MNA à Menton : les services sociaux du 06 sous pression, le département cherche des solutions
Les mineurs non accompagnés affluent à la frontière franco-italienne, saturant les capacités d'accueil des Alpes-Maritimes malgré une baisse récente des arrivées.
À la frontière Menton-Vintimille, l'afflux de mineurs non accompagnés (MNA) continue de tendre les services sociaux du département. En 2025, 1910 jeunes ont été accueillis dans les Alpes-Maritimes. Les associations réclament davantage de moyens.
Quarante et un mineurs non accompagnés ont été confiés aux Alpes-Maritimes par décision judiciaire au 13 mars 2026, soit 1,83 % de la clé de répartition nationale, selon les données du ministère de la Justice. Un chiffre modeste en apparence, mais qui s’inscrit dans un contexte de saturation structurelle des dispositifs d’accueil.
En 2025, 1 910 MNA ont été accueillis dans le département, selon RCF Côte d’Azur. Une baisse de 54 % par rapport à 2024 - mais qui s’est accompagnée d’une réduction budgétaire de 6 millions d’euros. Le centre de Châteauneuf-Grasse, réquisitionné en urgence, a vu sa mise à disposition prolongée jusqu’en juin 2026, au grand dam du maire local, rapportait Le Figaro en décembre 2025.
Des violations documentées à la frontière
Un rapport publié le 10 janvier 2026 par des étudiants, relayé par Nice-Matin, documente des falsifications de dates de naissance à la frontière franco-italienne. Ces erreurs ou manipulations conduisent à des expulsions immédiates de mineurs, privés de toute protection. En 2024, environ un quart des migrants à Vintimille étaient des MNA, exposés selon une étude d’Oxfam citée dans ce même rapport à des violences et des refus d’accès à l’asile.
Le 20 février 2026, l’eurodéputée Manon Aubry s’est rendue au poste frontalier de Menton. Elle a dénoncé des conditions de détention inhumaines pour plus de 15 exilés, dont des mineurs retenus plus de quatre heures sans information sur leurs droits à l’asile.
La CNCDH demande un recensement national
Dans un avis du 17 juin 2025, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) recommande la création d’un outil national pour recenser annuellement les MNA. Elle dénonce également leur fichage à des fins migratoires plutôt que protectrices - une pratique qui contrevient, selon elle, aux obligations légales de protection de l’enfance.
Le pic de 2023 reste dans les mémoires : plus de 6 200 MNA étaient arrivés dans les Alpes-Maritimes entre janvier et octobre, selon Public Sénat, forçant le département à des réquisitions en urgence et à des appels répétés à l’État.
Un appel à projets pour 20 places supplémentaires
Le département des Alpes-Maritimes a lancé le 1er avril 2026 un appel à manifestation d’intérêt pour un lieu d’accueil de 20 places destinées aux MNA. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 15 mai, la commission de sélection se réunissant le 3 juin.
Le 14 avril, le maire de Saorge a répondu favorablement à cet appel, se disant prêt à mettre à disposition un terrain communal pour y créer un centre, selon Nice-Matin. Une réponse isolée pour l’instant : le département n’a pas précisé combien d’autres communes avaient manifesté leur intérêt.
Prochaine étape : la commission départementale se réunit le 3 juin 2026 pour sélectionner le ou les opérateurs chargés d’ouvrir le nouveau lieu d’accueil de 20 places.
Sources
- Nice-Matin : Que dit ce rapport publié par des étudiants sur la situation migratoire à la frontière franco-italienne
- Nice-Matin : À Saorge, le maire répond favorablement à la création d'un centre d'accueil pour mineurs non accompagnés
- Le Figaro : Près de Nice : un centre pour mineurs non accompagnés réquisitionné 6 mois de plus, le maire en colère
- CNCDH : Avis sur les mineurs non accompagnés