Montauban : le maire répond aux inquiétudes sur la mérule, pas de cas avérés selon lui

Une question d'opposition au conseil municipal du 18 mai relance la vigilance sur ce champignon destructeur de bois

Montauban : le maire répond aux inquiétudes sur la mérule, pas de cas avérés selon lui
Illustration Jérôme Barthas / info.fr

La mérule s'invite dans les débats du conseil municipal de Montauban. Le 18 mai 2026, l'élu d'opposition Arnaud Hilion a interrogé le maire Didier Lallemand sur la présence du champignon dans le centre ancien. Réponse du maire aucun cas avéré n'est connu à ce jour.

La mérule s’invite dans les débats du conseil municipal de Montauban. Le 18 mai 2026, l’élu d’opposition Arnaud Hilion a interrogé le maire Didier Lallemand sur la présence du champignon dans le centre ancien. Réponse du maire : aucun cas avéré n’est connu à ce jour.

L’essentiel

  • Conseil municipal du 18 mai 2026 : question orale d’Arnaud Hilion (Vivre Montauban) sur la présence de mérule dans les immeubles du centre ancien et les bâtiments publics.
  • Réponse du maire : aucun cas avéré connu à Montauban, pas de diagnostic systématique sur le patrimoine municipal, contrôles seulement occasionnels.
  • Pas d’arrêté préfectoral : la préfecture du Tarn-et-Garonne confirme qu’il n’en existe aucun dans le département relatif à la mérule.
  • Cartographie XYLODIAG : des cas sont néanmoins signalés dans le secteur de Montauban (code postal 82 000) et dans plusieurs communes du département.
  • Mesure envisagée : le maire évoque un message d’alerte dans le journal municipal pour rappeler l’obligation de signalement.

Une question venue des habitants du centre-ville

Arnaud Hilion, conseiller municipal d’opposition au sein du groupe socialiste Vivre Montauban, dit avoir été interpellé par plusieurs habitants du centre-ville, selon La Dépêche du Midi. Ces résidents s’inquiètent de la possible présence de mérule dans certains immeubles anciens. Face à cette remontée du terrain, l’élu a choisi de poser une question orale lors du conseil du 18 mai.

La question porte sur deux périmètres distincts : les immeubles privés du centre historique et les bâtiments appartenant à la commune. Pour ce département souvent aux prises avec des problèmes de gestion du quotidien, la mérule constitue un risque discret mais potentiellement coûteux.

Ce qu’est la mérule : un ennemi silencieux du bois

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La mérule (Serpula lacrymans) est un champignon lignivore. Elle se développe dans les environnements humides, s’attaque au bois des structures - poutres, planchers, charpentes - et fragilise les bâtiments de l’intérieur. Sa progression est souvent invisible à l’œil nu pendant des mois, ce qui complique le diagnostic précoce. La destruction peut être avancée avant qu’un propriétaire ne s’en aperçoive, selon les données croisées de La Dépêche et de la préfecture du Tarn-et-Garonne.

Dans les centres anciens, caractérisés par des bâtiments à forte densité de matériaux boisés et souvent mal ventilés, le risque est structurellement plus élevé. Montauban, avec son patrimoine en briques roses et ses immeubles anciens, n’échappe pas à cette réalité topographique.

La réponse du maire : vigilance sans alarmisme

Didier Lallemand a répondu sur plusieurs points. D’abord, le cadre réglementaire : le Tarn-et-Garonne ne fait l’objet d’aucun arrêté préfectoral relatif à la mérule, ce que confirme la page officielle de la préfecture. En l’absence d’un tel arrêté, aucune obligation de diagnostic systématique ne s’impose aux propriétaires ni à la commune.

Concernant le patrimoine municipal, le maire a indiqué que des contrôles occasionnels sont effectués, mais qu’il n’existe pas de programme de diagnostic systématique. Aucun cas avéré n’est connu à ce stade dans les bâtiments de la ville.

À titre d’exemple personnel, Didier Lallemand a mentionné, selon La Dépêche, avoir eu à gérer une suspicion de mérule dans un bâtiment proche du théâtre Olympe-de-Gouges. Il s’agissait finalement de poutres endommagées par des infiltrations d’eau, sans confirmation de mérule.

Sur la communication, le maire a évoqué la piste d’un message d’alerte dans le journal municipal. Il aurait notamment rappelé : « Si un propriétaire la détecte, il a obligation de la signaler », selon La Dépêche du Midi. Les modalités concrètes de cette communication n’ont pas été précisées à ce stade.

Contexte dans le Tarn-et-Garonne

Le Tarn-et-Garonne ne figure pas parmi les départements soumis à un arrêté préfectoral mérule, contrairement à plusieurs territoires du nord et de l’ouest de la France historiquement plus touchés. La préfecture le confirme explicitement sur son site : « Il n’existe pas d’arrêté préfectoral mérule dans le département ».

Pour autant, la cartographie publiée par XYLODIAG - spécialiste du diagnostic bois - signale la présence de cas déclarés dans le secteur de Montauban (82 000) ainsi que dans plusieurs autres communes du département, comme Castelsarrasin ou Grisolles. Cette cartographie ne prétend pas à l’exhaustivité et recense les cas signalés volontairement, ce qui implique que le nombre réel pourrait être sous-estimé.

Le centre ancien de Montauban, avec son bâti dense et des logements parfois vétustes, reste une zone à surveiller. Les problèmes d’humidité - infiltrations par toitures, remontées capillaires - constituent le principal vecteur de développement du champignon.

Ce que peuvent faire les propriétaires

En l’absence d’arrêté préfectoral, le signalement de la mérule repose sur la responsabilité individuelle des propriétaires. Tout vendeur d’un bien immobilier est tenu d’informer l’acquéreur d’une présence connue. Le diagnostic mérule n’est pas obligatoire dans le 82, mais reste conseillé pour les immeubles anciens présentant des signes d’humidité persistante.

Des organismes comme XYLODIAG proposent des diagnostics à la demande. Les services de la préfecture du Tarn-et-Garonne mettent en ligne les informations réglementaires relatives à la mérule et aux termites dans le cadre du dossier d’information acquéreur-locataire (IAL).

La question posée par Arnaud Hilion a au moins eu le mérite de mettre le sujet sur la table. La réponse du maire laisse ouverte la question d’un suivi plus structuré, notamment pour les bâtiments publics du centre-ville.

Sources

Jérôme Barthas

Jérôme Barthas

Jérôme est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Tarn-et-Garonne (82), avec Montauban pour chef-lieu. Spécialité du département : AOP chasselas Moissac et patrimoine roman. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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