Matoury mise sur l’agroforesterie pour exporter ses fruits tropicaux

Un projet pilote vise à diversifier les cultures locales et ouvrir des débouchés vers le marché européen.

Matoury mise sur l'agroforesterie pour exporter ses fruits tropicaux
Illustration Sylvie Tchangou / info.fr

À Matoury, en Guyane, un projet pilote d'agroforesterie cherche à développer l'export de fruits tropicaux vers l'Europe. L'initiative s'appuie sur plusieurs programmes régionaux et bénéficie d'un appel à projets ouvert jusqu'au 15 mai 2026.

Cacao, vanille, café, poivre : ces cultures de sous-bois font l’objet d’une attention renouvelée à Matoury. Un projet pilote d’agroforesterie, orienté vers l’export de fruits tropicaux vers l’Europe, prend forme dans la commune guyanaise. Il s’inscrit dans un contexte régional favorable à ces pratiques agricoles alternatives.

Des programmes régionaux en soutien

La Direction Générale des Territoires et de l’Environnement (DGTM) de Guyane a lancé en 2026 un appel à projets pour soutenir des initiatives en alimentation saine et durable. Date limite de candidature : le 15 mai 2026. L’agroforesterie pour fruits tropicaux figure parmi les pratiques éligibles.

Par ailleurs, un appel à projets distinct, piloté par l’ODEADOM, cible les PME agricoles guyanaises pour l’amélioration des savoirs dans le secteur, avec financement fléché sur la production et la transformation de produits destinés à l’export, selon la préfecture de Guyane.

Le projet TransAgriDOM (TAD), mené depuis 2019 via le Réseau d’Innovation et de Transfert Agricole (RITA), étudie les systèmes agroforestiers de sous-bois en Guyane. Cacao, café arabusta, vanille et poivre ont été testés dans des conditions locales, en lien avec les cultures historiquement endémiques du plateau des Guyanes.

Un terrain propice, des contraintes réelles

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La sécheresse de 2024 a touché entre 60 et 70 % des exploitations agricoles en Guyane, selon Le Courrier. Elle a renforcé l’intérêt pour des systèmes plus résilients comme l’agroforesterie, qui associe arbres et cultures pour limiter l’exposition aux aléas climatiques.

À Matoury spécifiquement, le plan de gestion concertée des Zones de Droits d’Usage Collectifs (ZDUC) Lokono, lancé en janvier 2026, intègre une dimension agroforestière sur 17 031 hectares, au bénéfice des communautés autochtones de la zone, selon le programme BestLife2030.

Du côté des contraintes, le budget POSEI 2026 limite les grandes cultures (maïs, sorgho, soja) à une vingtaine d’hectares en Guyane. Cette restriction renforce l’intérêt pour la diversification via agroforesterie, plus adaptée aux petites structures. Le Programme de Développement Rural de Guyane (PDRG) 2014-2022 avait déjà financé ce type de systèmes en complément de la gestion forestière durable.

Le nouveau conseil municipal de Matoury, installé le 28 mars 2026 à l’issue des élections de mars, n’a pas encore précisé sa position sur ce projet. Les arbitrages locaux restent à venir.

Prochaine étape : la date limite de l’appel à projets DGTM est fixée au 15 mai 2026. Les porteurs de projets agricoles à Matoury disposent de quelques semaines pour déposer leur dossier.

Sources

Sylvie Tchangou

Sylvie Tchangou

Correspondante à Cayenne, elle suit les tensions sur l'orpaillage illégal, les débats sur le spatial, les projets routiers et les restructurations hospitalières. Issue de Sciences Po Aix, elle a grandi en Guyane. Ligne de travail : interroger les gendarmes, les élus, les associations environnementales, croiser les rapports du BRGM avant de publier.

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