Montbéliard : « Le dialogue social est au point mort » au lycée Germaine Tillion

Après les manifestations de mai, un enseignant syndiqué SUD Éducation dresse un bilan sombre des relations avec la direction de l'établissement

Montbéliard : « Le dialogue social est au point mort » au lycée Germaine Tillion
Illustration Thierry Muller / info.fr

Le 4 juin 2026, Olivier Galassi, professeur de mathématiques au lycée Germaine Tillion et représentant SUD Éducation au conseil d'administration, a déclaré sur ICI Belfort Montbéliard que « le dialogue social est au point mort » avec la direction. Un constat posé deux semaines après des manifestations lycéennes marquées par des tensions et un professeur blessé.

L’essentiel

  • 4 juin 2026 : Olivier Galassi (SUD Éducation) déclare sur ICI que « le dialogue social est au point mort » avec la direction du lycée Germaine Tillion.
  • 22 et 26 mai 2026 : deux manifestations lycéennes, un professeur blessé à la tête, deux mineurs extérieurs interpellés, gaz lacrymogène utilisé.
  • 2 juin 2026 : réunion avec le rectorat et la DASEN Samuel Rouzet ; une cellule de confiance promise mais jugée insuffisante ; réunion du 4 juin annulée.
  • Grève enseignante suspendue, reprise possible à la rentrée de septembre selon SUD Éducation.
  • ~2 200 élèves accueillis dans ce lycée polyvalent, l’un des plus importants de la région Bourgogne-Franche-Comté.

Un enseignant tire la sonnette d’alarme

Olivier Galassi est professeur de mathématiques au lycée Germaine Tillion. Il siège au conseil d’administration de l’établissement et représente le syndicat SUD Éducation. Le 4 juin 2026, il était l’invité de la rédaction d’ICI Belfort Montbéliard. Son diagnostic est sans ambiguïté : « le dialogue social est au point mort » avec la direction conduite par le proviseur Frédéric Carlier.

Selon lui, une réunion s’est bien tenue le 2 juin, réunissant le rectorat, la DASEN Samuel Rouzet, la secrétaire générale et le proviseur. Une cellule de « recréation de lien, de confiance et de coopération » a été promise à cette occasion. Mais les enseignants estiment ces avancées insuffisantes. Preuve supplémentaire du malaise : une réunion prévue le 4 juin même a été annulée, selon ICI.

Mai 2026 : deux semaines de tensions dans l’établissement

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La crise couvait depuis plusieurs semaines. Le 22 mai 2026, des lycéens se mobilisent devant l’établissement. Leurs griefs sont multiples : insalubrité des locaux (présence de rats signalée, toilettes dégradées, manque de savon, infiltrations d’eau), dysfonctionnements administratifs sur Parcoursup et convocations, et un sentiment de ne pas être entendus par la direction.

Le 26 mai, une deuxième mobilisation tourne mal. Des affrontements éclatent en marge du rassemblement. Des pierres sont lancées, les forces de l’ordre font usage de gaz lacrymogène. Un professeur est blessé à la tête. Deux mineurs extérieurs au lycée sont interpellés, selon ToutMontbéliard.

Le même 26 mai, des tables rondes de médiation se tiennent en présence du DASEN du Doubs Samuel Rouzet, réunissant représentants lycéens (CLV), parents, enseignants et direction autour des doléances sur l’hygiène et la communication interne, selon ToutMontbéliard et L’Est Républicain.

Le parquet contre les syndicats : un désaccord public

Les syndicats enseignants - SUD Éducation, SNES-FSU, FO, CGT et SNALC, réunis en intersyndicale - ont dénoncé des violences policières dans un tract diffusé après les incidents. Le procureur de Montbéliard, Paul-Édouard Lallois, a réfuté ces accusations publiquement. Il a évoqué un « noyau de casseurs » et défendu l’action des forces de l’ordre qu’il décrit comme encerclées et agressées. Deux policiers ont également été blessés, selon le parquet. France 3 Franche-Comté rapporte que le procureur a déclaré : « Il n’y a aucune preuve » de violences policières.

La rectrice de l’académie de Besançon, Nathalie Albert-Moretti, a également reçu des représentants enseignants. Ces échanges n’ont pas suffi à désamorcer la tension avec la direction de l’établissement, selon Galassi.

Contexte dans le Territoire de Belfort

Le lycée polyvalent Germaine Tillion est né en 2017 du regroupement des lycées Jules-Viette (ouvert en 1960) et Grand-Chênois (1973). Il porte le nom de l’ethnologue et résistante Germaine Tillion. Avec environ 2 150 à 2 250 élèves, dont une partie en formations post-bac, c’est l’un des établissements les plus importants de la région Bourgogne-Franche-Comté, selon Wikipedia et le site officiel de l’académie.

En 2019, la cantine et l’internat du site Viette avaient fait l’objet d’une rénovation de 16 millions d’euros, financée par l’ANRU et la région Bourgogne-Franche-Comté, selon Letrois.info. Les plaintes actuelles sur l’insalubrité interviennent donc sept ans après ces travaux. Le lycée s’inscrit dans une agglomération sous tension sociale : à quelques kilomètres, la ville de Belfort a connu une tentative de meurtre par arme à feu au quartier des Résidences début juin 2026, illustrant un contexte sécuritaire local déjà chargé.

La situation au lycée Germaine Tillion n’est pas sans rappeler d’autres crises du dialogue scolaire observées ailleurs. Des établissements de grande taille, issus de fusions récentes, font parfois face à des difficultés d’intégration institutionnelle et managériale que les chiffres de rénovation ne suffisent pas à résoudre. Le CDI Samuel Paty inauguré au collège Georges Charpak à Bazancourt illustre, à l’inverse, comment une intervention institutionnelle ciblée peut symboliser une volonté de dialogue éducatif.

La grève suspendue, mais le calme reste fragile

Le mouvement de grève des enseignants est décrit par Olivier Galassi comme « en sommeil ». Il n’est pas levé. Une reprise à la rentrée de septembre 2026 reste explicitement sur la table, selon ICI. La situation est revenue à la normale sur le plan des cours, mais les inquiétudes persistent côté enseignants quant à la gouvernance de l’établissement.

La cellule de confiance promise lors de la réunion du 2 juin doit encore être mise en œuvre. Son format, ses membres et son calendrier n’ont pas été précisés publiquement à ce stade. C’est sur ce point que se jouera, à la rentrée, la suite du bras de fer entre l’intersyndicale et la direction du proviseur Carlier.

Sources

Thierry Muller

Thierry Muller

Thierry est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Territoire de Belfort (90), avec Belfort pour chef-lieu. Spécialité du département : Alstom Belfort et industrie energetique GE. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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