Médipôle Cabestany : 26e jour de grève, la direction rompt le dialogue et menace de fermer
Après une décision de justice suspendant les réquisitions préfectorales, le groupe Elsan a raccroché lors d'un échange avec l'intersyndicale le 19 mai 2026.
La clinique Médipôle Saint-Roch de Cabestany entre dans son 26e jour de grève ce 19 mai 2026. La direction du groupe Elsan a suspendu toutes ses propositions de négociation puis rompu le dialogue social. Elle menace désormais de fermer temporairement l'établissement.
La clinique Médipôle Saint-Roch de Cabestany entre dans son 26e jour de grève ce 19 mai 2026. La direction du groupe Elsan a suspendu toutes ses propositions de négociation puis rompu le dialogue social. Elle menace désormais de fermer temporairement l’établissement.
L’essentiel
- 26 jours : la grève a débuté le 24 avril 2026, issue des négociations annuelles obligatoires (NAO) sur salaires et conditions de travail.
- 600 salariés, 394 lits : la clinique Médipôle Saint-Roch (groupe Elsan) est l’un des établissements privés structurants du bassin perpignanais.
- Rupture le 19 mai : la direction a suspendu toutes ses propositions puis raccroché lors d’un échange avec l’intersyndicale CGT/CFDT/FO après la décision du tribunal administratif de Montpellier.
- Décision judiciaire du 18 mai : le tribunal administratif de Montpellier a suspendu les réquisitions de personnel ordonnées par le préfet Pierre Regnault de La Mothe.
- Revendication centrale : maintien d’une prime d’intéressement pouvant atteindre 1 500 € par an et amélioration des conditions de travail.
Un conflit parti des négociations salariales annuelles
La grève a démarré le 24 avril 2026 à l’issue d’une session de négociations annuelles obligatoires (NAO) qui n’a pas abouti. L’intersyndicale CGT/CFDT/FO réclame principalement le maintien d’une prime d’intéressement pouvant atteindre 1 500 euros par an - ou sa transformation en 13e mois - et des améliorations concrètes des conditions de travail, selon ICI France Bleu Occitanie.
La clinique Médipôle Saint-Roch, détenue par le groupe Elsan, emploie environ 600 personnes et dispose de 394 lits et places. C’est l’un des principaux établissements de santé privés du département. Les Pyrénées-Orientales comptent déjà plusieurs faits marquants ces dernières semaines, mais ce conflit social dure depuis près d’un mois sans résolution.
Le coup de théâtre du 19 mai au matin
Le 18 mai, le tribunal administratif de Montpellier a suspendu les réquisitions de personnel ordonnées par le préfet des Pyrénées-Orientales Pierre Regnault de La Mothe. Ces réquisitions visaient à imposer un service minimum et avaient été contestées en justice par les syndicats.
Le lendemain matin, la direction a tiré les conséquences de cette décision à sa façon : elle a suspendu toutes ses propositions de négociation, puis raccroché lors d’un échange téléphonique ou direct avec l’intersyndicale, selon L’Indépendant. Le dialogue social est désormais totalement rompu.
La direction parle de « blocage inédit » et menace de fermer
Dans ses déclarations rapportées par L’Indépendant, la direction du groupe Elsan qualifie la situation de « niveau de blocage inédit ». Elle accuse l’intersyndicale de prendre les patients « en otage ».
Face à cette impasse, la direction envisage deux mesures : le transfert de patients vers d’autres établissements et, si nécessaire, la fermeture temporaire de la clinique. La direction aurait également formulé une demande de médiateur externe, sans que les modalités précises aient été précisées à ce stade.
Les grévistes saluent la décision judiciaire
L’intersyndicale CGT/CFDT/FO a tenu une assemblée générale le matin du 19 mai. La déléguée CGT Anne-Laure Affani a réagi à la suspension des réquisitions préfectorales, affirmant que « la justice a entendu [leur] argumentaire », toujours selon L’Indépendant.
Les syndicats dénoncent la rupture unilatérale du dialogue par la direction. Ils auraient redemandé des créneaux d’entrevue à la direction sans obtenir de réponse concrète dans l’immédiat.
Le groupe Elsan est le leader de l’hospitalisation privée en France avec 217 établissements, 28 000 collaborateurs et 7 500 médecins, selon les données du groupe. Cette grève à Cabestany n’est pas isolée : France 3 Occitanie rapportait début mai qu’une autre clinique du groupe à Perpignan avait connu une mobilisation similaire, avec une reprise du travail sans accord de fin de conflit.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Les Pyrénées-Orientales (66) font partie des départements où la tension dans le secteur de la santé privée est particulièrement visible. Le bassin perpignanais repose en partie sur quelques gros établissements privés pour couvrir les besoins hospitaliers. Une fermeture, même temporaire, de la clinique Médipôle Saint-Roch pèserait sur l’offre de soins locale.
La présence du groupe Elsan dans le département concentre une part significative de l’activité chirurgicale et médicale privée. Perpignan, ville de 120 000 habitants environ, ne dispose pas d’une offre hospitalière privée suffisamment diversifiée pour absorber facilement un transfert massif de patients.
Les réquisitions préfectorales ordonnées par Pierre Regnault de La Mothe témoignent de la pression exercée par les autorités pour maintenir un niveau minimal d’activité. Leur suspension par le tribunal administratif de Montpellier constitue un précédent notable dans la gestion de ce conflit.
D’autres conflits sociaux dans des établissements de santé privés en région Occitanie ont parfois duré plusieurs semaines avant déboucher sur une médiation. Aucune issue comparable n’a été annoncée à Cabestany à ce stade.
La suite : médiation ou escalade ?
La direction a évoqué la piste d’un médiateur externe, sans calendrier précis annoncé. Les grévistes, eux, demandent une reprise des négociations. Les conflits sociaux de longue durée dans des services essentiels impliquent souvent un recours à une médiation institutionnelle pour sortir de l’impasse.
Tant qu’aucun médiateur n’est désigné et qu’aucune date de reprise des discussions n’est fixée, le risque d’une fermeture temporaire ou de transferts de patients reste réel pour les résidents du secteur de Cabestany et du grand Perpignan.
Sources
- L'Indépendant : 26e jour de grève à Médipôle : la direction menace de fermer l'établissement
- L'Indépendant : Coup de théâtre à Médipôle : la direction a suspendu toutes ses propositions avant de raccrocher
- ICI (France Bleu Occitanie) : 23 jours de grève chez Médipôle à Cabestany : les syndicats dénoncent des réquisitions
- France 3 Occitanie : Cliniques Elsan en grève : reprise à Perpignan mais pas d'accord à Cabestany