Mercato OM : l’argent manque, les transferts à 10 M€ bloqués
Entre amende UEFA de 10 M€, encadrement DNCG et déficit record de 105 M€, l'Olympique de Marseille ne peut finaliser aucune arrivée modeste.
L'Olympique de Marseille traverse un mercato d'été paralysé par les finances. Sanctionné par l'UEFA et la DNCG, le club ne peut boucler des transferts pourtant modestes, comme celui du latéral Arsène Kouassi (Lorient), déjà devancé par le Paris FC.
L’essentiel
- Amende UEFA : 10 millions d’euros infligés le 17 juin 2026 pour non-respect du fair-play financier.
- Encadrement DNCG : la masse salariale et les indemnités de mutation sont strictement contrôlées depuis le 26 juin.
- Déficit record : 105 millions d’euros pour l’exercice clos en juin 2025, selon L’Équipe.
- Blocage emblématique : le transfert d’Arsène Kouassi (latéral gauche, 22 ans) à 10 M€ est impossible ; le Paris FC a pris les devants.
- Vente urgente Greenwood : 55 M€ attendus d’ici le 30 juin, mais 40 % doivent revenir à Manchester United.
Deux sanctions qui étranglent le mercato
L’Olympique de Marseille aborde l’été 2026 avec des marges de manœuvre quasi nulles. Le 17 juin, l’UEFA a infligé au club une amende de 10 millions d’euros pour non-respect du fair-play financier, comme l’a confirmé l’instance européenne. Neuf jours plus tard, le 26 juin, la DNCG - le gendarme financier du foot français - a officiellement imposé un encadrement strict de la masse salariale et des indemnités de mutation.
Ces deux décisions s’ajoutent à un déficit net record de 105 millions d’euros pour l’exercice clos en juin 2025, chiffre révélé par L’Équipe. Le propriétaire Frank McCourt exige désormais entre 50 et 60 millions d’euros de plus-values sur les ventes et une baisse de 40 % de la masse salariale, selon Football Club de Marseille.
Pour piloter ce chantier, une nouvelle direction a été mise en place : Stéphane Richard comme futur président et Grégory Lorenzi comme directeur sportif, rapporte Foot01.
Arsène Kouassi : le symbole des arrivées impossibles
Le cas d’Arsène Kouassi illustre parfaitement la situation. Le latéral gauche de 22 ans du FC Lorient intéressait l’OM depuis plusieurs semaines. Le montant du transfert était évalué à 10 millions d’euros, une somme modeste pour un club de l’ambition de Marseille. Mais sans trésorerie disponible, le club n’a pu concrétiser.
Résultat : le Paris FC a pris les devants. Selon Le10Sport, les dirigeants parisiens ont déjà entamé des discussions concrètes avec l’entourage du joueur. L’information a été confirmée par le journaliste Sacha Tavolieri, spécialiste du mercato.
Ce tweet du compte Le10Sport résume le paradoxe : « Transfert à 10M€ : En manque d’argent, l’OM est bloqué ! ».
Des départs qui patinent : Højbjerg et Greenwood
Côté sorties, les choses ne sont guère plus fluides. Les négociations pour le transfert du milieu danois Pierre-Emile Højbjerg sont suspendues en raison de désaccords financiers, rapporte Le10Sport. Le joueur, sous contrat jusqu’en 2028, n’a pas encore trouvé de destination.
Plus pressant encore : la vente de Mason Greenwood. L’OM souhaite le céder pour 55 millions d’euros avant le 30 juin 2026, date de clôture de l’exercice comptable. Mais 40 % de cette somme (soit 22 millions) doit revenir à Manchester United, qui a négocié une clause de revente lors du transfert en janvier 2025. Le club phocéen doit donc trouver un acheteur capable de payer cash une somme nette suffisante.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
L’Olympique de Marseille n’est pas un club ordinaire dans son département. Institution centenaire et vitrine sportive des Bouches-du-Rhône, il génère des retombées économiques majeures : emplois directs et indirects, tourisme, commerce local. Les difficultés financières actuelles pourraient affecter tout un écosystème, des fournisseurs aux collectivités territoriales qui soutiennent le club. Marseille, deuxième ville de France, suit avec attention l’évolution de ce mercato, révélateur de la santé du football professionnel dans la région.
Prochaine étape : le 30 juin 2026, date butoir pour la vente de Greenwood. Si l’OM ne parvient pas à boucler cette cession ou à trouver d’autres solutions de trésorerie, l’encadrement de la DNCG pourrait se durcir, compliquant encore le recrutement pour la saison à venir. La nouvelle direction, Stéphane Richard en tête, devra faire preuve d’ingénierie financière pour sortir de cette impasse.