Montreuil : des familles occupent un gymnase, faute de logements d’urgence
En Seine-Saint-Denis, la saturation des hébergements d'urgence pousse des familles à l'action directe à Montreuil.
Le 12 avril 2026, des familles sans solution de logement ont investi un gymnase de Montreuil pour dénoncer l'absence de prise en charge. Un geste qui illustre la pression persistante sur les dispositifs d'urgence en Seine-Saint-Denis.
Des familles sans hébergement ont occupé un gymnase à Montreuil le 12 avril 2026 pour alerter sur leur situation. Elles réclament des solutions pérennes, alors que le 115 local reste saturé et que les dispositifs existants ne suffisent pas à couvrir les besoins.
Un 115 débordé depuis des mois
En janvier 2026, lors de la vague de froid, le centre d’appels 115 de Montreuil avait déjà été submergé par les demandes. Malgré 282 places supplémentaires ouvertes en urgence, des centaines de personnes étaient restées à la rue, selon La Croix. La situation ne s’est pas normalisée depuis.
Depuis 14 ans, la ville ouvre chaque hiver un gymnase municipal pour héberger des femmes sans-abri. En 2024-2025, 31 femmes y avaient été accueillies sur 45 nuits, avant la fermeture du dispositif début février 2026, selon les informations publiées par la mairie sur Facebook. Un filet de sécurité saisonnier, mais insuffisant à l’échelle des besoins.
Le département en première ligne
La Seine-Saint-Denis concentre 65 % de l’hébergement d’urgence en Île-de-France, selon France Inter. Le département a tenté de répondre : un centre d’hébergement déplaçable pour 30 familles a été ouvert en mars 2026 en Seine-Saint-Denis, selon La Gazette des Communes. En avril, un centre de 90 places pour mères isolées et enfants est en cours d’installation à Stains, selon le Conseil départemental, pour éviter 32 000 nuitées d’hôtel par an.
À l’échelle nationale, le budget dédié à l’hébergement d’urgence a progressé de 60 % depuis 2017, pour atteindre plus de 2 milliards d’euros et 203 000 places, selon les données de l’Assemblée nationale. En Seine-Saint-Denis, les capacités ont augmenté de 30 % en deux ans, à plus de 18 500 places pour 170 millions d’euros engagés. Ces chiffres n’empêchent pas la saturation de terrain.
Un précédent récent
En octobre 2024, des dizaines de personnes avaient été expulsées d’un squat à Montreuil. Les places d’hébergement d’urgence proposées à l’époque n’avaient couvert que quelques nuits, selon le procès-verbal du conseil municipal de décembre 2024. L’occupation du 12 avril 2026 s’inscrit dans cette continuité.
En 2025, six femmes victimes de violences et leurs 16 enfants ont été relogés dans des logements sociaux à Montreuil, portant à 24 le total depuis 2022, selon le rapport égalité femmes-hommes de la mairie. Un résultat qui reste modeste au regard des besoins exprimés.
La mairie de Montreuil n’avait pas encore communiqué de position officielle sur l’occupation du 12 avril au moment de la publication de cet article.
Sources
- La Croix : Il reste des centaines de gens dehors : face au froid, le 115 de Montreuil submergé par les appels
- La Gazette des Communes : En Seine-Saint-Denis, un nouveau centre d'hébergement d'urgence déplaçable pour 30 familles
- Conseil départemental de Seine-Saint-Denis : À Stains, un centre d'hébergement d'urgence pour des familles isolées
- Assemblée nationale : Question écrite sur l'hébergement d'urgence en Seine-Saint-Denis