Meurtre au François : le tireur présumé mis en examen et placé en détention provisoire
Un adolescent de 17 ans tué et un homme de 39 ans grièvement blessé le 30 mai au François. L’auteur présumé, arrêté après un mois de cavale, a été écroué le 25 juin.
Le 30 mai 2026, une fusillade près d’une station-service au François a coûté la vie à un jeune de 17 ans et grièvement blessé un homme de 39 ans. Le tireur présumé, interpellé le 23 juin après près d’un mois de cavale, a été mis en examen et placé en détention provisoire le 25 juin au centre pénitentiaire de Ducos. Deux complices avaient déjà été condamnés le 5 juin.
L’essentiel
- 30 mai 2026 : Fusillade rue Homère Clément au François. Un adolescent de 17 ans est tué sur place, un homme de 39 ans est blessé au thorax.
- 23 juin : Interpellation du tireur présumé par la gendarmerie après près d’un mois de cavale.
- 25 juin : Le suspect est mis en examen pour meurtre et tentative de meurtre et placé en détention provisoire à Ducos.
- 5 juin : Deux complices condamnés à 15 mois et 3 ans de prison ferme pour recel de malfaiteur et destruction de preuves.
Les faits du 30 mai à la station-service
Le samedi 30 mai 2026, vers 19h30, une fusillade éclate rue Homère Clément, en centre-ville du François, près d’une station-service. Un adolescent de 17 ans est mortellement touché par balles. Il décède sur place malgré l’intervention du SAMU et des sapeurs-pompiers. Un homme de 39 ans, également atteint par plusieurs tirs au thorax, est transporté en urgence absolue au CHU Pierre Zobda-Quitman de Fort-de-France, où il est hospitalisé.
Selon les premiers éléments recueillis par les gendarmes, la victime décédée aurait tenté de s’interposer dans une bagarre survenue entre plusieurs personnes. Le blessé grave serait un tiers présent sur les lieux.
Un mois de cavale et l’interpellation du 23 juin
Le tireur présumé prend la fuite immédiatement après les faits. Les gendarmes de la compagnie du François lancent un appel à témoins et diffusent un signalement. Pendant près d’un mois, l’homme reste introuvable. Il est finalement interpellé le mardi 23 juin 2026, à l’issue d’une opération conjointe de la gendarmerie et du groupe d’intervention régional (GIR). L’arrestation a eu lieu dans le nord de l’île, sans heurts, a précisé la gendarmerie.
Interrogé en garde à vue, le suspect reconnaît les faits : il admet avoir ouvert le feu avec une arme de poing lors de la rixe. Il est présenté au parquet de Fort-de-France le 24 juin.
Mise en examen et détention provisoire
Le jeudi 25 juin 2026, le juge des libertés et de la détention place le suspect en détention provisoire au centre pénitentiaire de Ducos. Il est mis en examen pour « meurtre » et « tentative de meurtre » par le pôle criminel du tribunal judiciaire de Fort-de-France. Selon une source judiciaire, l’homme, âgé d’une vingtaine d’années et déjà connu des services de police pour des faits de droit commun, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Le magistrat instructeur a ordonné une expertise psychiatrique et balistique. L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de la rixe et identifier d’éventuels autres protagonistes.
Les complices condamnés dès le 5 juin
Dès le 5 juin 2026, deux hommes proches du tireur présumé avaient été jugés en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Fort-de-France. Ils étaient poursuivis pour « recel de malfaiteur » et « destruction de preuves » : l’un avait caché l’arme du crime, l’autre avait aidé le fuyard à se soustraire aux recherches.
Le tribunal a condamné le premier à 3 ans de prison ferme, le second à 15 mois de prison ferme. Tous deux ont été incarcérés immédiatement. Aucun d’eux n’a fait appel.
Contexte dans le département : 13e homicide de l’année 2026
Cette fusillade est le 13e homicide recensé en Martinique depuis le 1er janvier 2026. Sur ces 14 affaires, 13 ont été commises avec une arme à feu, selon les chiffres de la préfecture. L’île connaît une recrudescence des violences par armes à feu depuis plusieurs mois, notamment dans les communes du Centre (Fort-de-France, Le Lamentin, Ducos) et de la côte atlantique (Le François, Le Vauclin).
Le préfet de la Martinique, Etienne Desplanques, a réagi le 2 juin en annonçant l’intensification des contrôles routiers et des opérations de saisies d’armes illégales. Depuis le début de l’année, plus de 80 armes de poing et 300 munitions ont été saisies par les forces de l’ordre, selon un bilan de la gendarmerie.
Le maire du François, Lionel Grandin, a convoqué une réunion d’urgence le 3 juin avec le procureur de la République, le commandant de gendarmerie et la police municipale. Il a annoncé l’installation de nouvelles caméras de vidéoprotection et le renforcement des patrouilles de nuit en centre-ville. « Nous ne pouvons pas accepter que des jeunes perdent la vie dans notre commune à cause de règlements de comptes », a-t-il déclaré.
Prochaine étape
L’enquête se poursuit sous l’autorité du juge d’instruction de Fort-de-France. Une audience devant la chambre de l’instruction pourrait être fixée dans les prochains mois pour statuer sur la prolongation éventuelle de la détention provisoire. Le procès criminel ne devrait pas avoir lieu avant 2027 ou 2028, compte tenu des délais judiciaires en Martinique.