Strasbourg : le préfet active les outils anti-narcotrafic un an après la loi
Interdictions de paraître, fermetures de commerces, expulsions locatives le préfet du Bas-Rhin passe à l'action le 13 juin 2026.
Un an après la promulgation de la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025, le préfet du Bas-Rhin Amaury de Saint-Quentin a prononcé plusieurs interdictions administratives de paraître, fermetures de commerces et injonctions d'expulsions locatives. L'annonce, faite le 13 juin 2026, s'inscrit dans une vague nationale coordonnée.
L’essentiel
- Date clé : Le 13 juin 2026, soit un an jour pour jour après la promulgation de la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025, le préfet du Bas-Rhin annonce plusieurs mesures anti-narcotrafic.
- Mesures prononcées : Plusieurs interdictions administratives de paraître (IAP, durée max 1 mois), fermetures temporaires de commerces et injonctions d’expulsions locatives dans le département.
- Contexte local : 47 222 crimes et délits recensés dans le Bas-Rhin en 2025, dont 2 841 infractions liées aux stupéfiants, sur une population d’environ 1,16 million d’habitants.
- Hausse de la délinquance : +8,8 % en 2025 dans le département, avec des infractions stupéfiants en forte progression (+14 % pour l’usage seul).
- Bilan national : 1 682 IAP et 96 fermetures de commerces prononcées en France depuis l’entrée en vigueur de la loi.
Ce que le préfet a annoncé le 13 juin
Sur son compte officiel X, le préfet de région Grand Est et du Bas-Rhin a publié le 13 juin 2026 un communiqué précisant que « plusieurs interdictions de paraître, de fermeture de commerce et d’expulsions locatives » ont été prononcées dans le département. La communication ne détaille pas le nombre exact de mesures ni les adresses concernées.
Le préfet en poste est Amaury de Saint-Quentin, nommé fin 2025 en remplacement de Jacques Witkowski, muté à Marseille dans le cadre de la lutte anti-narcotrafic, selon un contexte local de pression sécuritaire renforcée à Strasbourg.
Ce que permet la loi du 13 juin 2025
La loi n° 2025-532, publiée au Journal officiel le 14 juin 2025, dote les préfets de trois outils nouveaux.
Premier outil : l’interdiction administrative de paraître (IAP). Elle peut viser toute personne dont la présence dans un lieu lié au trafic - voie publique, parties communes d’immeuble - est jugée de nature à troubler l’ordre public. La durée maximale est d’un mois. La notification est assurée par les forces de l’ordre.
Deuxième outil : la fermeture administrative temporaire de commerces ou d’établissements en lien avec un trafic. La durée peut aller jusqu’à six mois, renouvelables.
Troisième outil : l’injonction préfectorale au bailleur. Le préfet peut enjoindre un bailleur - public ou privé - à résilier le bail d’un locataire dont l’activité perturbe l’ordre public via un trafic de stupéfiants. Ce mécanisme facilite les expulsions locatives sans passer par la voie judiciaire classique dans un premier temps, selon Légifrance et Vie publique.
Contexte dans le Bas-Rhin
Le département comptait 1 156 963 habitants en 2022 selon l’INSEE, dont 291 709 à Strasbourg. En 2025, 47 222 crimes et délits y ont été recensés, soit une hausse de 8,8 % par rapport à 2024 - près de 5 000 faits supplémentaires - selon les données compilées par L’Internaute et corroborées par ICI / France Bleu Grand Est.
Les infractions liées aux stupéfiants représentent 2 841 faits (2,44 ‰ de la population). Les chiffres ventilés montrent une progression du trafic (+3 %), de la revente (+7,6 %) et de l’usage (+14 %). Ces données alimentent directement la justification préfectorale des mesures annoncées.
Début juin 2026, neuf bars de nuit sur onze avaient déjà été épinglés lors de contrôles post-Crans-Montana menés par la préfecture à Strasbourg, signe d’une activité de contrôle accrue dans la ville.
Une communication nationale coordonnée
L’annonce du Bas-Rhin s’inscrit dans une vague de bilans publiés simultanément par plusieurs préfectures le 13 juin 2026, premier anniversaire de la loi. Les chiffres disponibles dans d’autres départements donnent une mesure de l’ampleur : le Rhône affiche 218 IAP, 9 fermetures et 29 expulsions ; le Morbihan, 20 IAP et 11 injonctions de résiliation de bail ; la Savoie, 7 IAP et 1 fermeture, selon les publications officielles de ces préfectures sur les réseaux sociaux.
Au niveau national, la Banque des Territoires et le ministère de la Justice recensent 1 682 IAP prononcées et 96 fermetures de commerces depuis l’entrée en vigueur de la loi. Le Bas-Rhin ne publie pas, à ce stade, de ventilation chiffrée propre à son bilan.
La fermeture administrative de commerces à des fins d’ordre public est un outil que plusieurs collectivités et préfectures activent de façon croissante depuis 2025.
Ce qui reste à préciser
Le nombre exact de mesures prononcées dans le Bas-Rhin, les communes concernées et les délais d’application n’ont pas été communiqués dans le détail par la préfecture à la date de publication. La préfecture n’a pas non plus annoncé de date pour un prochain bilan ou une conférence de presse.
Les personnes visées par une IAP peuvent la contester devant le tribunal administratif. Aucune procédure de ce type en Bas-Rhin n’est mentionnée dans les sources officielles consultées à ce jour.
Sources
- Préfet67 (compte officiel) : Annonce officielle du préfet du Bas-Rhin sur X
- Légifrance : LOI n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- Vie publique : Loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- ICI / France Bleu Grand Est : Délinquance en hausse dans le Bas-Rhin
