Montbéliard : un lycéen de 18 ans condamné à 4 mois avec sursis pour jets de projectiles sur des policiers
Le tribunal correctionnel de Montbéliard a statué le 4 juin 2026, treize jours après les échauffourées devant le lycée Germaine Tillion.
Un Doubien de 18 ans, scolarisé au lycée Germaine Tillion à Montbéliard, a été condamné le 4 juin 2026 à quatre mois de prison avec sursis pour des jets de projectiles sur des policiers de la BAC. Les faits remontent au 22 mai, en marge d'une manifestation lycéenne.
L’essentiel
- 22 mai 2026 : une manifestation de 300 à 500 élèves devant le lycée Germaine Tillion dégénère ; deux policiers de la BAC blessés (1 et 7 jours d’ITT).
- Trois interpellations : deux mineurs de 16 ans et un majeur de 18 ans, Doubien au casier vierge, scolarisé dans l’établissement.
- Peine prononcée : 4 mois de prison avec sursis + 2 800 € de dommages et intérêts aux quatre policiers parties civiles + 200 € de frais d’avocat par policier.
- Relaxé pour outrages ; retenu pour violences avec arme sur dépositaires de l’autorité publique et participation à attroupement armé.
Une manifestation qui dérape
Le 22 mai 2026, entre 300 et 500 élèves du lycée Germaine Tillion se rassemblent devant l’établissement, rue Pierre-Donzelot à Montbéliard. Le motif : la vétusté des locaux et des problèmes organisationnels, selon France 3 Bourgogne-Franche-Comté. La manifestation est d’abord pacifique.
Elle tourne court. Un groupe d’une trentaine de jeunes s’en prend aux policiers de la BAC positionnés sur place. Projectiles en tout genre : œufs, cailloux, canettes, morceaux de bitume. Quatre agents sont visés. Deux sont blessés : l’un avec une incapacité temporaire de travail d’un jour, l’autre de sept jours, selon L’Est Républicain.
Trois jeunes sont interpellés dans la foulée : deux mineurs de 16 ans, tous deux scolarisés au lycée, et un Doubien majeur de 18 ans, lui aussi élève de l’établissement, jusqu’alors inconnu de la justice.
L’audience du 4 juin : déni et TDAH
Treize jours après les faits, le majeur comparaît devant le tribunal correctionnel de Montbéliard, présidé par Marie Corne. Le substitut du procureur Frédéric Muyle requiert six mois de prison avec sursis.
Le prévenu nie toute participation active. Concernant une tomate retrouvée en sa possession, il parle d’un « encas ». Quant à un morceau de fer, il l’explique par son TDAH : « je ramasse tout ce que je vois ». Sa formule sur sa présence dans la manifestation : « je l’ai juste croisée ».
Son avocat, Me Éric Roland, plaide l’insuffisance de preuves. Il pointe le chaos de la scène et une identification reposant sur des planches photo, sans vidéo établissant clairement les jets.
Le tribunal ne retient pas les outrages. Il condamne en revanche le lycéen pour violences avec arme sur personnes dépositaires de l’autorité publique - les projectiles valant qualification d’arme - et pour participation à un attroupement armé. Peine : quatre mois de prison avec sursis, en-deçà des réquisitions.
Sur le volet civil, le jeune homme devra verser 2 800 € de dommages et intérêts aux quatre policiers parties civiles, plus 200 € de frais d’avocat par policier, soit 800 € supplémentaires.
Les mineurs jugés séparément
Les deux élèves de 16 ans interpellés le même jour seront, eux, présentés devant le tribunal pour enfants, selon ICI France Bleu et France 3. Ni date ni calendrier d’audience n’ont été communiqués à ce stade.
Contexte dans le Territoire de Belfort et le Pays de Montbéliard
L’affaire se déroule dans le Doubs, mais concerne directement le bassin de vie de Montbéliard, à la frontière du Territoire de Belfort (90). Le lycée Germaine Tillion - polyvalent public issu du regroupement des anciens lycées Jules-Viette et Grand-Chênois - est l’un des établissements secondaires de référence du Pays de Montbéliard. Il porte le nom de l’ethnologue et résistante Germaine Tillion (1907-2008).
Le contexte social au sein du lycée Germaine Tillion était déjà tendu avant le 22 mai, selon des informations antérieures. La mobilisation contre la vétusté des locaux n’est pas nouvelle dans l’établissement. Par ailleurs, des tensions entre forces de l’ordre et jeunes dans des secteurs proches ont déjà donné lieu à des audiences correctionnelles : à Yutz, récemment, un incident impliquant un véhicule de police avait également conduit à des poursuites. Dans le Territoire de Belfort voisin, une contestation lycéenne d’un autre ordre mobilisait une centaine de personnes début juin sur la question des intervenants sportifs et musicaux à l’école.
Les deux mineurs impliqués dans les échauffourées du 22 mai doivent encore être convoqués devant le tribunal pour enfants, dont la décision fixera l’épilogue judiciaire complet de cette journée.
Sources
- L'Est Républicain : Jets de projectiles sur les policiers à Germaine-Tillion : un lycéen de 18 ans condamné
- France 3 Bourgogne-Franche-Comté : Quatre mois de prison avec sursis pour un lycéen après des échauffourées avec la police à Montbéliard
- ICI (France Bleu) : Un lycéen de Germaine Tillion à Montbéliard condamné à de la prison avec sursis pour des violences sur des policiers
- Wikipédia : Lycée Germaine-Tillion