Montpellier : une plainte pour drogue dans une discothèque, l’établissement dément

Une jeune femme accuse un barman de L’Entrepôt à Lattes de l’avoir droguée avec un cocktail rose fluo. L’enquête est en cours.

Montpellier : une plainte pour drogue dans une discothèque, l'établissement dément
Illustration Sarah Bertrand / info.fr

Clémence Cazi a déposé plainte le 21 avril 2026 après une soirée à la discothèque L’Entrepôt à Lattes. Elle affirme avoir été droguée par un barman. L’établissement conteste et a porté plainte pour diffamation. La députée Manon Bouquin demande une fermeture administrative.

Une plainte pour administration de substance nuisible a été déposée le 21 avril 2026 à la gendarmerie de Lattes, près de Montpellier. Clémence Cazi, 23 ans, accuse un barman de la discothèque L’Entrepôt Complexe de l’avoir droguée lors d’une soirée dans la nuit du 19 au 20 avril. Selon son témoignage, rapporté par France 3 Occitanie, elle aurait consommé un cocktail rose fluo à paillettes offert par le serveur, avant de ressentir des vertiges, une perte de motricité et un black-out.

Examens médicaux et contre-plainte

Clémence Cazi et une amie, également victime de symptômes similaires, ont été examinées aux urgences. Les analyses ont confirmé une incapacité temporaire de travail d’une journée, selon France Bleu. La jeune femme évoque une possible présence de GHB, une substance souvent associée à des cas de soumission chimique.

L’établissement a réagi en démentant fermement les accusations. Dans un communiqué, L’Entrepôt affirme disposer de vidéos de surveillance montrant Clémence Cazi quittant les lieux en « bonnes conditions » après avoir consommé plus de six verres d’alcool fort. Le gérant a déposé une contre-plainte pour diffamation, comme l’a confirmé Hérault Tribune.

Témoignages et réaction politique

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Clémence Cazi n’est pas la seule à évoquer des incidents similaires. Une vingtaine de femmes lui auraient envoyé des messages privés décrivant des symptômes comparables après avoir consommé des boissons fluo à paillettes servies par le même barman, selon Info Ccitanie. Un post sur X, partagé plus de 5 000 fois, alerte également sur ces pratiques présumées.

La députée de l’Hérault Manon Bouquin a saisi la préfecture le 23 avril pour demander la fermeture administrative de L’Entrepôt. « Ces accusations, si elles sont avérées, justifient une réponse forte des autorités », a-t-elle déclaré. La préfecture n’a pas encore réagi à cette demande.

Contexte : hausse des violences en Hérault

Ce cas s’inscrit dans un contexte de recrudescence des violences physiques et sexuelles dans le département. En 2025, l’Hérault a enregistré 6 260 faits, soit une hausse de 7 % par rapport à 2024, selon Hérault Tribune. À l’échelle nationale, les plaintes pour agressions sexuelles ont progressé de 8 %, avec une augmentation particulièrement marquée dans l’Hérault (+14 %).

Montpellier a déjà été le théâtre de plusieurs affaires similaires. En octobre 2021, l’Association générale des étudiants montpelliérains (Agem) avait signalé au moins 50 cas d’étudiants drogués lors de soirées, avec cinq plaintes déposées en un mois, comme l’avait rapporté France Bleu.

Et maintenant ?

L’enquête, menée par la gendarmerie de Lattes, se poursuit. Les résultats des analyses toxicologiques, attendus dans les prochaines semaines, pourraient éclairer les circonstances de l’incident. En parallèle, la préfecture devra se prononcer sur la demande de fermeture administrative formulée par la députée Manon Bouquin.

Sources

Sarah Bertrand

Sarah Bertrand

Correspondante à Montpellier, elle suit l'université, les tensions sur le logement étudiant, la viticulture héraultaise et les débats sur la métropole. Issue de l'ESJ Lille, elle a travaillé en presse écrite avant de rejoindre la rédaction web. Méthode : interroger les étudiants, les bailleurs, les viticulteurs, les élus, croiser les budgets avant de publier.

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