Meurtre de Benoît à Dax : un an après, son père lance un appel contre le « laxisme » judiciaire

Thierry Vacelet, le père de Benoît, 17 ans, poignardé le 31 mai 2025 à Dax, a publié une tribune dans Le JDD dénonçant l'inaction de la justice et réclamant que le suspect mineur soit jugé comme un majeur.

Meurtre de Benoît à Dax : un an après, son père lance un appel contre le « laxisme » judiciaire
Illustration Christophe Dufour / info.fr

Un an après le drame, Thierry Vacelet brise le silence. Dans une tribune intitulée « La France doit être à la hauteur », il dénonce le laxisme judiciaire face aux mineurs multirécidivistes et réclame justice pour son fils. Le suspect, âgé de 16 ans au moment des faits, avait déjà commis cinq délits sans être condamné.

L’essentiel

  • Fait 1 : Benoît Vacelet, 17 ans, a été poignardé à mort le 31 mai 2025 à Dax, près de la place de la Fontaine Chaude.
  • Fait 2 : Le suspect, un mineur de 16 ans, a été mis en examen pour assassinat et écroué depuis le 8 juin 2025.
  • Fait 3 : Une marche blanche a réuni environ 400 personnes à Dax le 6 juin 2026, jour du premier anniversaire de la mort de l’adolescent.
  • Fait 4 : Thierry Vacelet, le père, a publié une tribune dans Le JDD intitulée « La France doit être à la hauteur » pour dénoncer le laxisme judiciaire.
  • Fait 5 : Le procès du suspect est envisagé pour 2027 ou 2028, avec une possible levée de l’excuse de minorité.

Ce qui s’est passé le 31 mai 2025

Benoît Vacelet, lycéen de 17 ans, a été mortellement poignardé en soirée le 31 mai 2025 à Dax, en marge des célébrations de la finale de la Ligue des champions. Le drame s’est déroulé près de la place de la Fontaine Chaude, dans le centre-ville. Selon les premiers éléments de l’enquête, le différend aurait pour origine une casquette volée. Transporté en urgence à l’hôpital, l’adolescent n’a pas survécu à ses blessures.

Le suspect, un mineur de 16 ans prénommé Selman, se rend aux autorités une semaine après les faits. Il est mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire, indique France 3 Régions. Le jeune homme était déjà connu des services de police pour cinq délits commis en 2024, mais n’avait pas encore été condamné, selon Europe 1.

« La France doit être à la hauteur » : l’appel du père

Un an après le drame, Thierry Vacelet a pris la parole dans les colonnes du Journal du Dimanche. Dans une tribune sobrement intitulée « La France doit être à la hauteur », le père de Benoît dénonce ce qu’il qualifie de « laxisme judiciaire ». Il pointe du doigt le parcours du suspect, qui selon lui n’a pas été suffisamment pris en charge malgré ses antécédents. « Comment un adolescent de 16 ans, déjà connu pour cinq délits, pouvait-il encore être en liberté ? », interroge-t-il.

Thierry Vacelet réclame que le suspect soit jugé comme un majeur, sans bénéfice de l’excuse de minorité. « Les magistrats doivent avoir le courage de lever cette protection si l’accusé est jugé responsable de ses actes », écrit-il. Il demande aussi une réforme du système judiciaire pour les mineurs multirécidivistes, afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise. Sa tribune a été relayée par plusieurs médias nationaux.

Une marche blanche pour le premier anniversaire de la mort

Le 6 juin 2026, jour du premier anniversaire de sa mort, environ 400 personnes se sont rassemblées à Dax pour une marche blanche organisée par la famille. Selon France Bleu, le cortège a emprunté les rues du centre-ville jusqu’à la ruelle où l’adolescent a été tué. À cette occasion, une plaque commémorative a été dévoilée. Thierry Vacelet avait mené un combat d’un an pour obtenir son installation, finalement validée par la mairie.

Les participants, en majorité des jeunes et des parents, ont observé une minute de silence. « Ce rassemblement n’est pas un appel à la vengeance, mais un appel à la prise de conscience », avait déclaré le père lors de la marche, cité par Sud Ouest.

Le parcours judiciaire se déroule

Le suspect mineur est toujours en détention provisoire. L’instruction se poursuit, et selon Ligne Droite, le procès pourrait avoir lieu en 2027 ou 2028. La question de la levée de l’excuse de minorité devra être tranchée par les magistrats avant le procès. Si elle est accordée, l’accusé encourrait la réclusion criminelle à perpétuité, au lieu de vingt ans maximum pour un mineur.

L’avocat de la partie civile, Me Jean-François Marco, a indiqué que la famille souhaitait que le procès se tienne devant la cour d’assises des mineurs, mais avec une possible requalification des faits. Le père de Benoît, Thierry Vacelet, suit l’affaire de près. Il a confié à la presse locale que « chaque jour est une lutte pour que justice soit faite ».

Contexte dans les Landes

Le drame a profondément marqué le département des Landes, habituellement paisible en termes de criminalité violente. Dax, ville thermale de 22 000 habitants, connaît une vie paisible. L’homicide d’un adolescent dans ces circonstances a suscité une vague d’émotion dans toute la région. Plusieurs élus locaux, dont le maire de Dax, ont exprimé leur soutien à la famille. Une cellule psychologique a été ouverte au lycée où était scolarisé Benoît.

Dans le département, le débat sur la récidive des mineurs est ravivé. Peu de temps avant les faits, le procureur de la République de Mont-de-Marsan avait alerté sur une augmentation des violences chez les jeunes. Ce cas particulier a été cité par des associations de victimes comme un exemple des dysfonctionnements de la justice des mineurs. Dans le même temps, l’affaire Lyhanna, où des magistrats préparent une tribune nationale contre les sanctions du ministre de la Justice, alimente un contexte national de tension autour des politiques pénales.

Prochaine étape : le procès en 2027 ou 2028

L’affaire suit son cours devant le juge d’instruction. Aucune date d’audience n’a encore été fixée, mais les parties s’attendent à un procès d’ici deux à trois ans. D’ici là, Thierry Vacelet entend continuer à porter la parole de son fils. Il prévoit de créer une association pour accompagner les familles de victimes de violences commises par des mineurs. « Benoît ne doit pas être un numéro dans les statistiques, il doit être un signal d’alarme », conclut-il dans sa tribune.

Christophe
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Sources

Christophe Dufour

Christophe Dufour

Christophe est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Landes (40), avec Mont-de-Marsan pour chef-lieu. Spécialité du département : forêt landaise et surf international. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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