Mayotte : sept ans de prison pour le chef d’un réseau de passeurs démantelé
Le tribunal correctionnel de Mamoudzou a condamné Hafidhou Anjamidine à sept ans d’emprisonnement pour trafic illicite de migrants entre les Comores et Mayotte.
Un réseau de passeurs opérant entre les Comores et le nord de Mayotte a été démantelé par les autorités. Le chef du réseau, Hafidhou 'Anjami' Anjamidine, a écopé de sept ans de prison ferme. Trois autres membres ont également été condamnés.
Un réseau structuré démantelé par l’Oltim
Le 23 avril 2026, le tribunal correctionnel de Mamoudzou a rendu son verdict dans l’affaire du réseau de passeurs opérant entre les Comores et Mayotte. Hafidhou ‘Anjami’ Anjamidine, identifié comme le chef du réseau, a été condamné à sept ans d’emprisonnement ferme, assortis d’une interdiction définitive du territoire français. Selon La1ère, deux complices ont écopé de cinq ans de prison chacun, tandis qu’un quatrième prévenu a reçu une peine avec sursis.
L’enquête, baptisée opération *Kingia*, a été lancée le 7 avril 2026 par l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim). Elle a mobilisé plusieurs services de l’État, aboutissant à l’interpellation des principaux responsables. Le réseau transportait environ cinquante personnes par semaine en situation irrégulière, via des kwassa-kwassa, contre plusieurs centaines d’euros par passage. L’opération Kingia avait également ciblé des filières d’économie informelle sur l’île.
Saisies et prise en charge des migrants
Lors des interpellations, les autorités ont saisi du matériel utilisé par le réseau : moteurs, téléphones, espèces et équipements nautiques. Plusieurs étrangers en situation irrégulière ont également été pris en charge. La préfecture de Mayotte a confirmé ces éléments sur X, précisant que les condamnations visaient à « lutter contre les filières organisées d’immigration clandestine ».
En 2025, Mayotte a concentré près de 90 % des expulsions d’étrangers en situation irrégulière dans les outre-mer, avec 21 409 éloignements enregistrés. Un précédent réseau, démantelé en septembre 2025, acheminait plusieurs centaines de personnes par mois depuis Madagascar. Les tensions liées à l’immigration restent un enjeu majeur pour les autorités locales.
Contexte : une pression migratoire persistante
Mayotte fait face à une pression migratoire constante depuis les Comores voisines. En mars 2026, un autre réseau structuré avait été démantelé dans des circonstances similaires. Les kwassa-kwassa, embarcations traditionnelles, sont fréquemment utilisés pour ces traversées périlleuses. Selon les estimations, des dizaines de milliers de personnes tenteraient chaque année de rejoindre Mayotte depuis les Comores.
Les condamnations prononcées le 23 avril s’inscrivent dans une stratégie de répression accrue. La préfecture a rappelé que ces filières « mettent en danger la vie des migrants et alimentent l’économie souterraine ».
Prochaine étape : application des peines
Les condamnés ont dix jours pour faire appel du jugement. En cas de confirmation, Hafidhou Anjamidine purgera sa peine en métropole, comme le prévoit la procédure pour les peines supérieures à cinq ans. Les autorités locales continuent de surveiller les zones côtières du nord de l’île, où les départs de kwassa-kwassa sont les plus fréquents.
Sources
- La1ère : Un réseau de passeurs démantelé à Mayotte, l'un des chefs condamné à sept ans de prison
- X (Préfecture de Mayotte) : Condamnation des passeurs - Préfecture de Mayotte
- Le Monde : À Mayotte, un réseau mêlant traite d’êtres humains et immigration clandestine a été démantelé
- Zinfos974 : Mayotte : un réseau structuré d’immigration clandestine démantelé