Meurtre à Pantin : un collègue de 27 ans inculpé pour avoir tué et caché le corps de Yasmine
Brahim B. a étranglé sa collègue le 23 avril à l'agence Al Hayat Voyages, dissimulé le corps dans un placard, puis feint de participer aux recherches pendant quatre jours.
À Pantin, en Seine-Saint-Denis, Yasmine Zekia Benhebri, 57 ans, a été tuée par étranglement dans l'agence de voyages où elle travaillait le 23 avril 2026. Son collègue Brahim B., 27 ans, a caché son corps dans un placard avant de participer aux recherches. Il a été mis en examen pour meurtre le 29 avril et placé en détention provisoire.
À Pantin, en Seine-Saint-Denis, Yasmine Zekia Benhebri, 57 ans, mère de famille, a été tuée le 23 avril 2026 dans les locaux de l’agence Al Hayat Voyages où elle était employée. Son collègue Brahim B., 27 ans, franco-tunisien, l’a frappée puis étranglée, avant de dissimuler son corps dans un placard. Pendant quatre jours, il a feint l’inquiétude. Le parquet de Bobigny l’a mis en examen pour meurtre le 29 avril.
L’essentiel
- 23 avril 2026 : Yasmine Zekia Benhebri, 57 ans, tuée par étranglement à l’agence Al Hayat Voyages à Pantin par son collègue Brahim B., 27 ans.
- 27 avril 2026 : le corps est découvert dans un placard de l’agence après une alerte de la famille, suite à une enquête de la brigade criminelle du parquet de Bobigny.
- 29 avril 2026 : Brahim B. est mis en examen pour meurtre et placé en détention provisoire à Villepinte.
- Mobile évoqué : le parquet de Bobigny évoque une intolérance à la frustration après un refus d’aide financière de la victime.
- Une expertise psychiatrique est en cours pendant l’instruction.
Le 23 avril dans l’agence : ce qui s’est passé
Ce jeudi 23 avril, Brahim B. demande à Yasmine Zekia Benhebri de l’argent pour aider sa mère. Elle refuse. Selon les éléments rapportés par le parquet de Bobigny et Le Parisien, il la frappe puis l’étrangle. Il enveloppe ensuite le corps dans un sac poubelle et le dissimule dans un placard de l’agence. Il nettoie la scène. Il jette le téléphone de la victime.
L’agence Al Hayat Voyages est spécialisée dans les voyages de pèlerinage à La Mecque. Yasmine Zekia Benhebri y était décrite comme une employée de longue date, sans histoires. Brahim B., perçu comme serviable par ses collègues, vivait seul dans le quartier.
Quatre jours à feindre l’inquiétude
Les jours suivants, Brahim B. participe aux recherches. Il alerte les commerçants du quartier. Il aide la police à fouiller les locaux - les placards inclus. La famille de Yasmine Zekia Benhebri, inquiète de son silence inhabituel (elle appelait son fils chaque fin de journée), donne l’alerte.
La brigade criminelle du parquet de Bobigny ouvre une enquête. L’enquête est d’abord qualifiée d’enlèvement et séquestration, avant d’être requalifiée en meurtre. Le 27 avril, quatre jours après les faits, le corps est découvert dans le placard de l’agence.
La garde à vue, les aveux, la mise en examen
Brahim B. est placé en garde à vue le 27 avril. Lors du premier interrogatoire, son emploi du temps présente des incohérences. Lors d’un second interrogatoire, il confesse. Il déclare à la juge, selon Le Parisien : « Je ne me rendais pas compte que j’avais commis cet acte. Pour moi elle avait juste disparu. »
Le 29 avril 2026, le parquet de Bobigny le met en examen pour meurtre. Il est placé en détention provisoire à Villepinte. Son avocat, Me Adrien Sorrentino, a déclaré : « C’est un huis clos et nous n’avons pour l’heure que les déclarations du mis en examen ; il nous manque le pourquoi de ce quelque chose d’abominable. »
Une expertise psychiatrique est prévue pendant l’instruction pour évaluer l’état mental du suspect. Le parquet de Bobigny qualifie les faits de meurtre avec extrême violence, possiblement lié à une intolérance à la frustration.
Contexte dans la Seine-Saint-Denis
Le département de Seine-Saint-Denis compte 1,6 million d’habitants et concentre une densité importante d’entreprises et d’agences de services. Les faits divers graves en milieu professionnel y ont laissé des traces dans la mémoire locale.
En 2018, à Saint-Denis, une policière avait été tuée accidentellement par un collègue avec son arme de service. L’auteur des faits avait été condamné en avril 2024 à quatre ans de prison, dont trois avec sursis, selon 20 Minutes. En 2020, à Montfermeil, un entrepreneur du bâtiment avait été retrouvé mort - égorgé - dans le sous-sol de son lieu de travail, selon Le Parisien. Les deux affaires avaient révélé des tensions internes non détectées avant le passage à l’acte.
Ces précédents posent une même question : les signaux faibles dans les relations de travail sont rarement formalisés, rarement remontés. Le cas de Pantin s’inscrit dans cette série, avec une singularité : le suspect a maintenu une façade opérationnelle pendant quatre jours, participant aux fouilles, interagissant avec les enquêteurs.
Des affaires similaires dans d’autres départements, comme des enquêtes ouvertes après des découvertes de corps dans des zones semi-publiques, montrent que les délais entre disparition et découverte peuvent s’étirer lorsque l’entourage professionnel est impliqué dans la dissimulation. Dans ce dossier, c’est la famille - et non l’employeur - qui a déclenché l’alerte.
Un profil qui interroge
Selon les éléments rapportés par Le Parisien et actu.fr, Brahim B. était décrit par ses collègues comme serviable. Aucun signe de tension visible n’avait été signalé avant le 23 avril. La demande d’argent et le refus qui a suivi constituent, selon le parquet, le déclencheur direct.
L’instruction devra établir s’il existait un historique de conflits entre les deux collègues. L’avocat de la défense indique ne pas disposer, à ce stade, d’éléments permettant d’expliquer le passage à l’acte. Le profil du suspect - jeune, intégré professionnellement, sans antécédent judiciaire connu à ce stade - rend l’affaire difficile à catégoriser.
Des affaires de procès complexes où la qualification pénale est discutée en cours d’instruction rappellent que la requalification des faits reste possible selon les résultats de l’expertise psychiatrique en cours.
Ce qu’il reste à établir
L’instruction est en cours au tribunal de Bobigny. L’expertise psychiatrique n’a pas encore rendu ses conclusions. Les raisons exactes du passage à l’acte - au-delà du refus d’aide financière évoqué par le parquet - n’ont pas été établies de façon définitive. La famille de Yasmine Zekia Benhebri n’a pas fait de déclaration publique à ce stade.
Me Adrien Sorrentino a indiqué que son client reste en détention provisoire à Villepinte dans l’attente des actes d’instruction. Les résultats de l’expertise psychiatrique constitueront un élément déterminant pour la suite de la procédure.
Sources
- Le Parisien : Pantin : il étrangle sa collègue, cache son corps dans un placard… puis participe aux recherches
- actu.fr : Seine-Saint-Denis : il tue sa collègue et cache son corps dans la cave de l'entreprise pendant trois jours
- La Dépêche : Il tue sa collègue, cache son corps dans un placard, puis participe aux recherches pour la retrouver
- 20 Minutes : Un ex-policier condamné pour avoir accidentellement tué sa collègue par balle