À Mende, la ville porte plainte après une bataille d’affichage entre Résistance et extrême droite
Un collectif féministe honorait des résistantes, un groupuscule d'extrême droite a dégradé les affiches pendant le week-end du 8 mai
À Mende, préfecture de la Lozère, le week-end du 8 mai 2026 a été marqué par une bataille d'affichage entre un collectif féministe rendant hommage à des figures de la Résistance et le groupuscule d'extrême droite Jeunesse mendoise. Des stickers et messages haineux ont été collés sur le mobilier urbain. La mairie a déposé plainte pour dégradations de l'espace public.
À Mende, préfecture de la Lozère, le week-end du 8 mai 2026 a été marqué par une bataille d’affichage entre un collectif féministe rendant hommage à des figures de la Résistance et le groupuscule d’extrême droite Jeunesse mendoise. Des stickers et messages haineux ont été collés sur le mobilier urbain. La mairie a déposé plainte pour dégradations de l’espace public.
L’essentiel
- Plainte déposée : la Ville de Mende a porté plainte pour dégradations de l’espace public après les faits du week-end du 8 mai 2026.
- Auteurs présumés : le groupuscule Jeunesse mendoise, lié à la mouvance nationaliste révolutionnaire, est mis en cause pour avoir dégradé des affiches commémoratives avec stickers et messages haineux.
- Contexte commémoratif : les affiches dégradées avaient été posées par un collectif féministe pour honorer des résistantes au nazisme à l’occasion du 81e anniversaire du 8 mai 1945.
- Précédent récent : en septembre 2025, la mairie avait déjà porté plainte contre Jeunesse mendoise pour des affiches racistes portant le message « L’immigration tue ».
- Population : Mende compte 13 292 habitants au 1er janvier 2026, selon l’INSEE.
Des affiches de résistantes recouvertes de stickers
À l’occasion du 8 mai 2026, un collectif féministe avait placardé sur les murs de Mende des affiches reprenant les noms de figures féminines de la Résistance au nazisme. Initiative commémorative, elle visait à rappeler le rôle des femmes dans la lutte contre l’occupant.
Ces affiches n’ont pas survécu intact au week-end. Selon Midi Libre et la radio 48FM, qui ont couvert l’événement, le groupuscule Jeunesse mendoise y a apposé des stickers et inscrit des messages à caractère haineux sur le mobilier urbain alentour. Les dégradations ont été constatées dans l’espace public de la préfecture lozérienne.
La mairie saisit la justice
Face à ces dégradations, la Ville de Mende a déposé plainte, confirmant une position ferme déjà adoptée par le passé. Dans son communiqué, la mairie précise que « ces agissements portent atteinte à la qualité de vie des Mendois, à l’image de la ville, ainsi qu’au respect dû aux biens publics ».
La plainte vise les dégradations de l’espace public. À ce stade, aucune information n’a été communiquée sur d’éventuelles suites judiciaires immédiates ni sur l’identité des personnes qui pourraient être convoquées.
Qui est Jeunesse mendoise ?
Jeunesse mendoise est un groupuscule local d’extrême droite revendiquant la mouvance nationaliste révolutionnaire. Son logo, selon 48FM et France Bleu Occitanie, représente un évêque sur fond de croix celtique, référence visuelle aux courants identitaires radicaux.
Le Collectif du 9-Mai, également mentionné dans les précédents locaux, est une structure nationale créée en 1994 pour commémorer la mort de Sébastien Deyzieu, militant nationaliste décédé lors d’une manifestation. Le collectif organise chaque année un rassemblement à Paris, dont l’édition 2026 avait fait l’objet d’une interdiction préfectorale, selon Midi Libre.
Un historique de faits similaires à Mende
Ce n’est pas la première fois que Mende est confrontée à ce type d’actions. En septembre 2025, Jeunesse mendoise avait déjà affiché dans la ville des visuels portant le slogan « L’immigration tue ». La mairie avait alors déposé une première plainte, selon 48FM et France Bleu Occitanie.
En mai 2025, des autocollants du Comité du 9-Mai avec des messages anti-Black Lives Matter et anti-immigration avaient été collés sur les boulevards de la ville, selon 48FM. Ces faits constituent un contexte local de plusieurs mois de présence de ces groupuscules dans l’espace public mendois.
Cette recrudescence d’actions d’extrême droite dans une ville de moins de 15 000 habitants n’est pas sans rappeler des dynamiques observées ailleurs en France. L’affaire de Crépol, dont l’enquête vient d’être close avec 14 suspects renvoyés aux assises, illustre la manière dont des faits locaux peuvent acquérir une résonance nationale dans un contexte de tensions politiques.
Contexte dans la Lozère
Mende est la préfecture de la Lozère, département le moins peuplé de France métropolitaine. La ville compte 13 292 habitants au 1er janvier 2026 selon l’INSEE. Elle concentre les institutions départementales et porte une histoire de résistance particulièrement documentée.
La Résistance lozérienne a émergé dès 1940-1941, à partir de petits groupes aux sensibilités politiques diverses, selon les Archives nationales de France. Mende a été libérée le 19 août 1944. Ce passé est régulièrement commémoré lors des cérémonies du 8 mai, ce qui confère aux dégradations de cette année une charge symbolique supplémentaire.
En Lozère, département rural isolé, les actions de groupuscules politiques dans l’espace public sont peu fréquentes. Leur répétition depuis mai 2025 constitue un fait notable pour les autorités locales. Dans d’autres départements ruraux comme le Jura, les week-ends prolongés de mai ont également mobilisé les forces de l’ordre de manière accrue cette année.
Suites attendues
La plainte déposée par la mairie a été transmise aux services de police. Les investigations sont en cours, selon les informations disponibles à ce stade. La question de l’identification des auteurs des dégradations reste ouverte.
Du côté du collectif féministe à l’origine des affiches, aucune réaction officielle n’avait été rendue publique au moment de la publication de cet article. La mairie n’a pas précisé si elle envisageait des mesures supplémentaires de protection du mobilier urbain ou de surveillance de l’espace public.
Le parquet de Mende devra désormais décider des suites à donner à cette plainte, dans un contexte où des faits similaires ont déjà été signalés sans qu’une condamnation publique ait été annoncée à ce jour.
Sources
- Midi Libre : Entre figures de la Résistance et extrême droite, bataille d'affichage sur les murs de Mende : la Ville porte plainte
- 48FM : Bataille d'affichages dans les rues de Mende
- France Bleu Occitanie : En Lozère, des affiches à caractère raciste découvertes à Mende, la mairie porte plainte
- 48FM : Multiplication d'affichages d'extrême droite en Lozère