Mayotte : les Républicains alertent sur l’escalade des violences et réclament des mesures durables

Le député LR Abdoul Kamardine dénonce des affrontements répétés et un sentiment d'abandon, appelant à un renforcement permanent des moyens policiers et judiciaires.

Mayotte : les Républicains alertent sur l'escalade des violences et réclament des mesures durables
Illustration Ahamada Abdallah / info.fr

À Mayotte, les violences se multiplient depuis plusieurs semaines. Le député Les Républicains Abdoul Kamardine a lancé une alerte ce 24 avril 2026, exigeant des mesures urgentes de l'État. L'opération Kingia, en cours depuis le 1er avril, est jugée insuffisante face à une insécurité chronique.

Mamoudzou, 24 avril 2026. Le député LR de Mayotte et président des Républicains locaux, Abdoul Kamardine, a interpellé l’État sur la recrudescence des violences dans le département. Dans un communiqué relayé par L’Info Kwezi, il dénonce des « affrontements multipliés entre délinquants et forces de l’ordre », un « sentiment d’abandon » et des actes qualifiés de « terrorisants ».

Un appel à des moyens permanents

Abdoul Kamardine réclame un renforcement durable des effectifs policiers et gendarmes, ainsi que des moyens judiciaires et matériels. Il insiste aussi sur la nécessité d’« impliquer davantage les maires dans la protection des administrés », selon Franceinfo La1ère. Cette alerte intervient alors que l’opération Kingia, lancée le 1er avril par le préfet François-Xavier Bieuville, est critiquée pour son caractère ponctuel.

Kingia : un « choc de sécurité » jugé insuffisant

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L’opération Kingia, prévue jusqu’au 28 mai, vise un « choc de sécurité » avec 70 interpellations ciblées de chefs de bandes, 10 décasages d’habitats insalubres et 80 opérations antifraude. Elle mobilise 60 policiers supplémentaires et un escadron de gendarmes, comme l’a détaillé Le Figaro. Pourtant, selon L’Info Kwezi, ces mesures sont perçues comme « insuffisantes face à une insécurité durable ».

Les chiffres illustrent cette tension : en 2025, les vols avec armes ont baissé de 27,5 % par rapport à 2024, mais les cambriolages et le trafic de stupéfiants ont augmenté, selon Franceinfo La1ère. Les mineurs sont particulièrement impliqués : ils représentent 81 % des vols violents sans arme et 72 % des cambriolages entre 2016 et 2023, d’après l’Institut français pour la recherche sur les administrations publiques (Ifrap).

Un contexte de violences récurrentes

Mayotte a connu plusieurs vagues de violences ces dernières années. En 2008, des émeutes avaient paralysé l’île pendant 44 jours après la fuite du président Mohamed Bacar, selon Mayotte Hebdo. En novembre 2022, des affrontements entre bandes rivales avaient été qualifiés de « barbarie » par la presse locale, avec des alertes sur un risque de guerre civile.

À ce jour, l’opération Kingia a permis l’arrestation de 23 personnes à l’origine d’exactions organisées, dont six à Kawéni les 10 et 11 avril, comme l’a indiqué la préfecture sur Facebook. Mais pour Abdoul Kamardine, ces résultats restent insuffisants sans une stratégie globale et pérenne.

Et maintenant ?

L’opération Kingia se poursuit jusqu’au 28 mai. Une réunion entre les élus locaux et le préfet François-Xavier Bieuville est prévue début mai pour faire un bilan intermédiaire. Les Républicains de Mayotte comptent maintenir la pression sur l’État pour obtenir des engagements concrets.

Sources

Ahamada Abdallah

Ahamada Abdallah

Correspondant à Mamoudzou, suit les tensions sur l'immigration comorienne, les débats sur la départementalisation, les projets hospitaliers et les infrastructures. Formé à l'IUT info-com de La Réunion, il a grandi à Mayotte. Posture éditoriale : interroger les élus, les associations, les préfets, croiser les rapports de l'INSEE avant de publier.

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