Morbihan : 20 interdictions de paraître et 11 injonctions d’expulsion un an après la loi narcotrafic
Le préfet Michaël Galy publie un premier bilan chiffré de l'application de la loi du 13 juin 2025 dans le département.
Un an après la promulgation de la loi « visant à sortir la France du piège du narcotrafic », la préfecture du Morbihan a prononcé 20 interdictions administratives de paraître et 11 injonctions de résiliation de bail social. Des chiffres publiés ce 13 juin 2026 par le préfet Michaël Galy.
L’essentiel
- 20 interdictions de paraître : prononcées par le préfet du Morbihan depuis la loi du 13 juin 2025, selon le bilan officiel publié le 13 juin 2026.
- 11 injonctions de résiliation de bail : adressées à des bailleurs sociaux à l’encontre d’occupants impliqués dans des troubles liés au trafic de stupéfiants.
- Bilan intermédiaire en mai 2026 : 17 interdictions et 10 injonctions recensées au 10 mai, selon Les Infos du Pays Gallo.
- 317 personnes mises en cause pour trafic de stupéfiants dans le Morbihan en 2025, soit +4 %, sur fond de délinquance générale stable (-0,5 %, 34 263 faits).
Un an après la loi, les chiffres du Morbihan
Le 13 juin 2026, jour anniversaire de la loi n° 2025-532 « visant à sortir la France du piège du narcotrafic », le préfet du Morbihan Michaël Galy a publié un bilan d’application sur son compte officiel X (ex-Twitter) et sur Facebook. Résultat : 20 interdictions administratives de paraître prononcées sur des points de deal, et 11 injonctions de résiliation de bail adressées à des bailleurs sociaux concernant des occupants perturbant l’ordre public par leurs activités de trafic.
Ces deux outils ont été créés par la loi de juin 2025. L’interdiction administrative de paraître - d’une durée maximale d’un mois - permet au préfet d’éloigner un individu d’un point de deal sans passer par le juge pénal. L’injonction aux bailleurs les contraint à saisir la justice pour obtenir la résiliation du bail d’un locataire impliqué dans des trafics troublant la tranquillité des résidents, selon les dispositions publiées sur Légifrance et détaillées par le site Vie-publique.fr.
Une montée en charge progressive depuis l’automne 2025
La progression est constante depuis l’entrée en vigueur de la loi. Au 10 mai 2026, le préfet avait déjà communiqué sur 17 interdictions de paraître et 10 injonctions, selon Les Infos du Pays Gallo. Trois interdictions et une injonction supplémentaires ont été prononcées dans les semaines suivantes, portant les totaux au 13 juin à 20 et 11 respectivement.
Cet effort s’inscrit dans une stratégie plus large décrite par Ouest-France : mettre les acteurs du trafic « en insécurité permanente », par la combinaison de contrôles renforcés, d’opérations ciblées et de ces nouveaux outils administratifs. Des renforts de gendarmes et de réservistes ont également été mobilisés dans le département à l’occasion d’opérations récentes.
Le contexte sécuritaire local en 2025
Le bilan de la sécurité dans le Morbihan en 2025, publié par la préfecture et établi à partir des données du SSMSI, dresse un tableau nuancé. La délinquance générale reste stable : 34 263 faits constatés, soit -0,5 % par rapport à 2024. Mais le trafic de stupéfiants tire les statistiques vers le haut : 317 personnes mises en cause pour trafic, en hausse de 4 %. La pratique dite de l’« ubershit » - livraison à domicile de stupéfiants - est explicitement mentionnée dans le bilan préfectoral comme une réalité persistante sur le territoire.
Contexte dans le Morbihan
Le Morbihan compte environ 760 000 habitants. Département à dominante rurale et littorale, il n’est pas épargné par les circuits du narcotrafic, notamment dans les agglomérations de Vannes, Lorient et Pontivy. Le préfet Michaël Galy, nommé par décret du 7 mai 2025 et entré en fonctions fin mai 2025, est issu du corps des directeurs d’hôpitaux - un profil atypique pour une préfecture de plein exercice, relevé par Ouest-France lors de sa prise de poste. D’autres préfets activent les mêmes outils à travers la France, dans un mouvement coordonné au niveau national.
Le Morbihan dans la moyenne nationale
Le 13 juin 2026, plusieurs préfectures ont publié leurs propres bilans simultanément. Le Rhône affiche 218 interdictions de paraître et 29 expulsions locatives, selon Le Progrès. Le Gard comptabilise 47 interdictions et 13 expulsions. Les chiffres morbihannais sont nettement inférieurs, ce qui reflète des densités de population et des niveaux de trafic très différents entre un département breton de taille moyenne et un département qui inclut Lyon ou Nîmes.
À l’échelle nationale, RMC et CNews mentionnaient en mai 2026 un total de 29 expulsions locatives effectives et 338 injonctions adressées aux bailleurs depuis l’entrée en vigueur de la loi - ce qui situe le Morbihan, avec 11 injonctions, parmi les départements actifs sur ce volet. Les mobilisations locales autour des violences liées au trafic restent vives dans plusieurs villes, illustrant la pression sociale qui a conduit à l’adoption de cette loi.
Prochaine étape
La préfecture du Morbihan n’a pas précisé de date pour un prochain bilan d’étape. L’application de la loi - notamment l’issue judiciaire des 11 injonctions de résiliation de bail - dépend désormais des tribunaux saisis par les bailleurs concernés, dans des délais qui n’ont pas été communiqués à ce stade.
Sources
- Préfet du Morbihan (compte officiel X) : Bilan un an de la loi narcotrafic dans le Morbihan
- Vie-publique.fr : Loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- Les Infos du Pays Gallo : Morbihan : le préfet dresse un bilan positif de la lutte contre la délinquance et le narcotrafic
- Le Progrès : 218 interdictions de paraître, 29 expulsions locatives : premier bilan dans le Rhône
