OM : mercato bloqué, McCourt contesté, un club sous pression financière
Zéro recrue, 80 millions de ventes exigés, propriétaire absent l'OM étouffe sous les contraintes financières
Aucune arrivée, 80 millions d'euros de ventes exigées, masse salariale à réduire drastiquement l'Olympique de Marseille traverse l'un des mercatos les plus contraints de son histoire moderne.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Gestion à distance contestée
Frank McCourt, accusé d'être un propriétaire fantôme, gère le club par email et rapports Excel sans comprendre les spécificités marseillaises.
Pression sportive
Pablo Longoria doit composer avec un effectif incomplet et des moyens inexistants, dans un contexte de rigueur imposée.
Légitimité en question
Neuf ans sans titre, un mercato à l'arrêt, des supporters qui exigent la vente : McCourt n'incarne pas l'OM malgré 750 millions de dollars injectés.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2016
Arrivée de McCourt
Frank McCourt devient propriétaire de l'OM et débute une injection de fonds qui atteindra 750 millions de dollars
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17 juin 2026
Amende UEFA
L'UEFA inflige 10 millions d'euros d'amende pour non-respect du fair-play financier et exige une réduction de 40 % de la masse salariale
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26 juin 2026
Encadrement DNCG
La DNCG prononce un encadrement strict de la masse salariale et des indemnités de mutation
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Été 2026
Mercato bloqué
Aucune arrivée enregistrée, 0 euro dépensé après plus d'un mois d'ouverture du mercato estival
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30 juin 2027
Échéance critique
Date limite pour générer 80 millions d'euros de ventes et respecter les exigences de la DNCG et de l'UEFA
Au siège du club, on ne parle plus de recrutement. On parle de ventes. Grégory Lorenzi - le nouveau directeur sportif, scrute le marché des joueurs libres et des profils à moins de 10 millions d’euros. Chaque arrivée est conditionnée à un départ préalable. Le mercato estival 2026 affiche un bilan glacial: 0 arrivée - 0 euro dépensé sur le marché des transferts après plus d’un mois d’ouverture.
La raison tient en deux dates et trois chiffres. Le 26 juin 2026 - la DNCG a prononcé un encadrement strict de la masse salariale et des indemnités de mutation. Objectif imposé: générer 80 millions d’euros de ventes de joueurs d’ici le 30 juin 2027. Le 17 juin - l’UEFA avait déjà infligé une amende de 10 millions d’euros pour non-respect du fair-play financier, exigeant une réduction de 40 % de la masse salariale, de 160 millions à moins de 100 millions d’euros.
Le club vend pour équilibrer, pas pour renforcer
Mason Greenwood a été transféré à Fenerbahçe pour une indemnité de 39 millions d’euros, montant confirmé par plusieurs sources concordantes en juillet 2026. à Fenerbahçe cet été. L’OM n’a touché que 27 millions nets, le club ne détenait que 60 % des droits. Pierre-Emerick Aubameyang est parti au Deportivo La Corogne pour 1,5 million d’euros. Hamed Junior Traoré a été prêté au Genoa. Ces départs ont libéré environ 15 millions d’euros de masse salariale annuelle. Pas assez.
Stéphane Richard - le président de l’OM, l’a dit brutalement: « Ce modèle qui a été mis en place ces dernières années et qui a été poussé au maximum la saison dernière a entraîné une situation de crise. Financière, avec un déficit considérable, qu’il faut combler, et sportive. Ce modèle-là, c’est fini! ». On ne peut pas garder un effectif qui engendre une masse salariale supérieure à 100 millions d’euros par an.
Qui dirige vraiment l’OM? Une gouvernance à deux têtes
La structure de gouvernance actuelle soulève des questions. Stéphane Richard occupe formellement le poste de président de l’OM depuis son arrivée récente, avec pour mission d’imposer une rigueur budgétaire stricte. Pablo Longoria - lui, conserve le titre de président, une coexistence qui reflète une répartition des rôles encore floue dans la communication publique du club.
Dans les faits, Richard incarne la supervision financière et la relation avec l’actionnaire McCourt, tandis que Longoria gère le sportif et les négociations de transferts. Mais cette dualité crée une confusion: qui porte la responsabilité ultime des décisions? Un observateur proche du dossier résume: « Il y a une volonté de bien faire, mais tout cela est parasité par l’incertitude sur les moyens réels que McCourt est prêt à injecter. Sans vision claire de la part du sommet, Longoria travaille avec un frein à main. ».
McCourt: 750 millions injectés, mais une gestion à distance critiquée
Frank McCourt possède l’OM depuis 2016. Il a injecté près de 750 millions de dollars depuis son arrivée. Au printemps 2026, il a encore remis 30 millions d’euros pour maintenir le club à flot et consolider le dossier présenté à la DNCG. Pourtant, son implication est perçue comme minimale, déconnectée du terrain marseillais.
Un observateur résume la critique: « McCourt, je ne sais pas s’il a réellement compris où il avait mis son oseille. À chaque fois qu’il arrive, on a l’impression qu’il est invité. ». Une partie des supporters et des observateurs l’accusent d’être un « propriétaire fantôme » qui délègue sans comprendre les spécificités marseillaises. Dans les médias locaux, la formule revient en boucle: « On ne gère pas un club comme l’OM par email ou via des rapports Excel ».
Selon des sources internes, le propriétaire américain aurait été « estomaqué » par la situation économique héritée des saisons précédentes. Cela a conduit à l’intervention du cabinet Tifosy Capital & Advisory pour auditer les comptes.
Une légitimité en lambeaux après neuf ans sans titre
À Marseille, la légitimité d’un propriétaire ne se mesure pas qu’aux millions injectés. Elle se construit dans la proximité, l’incarnation, et surtout les trophées. Frank McCourt a échoué sur les trois tableaux. Neuf ans de propriété - 750 millions de dollars investis - et pas un seul titre majeur à afficher. Les supporters, eux, ne pardonnent plus: « 9 ans qu’il est propriétaire y’a pas 1 seul titre, on est 2eme direct en LDC notre mercato c’est que des prêts avec option d’achat ».
L’héritage Tapie reste l’étalon-or, une fusion totale entre le propriétaire et l’identité du club. McCourt, malgré les centaines de millions injectés, n’a jamais incarné cette figure. Pire: il est perçu comme un gestionnaire à distance, pilotant le club depuis Boston. Un observateur résume le malaise: « McCourt, je ne sais pas s’il a réellement compris où il avait mis son oseille. À chaque fois qu’il arrive, on a l’impression qu’il est invité. »
L’ère Margarita Louis-Dreyfus avait déjà marqué un désintérêt progressif, laissant le club en autarcie jusqu’à la vente. McCourt reproduit le même schéma, mais avec une communication plus active qui rend le décalage encore plus visible. En 2024, il avait tenté de vendre le club à hauteur de 1,2 milliard de dollars pour 100 % du capital. Aujourd’hui, plusieurs sources évoquent une possible vente autour de 500 à 700 millions d’euros. La valorisation a fondu. La légitimité aussi.
Ce que personne ne dit: la crise actuelle vient d’une fuite en avant comptable
Le mercato bloqué n’est pas une simple conséquence du fair-play financier. C’est le symptôme d’une gestion qui a poussé le modèle économique au maximum pendant des années, sans jamais construire de marge de sécurité. La masse salariale à 160 millions - les transferts à crédit, les indemnités gonflées: tout cela a été validé en interne, saison après saison, jusqu’à l’alerte brutale de la DNCG et de l’UEFA en juin 2026.
La DNCG n’exige pas seulement 80 millions de ventes d’ici juin 2027. Elle impose aussi une réduction importante de la masse salariale. Le club doit vendre entre 50 et 60 millions d’euros d’ici fin juin 2026 pour simplement valider l’exercice en cours. Dans ce contexte, recruter est devenu un luxe inaccessible.
Un contexte de rigueur imposée
Pablo Longoria négocie dans un cadre contraint par l’actionnaire et la pression locale. Mehdi Benatia - conseiller sportif, tente de trouver des opportunités sans marge de manœuvre financière. Stéphane Richard et Grégory Lorenzi incarnent cette volonté de repartir sur des bases saines. Mais la réalité du terrain reste implacable: chaque recrue dépend d’un départ, chaque dossier est conditionné à un montage financier incertain.
Le mercato se termine dans trois semaines. Pour l’instant, le compteur des arrivées reste bloqué à zéro.
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