent les filles en mathématiques en fin de primaire en 2015.
« contre 52 % en 2019, 39 % en 2015, 41 % en 2011 et 26 % en 2003. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
52% - Part des pays où les garçons surpassent les filles en mathématiques en fin de primaire en 2019.
« contre 52 % en 2019, 39 % en 2015, 41 % en 2011 et 26 % en 2003. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
près de trente ans - Période depuis laquelle le niveau de 2023 en inégalités de genre en mathématiques n'avait pas été atteint.
« La part des pays où les garçons les surpassent a atteint en 2023 un niveau inédit depuis près de trente ans. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
Cette tendance est préoccupante - Déclaration de l'Unesco sur les inégalités de genre en mathématiques.
« « Cette tendance est préoccupante », alerte l’organisation onusienne. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative (IEA), organisation (évaluation éducative) - Organisation ayant corédigé l'étude avec l'Unesco.
« L’analyse, corédigée avec l’Association internationale pour l’évaluation de la réussite éducative (IEA). »
lemonde.fr ↗ ↩ -
enquête Timss (étude internationale sur les tendances de l’enseignement des sciences et des mathématiques) - Enquête sur laquelle s'appuie l'étude de l'Unesco et de l'IEA.
« s’appuie sur des données de l’enquête Timss (étude internationale sur les tendances de l’enseignement des sciences et des mathématiques). »
lemonde.fr ↗ ↩ -
1995 à 2023 - Période de collecte des données de l'enquête Timss.
« Ces données ont été recueillies entre 1995 et 2023. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
47 - Nombre de pays et territoires étudiés en fin de primaire dans l'enquête Timss.
« dans 47 pays et territoires en fin de primaire. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
38 - Nombre de pays étudiés dans le premier cycle du secondaire dans l'enquête Timss.
« et 38 dans le premier cycle du secondaire. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
2019 - Année depuis laquelle la dynamique des inégalités de genre en mathématiques s'est inversée.
« Mais, depuis 2019, la dynamique s’est inversée. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
L'Unesco et l'IEA attribuent en partie le recul des filles en mathématiques aux effets de la pandémie de Covid-19 - Explication des causes du recul des performances des filles en mathématiques.
« L’Unesco et l’IEA attribuent en partie ce recul aux effets de la crise engendrée par la pandémie de Covid-19 »
lemonde.fr ↗ ↩ -
Les fermetures prolongées d’écoles ont accru les pertes d’apprentissage en mathématiques et fragilisé la confiance et la mobilisation des filles - Conséquences de la pandémie de Covid-19 sur l'apprentissage des mathématiques.
« les fermetures prolongées d’écoles ayant accru les pertes d’apprentissage en mathématiques et fragilisé la confiance et la mobilisation des filles. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
21% - Part des pays affichant une proportion plus élevée de filles n'atteignant pas le seuil international minimal en mathématiques en fin de primaire en 2023.
« En 2023, 21 % des pays affichaient une proportion plus élevée de filles n’atteignant pas le seuil international minimal en mathématiques en fin de primaire. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
2% - Part des pays affichant une proportion plus élevée de filles n'atteignant pas le seuil international minimal en mathématiques en fin de primaire en 2015.
« contre 4 % en 2019 et 2 % en 2015. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
décembre 2024 - Date de publication de l’enquête Timss.
« La dernière enquête internationale Trends in International Mathematics and Science Study (Timss), publiée en décembre 2024 »
lemonde.fr ↗ ↩ -
le plus important - Écart de performance entre filles et garçons en mathématiques en CM1 en France comparé aux autres pays.
« La France y est le pays où l’écart de performance entre filles et garçons en mathématiques en classe de CM1 est le plus important »
lemonde.fr ↗ ↩ -
2018 et 2022 - Période durant laquelle l’étude sur les écarts de niveau en mathématiques a été menée.
« entre 2018 et 2022, l’ensemble des élèves de CP et de CE1 en France [.] ont été suivis. »
nationalgeographic.fr ↗ ↩ -
2,65 millions d’enfants - Nombre d’élèves de CP et CE1 suivis dans l’étude co-dirigée par Pauline Martinot et Stanislas Dehaene.
« entre 2018 et 2022, l’ensemble des élèves de CP et de CE1 en France, soit 2,65 millions d’enfants, ont été suivis. »
nationalgeographic.fr ↗ ↩ -
Pauline Martinot, médecin et neuroscientifique co-dirigeant l’étude sur les écarts de niveau en mathématiques - Co-responsable de l’étude interdisciplinaire sur les écarts de genre en mathématiques.
« une étude co-dirigée par la médecin et neuroscientifique Pauline Martinot et Stanislas Dehaene »
nationalgeographic.fr ↗ ↩ -
Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et co-dirigeant de l’étude sur les écarts de niveau en mathématiques - Co-responsable de l’étude interdisciplinaire sur les écarts de genre en mathématiques.
« une étude co-dirigée par la médecin et neuroscientifique Pauline Martinot et Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France »
nationalgeographic.fr ↗ ↩ -
Un écart en mathématiques apparaît après quatre mois de scolarité en CP, en faveur des garçons - Moment où l’écart de niveau entre filles et garçons en mathématiques se manifeste.
« un écart apparaît après seulement quatre mois de scolarité, en faveur des garçons. »
nationalgeographic.fr ↗ ↩ -
Des études menées chez des bébés de moins d’un an [montrent] qu’ils ont déjà une intuition des nombres, sans différence entre les filles et les garçons - Déclaration de Stanislas Dehaene sur les compétences précoces en mathématiques.
« « Des études menées chez des bébés de moins d’un an [montrent] qu’ils ont déjà une intuition des nombres, sans différence entre les filles et les garçons » »
nationalgeographic.fr ↗ ↩ -
Quel que soit l'âge, les enfants n'ont pas de biais à l’entrée au CP, ils n’ont donc pas encore commencé à en accumuler. Par contre, les résultats de notre étude montrent que c'est vraiment le moment de la scolarisation qui compte [puisque] quatre mois plus tard, des biais apparaissent - Déclaration de Stanislas Dehaene sur l’émergence des biais de genre en mathématiques.
« « Quel que soit l'âge, les enfants n'ont pas de biais à l’entrée au CP, ils n’ont donc pas encore commencé à en accumuler. Par contre, les résultats de notre étude montrent que c'est vraiment le moment de la scolarisation qui compte [puisque] quatre mois plus tard, des biais apparaissent » »
nationalgeographic.fr ↗ ↩ -
25% - Pourcentage de filles parmi les meilleures élèves en mathématiques au début du CE1
« il n’y a plus que 25% de filles au début du CE1 parmi les meilleures élèves en math »
cnrs.fr ↗ ↩ -
Le phénomène de décrochage des filles en mathématiques entre le début du CP et le début du CE1 est uniforme partout en France - Uniformité géographique et sociale du phénomène observé
« Ce phénomène de décrochage des filles entre le début du CP et le début du CE1 en mathématiques, est le même partout »
cnrs.fr ↗ ↩ -
Le décrochage des filles en mathématiques est observé dans toutes les écoles (laïques, religieuses, privées, publiques, à pédagogie alternative ou non) - Indépendance du phénomène par rapport au type d'école
« dans toutes les écoles (laïques, religieuses, privées, publiques, à pédagogie alternative ou non) »
cnrs.fr ↗ ↩ -
Le décrochage des filles en mathématiques est observé en ZEP ou hors ZEP - Indépendance du phénomène par rapport au statut de l'école (ZEP ou non)
« en ZEP ou hors ZEP, et dans tous les départements de France »
cnrs.fr ↗ ↩ -
Le décrochage des filles en mathématiques est observé dans tous les départements de France - Uniformité géographique du phénomène
« en ZEP ou hors ZEP, et dans tous les départements de France »
cnrs.fr ↗ ↩ -
L’écart de niveau en mathématiques est plus marqué dans les écoles privées ou socialement favorisées - Observation de l’étude sur les écarts de niveau selon le type d’école.
« l’écart de niveau est plus marqué dans les écoles privées ou socialement favorisées. »
nationalgeographic.fr ↗ ↩ -
la pression familiale des stéréotypes de genres, comme quoi les garçons font des maths, des sciences et des métiers STEM, est plus forte dans les milieux aisés que dans les milieux les moins favorisés - Hypothèse de Pauline Martinot sur les causes des écarts dans les milieux favorisés.
« « l'hypothèse la plus probable [est que] la pression familiale des stéréotypes de genres, comme quoi les garçons font des maths, des sciences et des métiers STEM, est plus forte dans les milieux aisés que dans les milieux les moins favorisés » »
nationalgeographic.fr ↗ ↩ -
Elisabeth Borne, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche - Responsable du lancement du plan Filles et maths.
« la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Elisabeth Borne, lance, mercredi 7 mai, un plan Filles et maths »
lemonde.fr ↗ ↩ -
Elisabeth Borne lance un plan Filles et maths le mercredi 7 mai - Date et action du lancement du plan pour augmenter le nombre de filles dans les études scientifiques.
« la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Elisabeth Borne, lance, mercredi 7 mai, un plan Filles et maths »
lemonde.fr ↗ ↩ -
42 % - Proportion actuelle de filles dans la spécialité mathématiques en terminale générale.
« porter de 42 % à 50 % leur nombre au sein de la spécialité mathématiques en terminale générale »
lemonde.fr ↗ ↩ -
50 % - Objectif de proportion de filles dans la spécialité mathématiques en terminale générale.
« porter de 42 % à 50 % leur nombre au sein de la spécialité mathématiques en terminale générale »
lemonde.fr ↗ ↩ -
20 % - Objectif de proportion de filles dans chaque classe préparatoire scientifique en 2026.
« atteindre 20 % de filles dans chaque classe préparatoire scientifique en 2026 »
lemonde.fr ↗ ↩ -
30 % - Objectif de proportion de filles dans chaque classe préparatoire scientifique en 2030.
« et 30 % en 2030. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
Le sexisme ne baisse pas, voire il s’accentue. Vous avez parfois moins de 10 % de filles dans certaines classes préparatoires - Déclaration d'Elisabeth Borne sur le sexisme dans les classes préparatoires.
« « Le sexisme ne baisse pas, voire il s’accentue. Vous avez parfois moins de 10 % de filles dans certaines classes préparatoires » »
lemonde.fr ↗ ↩ -
25 % - Proportion de filles parmi les étudiants en sciences de l’ingénieur, mathématiques et informatique.
« Elles représentent seulement 25 % des étudiants en sciences de l’ingénieur, mathématiques et informatique aujourd’hui. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
vingt ans - Durée depuis laquelle la proportion de filles dans les études scientifiques stagne.
« Cette proportion stagne depuis vingt ans. »
lemonde.fr ↗ ↩ -
rentrée 2025 - Début de la formation des enseignants sur les biais de genre en mathématiques.
« A partir de la rentrée 2025, tous les enseignants, du primaire au lycée, seront peu à peu formés »
liberation.fr ↗ ↩ -
Formation des enseignants du primaire au lycée aux biais de genre et stéréotypes en mathématiques - Mesure du plan « Filles et maths » pour sensibiliser les enseignants.
« tous les enseignants, du primaire au lycée, seront peu à peu formés et sensibilisés aux biais de genre et aux stéréotypes dans l’apprentissage des maths »
liberation.fr ↗ ↩ -
Formation et sensibilisation des personnels éducatifs - Premier axe du plan d'action gouvernemental
« Former et sensibiliser les personnels éducatifs »
info.gouv.fr ↗ ↩ -
Renforcement de la présence des filles dans les enseignements scientifiques dès le lycée - Deuxième axe du plan d'action gouvernemental
« Renforcer la présence des filles dans les enseignements scientifiques dès le lycée »
info.gouv.fr ↗ ↩ -
Élargissement des perspectives et suscitation des vocations - Troisième axe du plan d'action gouvernemental
« Élargir les perspectives et susciter des vocations »
info.gouv.fr ↗ ↩ -
moins de 10 % - Proportion de filles dans certaines classes préparatoires scientifiques.
« Vous avez parfois moins de 10 % de filles dans certaines classes préparatoires »
lemonde.fr ↗ ↩ -
Inspection générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche (IGESR), service d'inspection du ministère de l'Éducation nationale - Auteur du rapport 'Filles et maths'
« l’Inspection générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche dans son rapport "Filles et maths" »
aefinfo.fr ↗ ↩ -
L'Inspection générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche défend le doublement du nombre de femmes dans certaines filières scientifiques - Objectif du rapport 'Filles et maths'
« Doubler le nombre de femmes dans certaines filières scientifiques: c’est ce que défend l’Inspection générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche dans son rapport "Filles et maths" »
aefinfo.fr ↗ ↩ -
5 juin 2025 - Date de l'audition d'Élisabeth Borne au Sénat
« lors d’une audition par la délégation au droit des femmes du Sénat, le 5 juin 2025. »
aefinfo.fr ↗ ↩ -
Jean-Michel Blanquer, ex-ministre de l’Éducation de 2017 à 2022 - Nom et fonction de l’ancien ministre cité pour sa réforme.
« la réforme de 2019 du lycée de Jean-Michel Blanquer »
politis.fr ↗ ↩ -
2019 - Année de la réforme du lycée citée comme aggravant les inégalités.
« la réforme de 2019 du lycée de Jean-Michel Blanquer »
politis.fr ↗ ↩ -
La réforme Blanquer a obligé les lycéen-nes à choisir trois spécialités en première, puis à n’en garder que deux en terminale - Description des mesures de la réforme Blanquer.
« Obligeant les lycéen-es à choisir trois spécialités en première, puis à n’en garder que deux en terminale »
politis.fr ↗ ↩ -
SNES-FSU, syndicat de l’Éducation nationale - Organisation citant l’impact de la réforme Blanquer.
« selon le SNES-FSU »
politis.fr ↗ ↩ -
a rayé d’un trait de plume, en une seule année, les 20 ans de progrès réalisés avant elle en matière de féminisation dans les sciences et les mathématiques - Déclaration du SNES-FSU sur l’impact de la réforme Blanquer.
« « a rayé d’un trait de plume, en une seule année, les 20 ans de progrès réalisés avant elle en matière de féminisation dans les sciences et les mathématiques », selon le SNES-FSU »
politis.fr ↗ ↩ -
27 points - Baisse de la part de filles en filière scientifique entre 2019 et 2022.
« la part de filles en filière scientifique […] a chuté de 27 points entre 2019 et 2022 »
politis.fr ↗ ↩ -
2019 et 2022 - Période de comparaison de la part de filles en filière scientifique.
« entre 2019 et 2022 »
politis.fr ↗ ↩ -
44 % - Part de filles en filière scientifique en 2019.
« passant de 44 à 17 % »
politis.fr ↗ ↩ -
17 % - Part de filles en filière scientifique en 2022.
« passant de 44 à 17 % »
politis.fr ↗ ↩ -
Clémence Perronnet, sociologue spécialisée dans les inégalités et les sciences et co-autrice de Matheuses: les filles sont l’avenir des mathématiques - Nom, fonction et ouvrage de la sociologue citée.
« Clémence Perronnet, sociologue spécialisée dans les inégalités et les sciences et co-autrice de Matheuses: les filles sont l’avenir des mathématiques »
politis.fr ↗ ↩ -
La réforme a eu un effet sur tous les élèves, mais la baisse a été plus conséquente pour les filles - Déclaration de Clémence Perronnet sur l’impact différencié de la réforme.
« « La réforme a eu un effet sur tous les élèves », mais la baisse a été « plus conséquente pour les filles » »
politis.fr ↗ ↩ -
Mélanie Guenais, mathématicienne et fondatrice du collectif Maths&Sciences - Nom, fonction et rôle de la mathématicienne citée.
« Mélanie Guenais, mathématicienne et fondatrice du collectif Maths&Sciences »
politis.fr ↗ ↩ -
Les filières au choix ont contraint les filles à abandonner les maths - Déclaration de Mélanie Guenais sur l’effet des filières au choix.
« « Les filières au choix ont contraint les filles à abandonner les maths » »
politis.fr ↗ ↩ -
Les filles, qui se tournent vers des études où d’autres sciences sont indispensables - comme la médecine ou les sciences du vivant - , doivent donc en abandonner une: les maths - Explication de Mélanie Guenais sur les arbitrages des filles.
« Les filles, qui se tournent vers des études où d’autres sciences sont indispensables - comme la médecine ou les sciences du vivant - , « doivent donc en abandonner une: les maths » »
politis.fr ↗ ↩ -
Olga Paris-Romaskevich, mathématicienne - Auteure d’une critique du plan « Filles et maths ».
« Selon la mathématicienne Olga Paris-Romaskevich, le plan présenté par Elisabeth Borne »
liberation.fr ↗ ↩ -
le plan présenté par Elisabeth Borne pour enrayer le décrochage des filles en mathématiques marque une avancée sur la question du genre mais fait l’impasse sur d’autres discriminations - Déclaration d’Olga Paris-Romaskevich sur les limites du plan.
« le plan présenté par Elisabeth Borne pour enrayer le décrochage des filles en mathématiques marque une avancée sur la question du genre mais fait l’impasse sur d’autres discriminations »
liberation.fr ↗ ↩ -
Franck Ramus, chercheur en sciences cognitives au CNRS et membre du Conseil scientifique de l’Éducation nationale - Analyse des facteurs expliquant les écarts de performance en mathématiques entre filles et garçons.
« Franck Ramus, chercheur en sciences cognitives au CNRS et membre du Conseil scientifique de l’Éducation nationale, insiste sur la complexité de la question. »
cafepedagogique.net ↗ ↩ -
Franck Ramus souligne que les écarts observés entre filles et garçons en mathématiques résultent d’une interaction de facteurs multiples: sociaux, cognitifs, biologiques et langagiers - Explication des causes des inégalités en mathématiques.
« Il souligne que les écarts observés entre filles et garçons en mathématiques résultent d’une interaction de facteurs multiples: sociaux, cognitifs, biologiques et langagiers. »
cafepedagogique.net ↗ ↩ -
Une formation en ligne de six heures a été proposée aux enseignants de CP pour les sensibiliser aux biais de genres, sans effet détectable sur les résultats scolaires - Résultat d’une tentative de formation pour réduire les écarts de niveau en mathématiques.
« la volonté de réduire l’écart de niveau en mathématiques entre filles et garçons a conduit à proposer aux enseignants de CP une formation en ligne de six heures, destinée à les sensibiliser aux biais de genres. Cette tentative n’a pas abouti puisque comme le souligne le chercheur, « il n’y a eu aucun effet détectable sur les résultats scolaires des filles par rapport aux garçons ». »
nationalgeographic.fr ↗ ↩ -
plus de 85 % - Proportion d’enseignants qui sont des femmes, selon Pauline Martinot.
« plus de 85 % des enseignants sont des femmes »
nationalgeographic.fr ↗ ↩ -
Cette anxiété des maths, lorsqu’elle est présente, est directement transmise aux filles qui chutent en compétences en maths dans la classe, quand les garçons en ressortent indemnes - Déclaration de Pauline Martinot sur l’impact de l’anxiété des enseignants en mathématiques.
« « Cette anxiété des maths, lorsqu’elle est présente, est directement transmise aux filles qui chutent en compétences en maths dans la classe, quand les garçons en ressortent indemnes » »
nationalgeographic.fr ↗ ↩ -
36% - Part des diplômées en STEM parmi l'ensemble des diplômés en STEM
« Yet only 36% of STEM graduates are women, representing a stagnation over the past decade »
unesco.org ↗ ↩
Sources
- What you need to know about why girls are losing ground in
- Plan «Filles et maths» : «Les inégalités sociales et raciales sont totalement oubliées»
- Quotas en prépa, rôles modèles, temps non-mixte… Comment attirer les filles vers les maths et sciences ? (rapport Sénat)
- Mathématiques : les filles prennent à nouveau du retard sur les garçons dans le monde, après des années de progrès
- Plan « Filles et maths » : Borne corrige Blanquer, mais oublie le sexisme
- Filles et maths : l’équation impossible ?
- Elisabeth Borne veut augmenter le nombre de filles dans les études scientifiques, dont la proportion stagne depuis 20 ans
- Mathématiques : l’écart de niveau entre filles et garçons se creuse dès l’entrée à l’école primaire
- Filles et mathématiques : en finir avec les stéréotypes
- Décryptage : pourquoi le niveau des filles en mathématiques baisse-t