Montpellier : le procès pour assassinat à la kalachnikov reporté de 8 mois après la crise cardiaque de l’avocat
L'audience aux assises de l'Hérault, prévue semaine du 15 juin 2026, renvoyée au 22 février 2027 après l'hospitalisation de Me Schwerdorffer.
Le procès pour l'assassinat d'Othmane Tafraouti, abattu par neuf balles de kalachnikov le 3 janvier 2023 avenue du Pont-Trinquat à Montpellier, ne se tiendra pas cette semaine. La cour d'assises de l'Hérault a renvoyé l'audience de huit mois, au 22 février 2027, après la crise cardiaque lourde de l'avocat de la défense.
L’essentiel
- Report de 8 mois : le procès, prévu semaine du 15 juin 2026, est renvoyé au 22 février - 1er mars 2027 par la cour d’assises de l’Hérault.
- Motif : crise cardiaque lourde de Me Randall Schwerdorffer, avocat de la défense, nécessitant une opération chirurgicale.
- 5 accusés : trois détenus, un mandat d’arrêt lancé contre un quatrième, un cinquième en fuite depuis mars 2025.
- Les faits : Othmane Tafraouti (36 ans) tué le 3 janvier 2023 vers 7h, touché par 9 balles, 17 impacts relevés sur son véhicule.
Une audience annulée à quelques jours de son ouverture
La cour d’assises de l’Hérault devait ouvrir le procès cette semaine. Il n’aura pas lieu avant le 22 février 2027. La décision a été prise le 15 juin 2026, motivée par l’état de santé de Me Randall Schwerdorffer, avocat pénaliste originaire de Besançon et défenseur d’un des principaux accusés, Amine Hacheche.
L’avocat a subi une crise cardiaque lourde nécessitant une intervention chirurgicale. Selon Midi Libre, qui rapporte l’information ce 15 juin, la préparation de la défense était devenue impossible à quelques jours de l’audience. La demande de renvoi a été accordée. Les trois accusés détenus restent incarcérés jusqu’à la nouvelle date.
Un assassinat au kalachnikov au cœur de Montpellier en janvier 2023
Les faits remontent au 3 janvier 2023. Othmane Tafraouti, 36 ans, est retrouvé mort dans sa Smart à toit rouge, avenue du Pont-Trinquat. Il est touché par neuf balles. Le véhicule porte dix-sept impacts. L’heure : environ 7h du matin, à proximité de l’Hôtel de police montpelliérain.
La victime était originaire de la cité du Docteur-Ayme à Cavaillon (Vaucluse). Elle était implantée dans le secteur de la nuit montpelliérain : Tafraouti était propriétaire du bar L’Empire, dans le quartier des Prés-d’Arènes, et en cours de rachat du bar Le Patio. Il comptait dix-sept condamnations, principalement pour violences. Selon Midi Libre, la piste d’un règlement de comptes liée à une altercation survenue la nuit du réveillon 2022-2023 dans son propre établissement a rapidement orienté l’enquête.
Une arrestation rapide grâce à une surveillance policière préalable
L’élucidation a été rapide. La police judiciaire de Montpellier surveillait déjà plusieurs des suspects dans le cadre d’un trafic de stupéfiants : géolocalisation et sonorisation des véhicules et d’un appartement. Selon les informations publiées par actu.fr, ces dispositifs ont capté des propos à valeur probante avant le crime.
Les suspects ont été interpellés peu après le meurtre. Les armes - dont le kalachnikov - se trouvaient dans le coffre d’une Clio, selon Midi Libre et France 3 Occitanie. Cette configuration a permis une mise en examen rapide de plusieurs protagonistes.
Cinq accusés, un fugitif, un mandat d’arrêt
Cinq personnes devaient comparaître. Amine Hacheche, présenté comme originaire d’Alès et principal défendu par Me Schwerdorffer, et son frère Walid Hacheche sont détenus. Yanis Igledlane l’est également. Younès Boukour devait comparaître libre : il ne s’est pas présenté, un mandat d’arrêt a été lancé à son encontre. Ahmed El Maamar est en fuite depuis mars 2025, selon Midi Libre.
La détention des trois accusés incarcérés a été maintenue jusqu’à l’ouverture de la nouvelle session, fixée du 22 février au 1er mars 2027.
Me Schwerdorffer, pénaliste de premier plan
Randall Schwerdorffer n’est pas un inconnu des prétoires. Selon La Nouvelle République et L’Express, cet avocat bisontain a plaidé dans plus de 125 affaires d’assises. Il s’est notamment illustré en défendant Jonathann Daval - condamné pour l’assassinat de sa femme Alexia - et l’anesthésiste Frédéric Péchier, mis en cause dans une série d’empoisonnements. Son taux d’acquittements est présenté comme supérieur à la moyenne nationale. Sa défense d’Amine Hacheche dans ce dossier montpelliérain était très attendue.
Contexte dans l’Hérault
Montpellier est régulièrement confrontée à des affaires de règlements de comptes sur fond de narcotrafic. La ville, huitième agglomération française, voit son tribunal judiciaire traiter un nombre significatif d’affaires criminelles liées au trafic de stupéfiants. Ce dossier, instruit depuis plus de trois ans, illustre la durée moyenne des procédures criminelles complexes impliquant plusieurs co-accusés et des faits de bande organisée.
L’Hérault compte par ailleurs plusieurs dossiers d’homicides par armes de guerre ces dernières années. Le report de huit mois représente une contrainte lourde pour les parties civiles, mais aussi pour les trois accusés détenus, dont la détention provisoire se prolonge mécaniquement. La cour d’assises a peu de marge lorsqu’un avocat de la défense est dans l’impossibilité médicalement documentée d’assurer sa mission : le droit à un procès équitable prime.
À noter également : un autre procès lié au narcotrafic montpelliérain avait mis en lumière, selon actu.fr, le démantèlement d’une organisation internationale de trafiquants par la PJ locale, soulignant l’ampleur des réseaux actifs dans l’agglomération.
Prochaine étape : février 2027
L’audience est désormais inscrite du 22 février au 1er mars 2027 devant la cour d’assises de l’Hérault. D’ici là, le sort d’Ahmed El Maamar - toujours en fuite - et de Younès Boukour - sous mandat d’arrêt - reste incertain. Pour les affaires criminelles jugées aux assises, tout report implique une réorganisation complète du calendrier de la juridiction, des parties civiles et de l’ensemble des défenseurs. La justice héraultaise se prononcera dans huit mois.
Sources
- Midi Libre : Assassinat à la kalachnikov à Montpellier : l'avocat a fait une crise cardiaque, le procès est repoussé de huit mois
- Midi Libre : « Nous, par fierté, on s'est pas laissés faire » : quatre Montpelliérains jugés en juin pour un assassinat à la kalachnikov
- actu.fr : Montpellier : comment les policiers ont démantelé une organisation internationale de narcotrafiquants
- France 3 Occitanie : Fusillade à Montpellier : les membres du commando devraient être présentés au parquet vendredi

