Mazeirat : un éleveur creusois face à la sécheresse historique
À Mazeirat, Pascal Mareix a dû réorganiser ses journées de travail face aux prairies grillées et aux sources qui se tarissent.
Dans la Creuse, l'éleveur Pascal Mareix voit ses 200 hectares de prairies grillées par une sécheresse d'ampleur inédite depuis le printemps. À Mazeirat, il a dû revoir toute l'organisation de ses journées pour épargner son troupeau et lui-même.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Pascal Mareix, 58 ans, éleveur naisseur-engraisseur à Mazeirat (Creuse), gère avec son épouse un GAEC de 90 bovins sur environ 200 hectares depuis 1992.
- Les prairies de l'exploitation sont grillées, avec une herbe blanche et cassante, dans une sécheresse d'ampleur inédite depuis le printemps 2026.
- Les ruisseaux et sources d'eau de l'exploitation se tarissent, selon le témoignage recueilli par Ouest-France.
- L'éleveur a dû réorganiser ses journées de travail autour des heures fraîches du matin, l'après-midi devenant inexploitable.
- Le témoignage a été relayé par La Montagne le 26 juin 2026 puis par France24 le 8 juillet 2026.
Sur son exploitation de Mazeirat, Pascal Mareix marche dans une prairie où l’herbe casse sous les pas. À 58 ans, cet éleveur naisseur-engraisseur conduit avec son épouse un GAEC installé depuis 1992, selon Ouest-France. Ensemble, ils élèvent 90 bovins sur environ 200 hectares. Ce printemps et cet été, leur quotidien a changé de visage.
Des prairies blanches et cassantes
Selon le témoignage recueilli par Ouest-France, les prairies de l’exploitation sont aujourd’hui grillées, l’herbe devenue blanche et cassante sous l’effet du manque de pluie. Les ruisseaux et les sources d’eau qui alimentaient habituellement le troupeau se tarissent. Ce constat, fait sur le terrain par le journal, est corroboré par La Montagne, qui rapportait déjà fin juin le désarroi des agriculteurs creusois devant une herbe jaunie alors que la saison ne faisait que commencer.
Pour Pascal Mareix, la situation n’a rien d’une sécheresse ordinaire. L’ampleur du phénomène, décrit comme inédit depuis le printemps, touche directement la ressource en herbe qui nourrit le bétail et l’eau qui l’abreuve, deux piliers d’une exploitation d’élevage.
Des journées organisées autour de la fraîche
Face à la chaleur, l’éleveur a dû revoir l’organisation de son travail. Selon Ouest-France, il concentre désormais ses tâches tôt le matin, quand la température reste supportable pour lui comme pour les animaux. En plein après-midi, toute activité devient impossible sur l’exploitation. Ce basculement du rythme de travail, du lever du jour vers les heures les plus fraîches, illustre une adaptation forcée plus qu’un choix.
Ce type de réorganisation n’est pas propre à la Creuse. Dans d’autres départements confrontés à des tensions sur la ressource en eau, des mesures de restriction ont été prises cet été, comme dans les Landes, où des restrictions d’eau ont été activées sur plusieurs bassins.
Contexte dans la Creuse
La Creuse est un département rural où l’élevage bovin occupe une place centrale dans l’économie agricole. Les exploitations de type naisseur-engraisseur, comme celle de Pascal Mareix, dépendent directement de la disponibilité de l’herbe et de l’eau pour nourrir et abreuver le bétail sur de larges surfaces de prairies, souvent plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’hectares. Une sécheresse printanière prolongée, comme celle décrite par les éleveurs interrogés par Ouest-France et La Montagne, fragilise directement ce modèle, qui repose sur le pâturage plutôt que sur l’affouragement en bâtiment une partie de l’année.
D’autres territoires ruraux ont également fait face à des situations comparables ces dernières semaines. En Meurthe-et-Moselle, le préfet a maintenu une alerte renforcée face à la baisse des niveaux d’eau, signe que le phénomène dépasse le seul cadre creusois.
Un témoignage qui fait écho ailleurs
Le récit de Pascal Mareix n’est pas isolé. La Montagne évoquait déjà fin juin le désarroi de plusieurs agriculteurs creusois devant une herbe jaunie alors que l’été n’avait pas encore réellement commencé. Ce témoignage a ensuite été relayé plus largement, jusqu’à mi-juillet 2026, signe que la situation dans le département a dépassé le cadre d’un simple aléa local.
À Mazeirat, l’éleveur poursuit son travail au rythme imposé par la chaleur, sans certitude sur l’évolution des prochaines semaines. Les autorités locales n’ont pas communiqué, à ce stade, sur d’éventuelles mesures spécifiques pour les exploitations d’élevage du département.
